France: un collectif féministe veut en finir avec les injures

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«On ne peut pas se passer des insultes, mais dans la plupart des sociétés, elles sont porteuses de stéréotypes», a déclaré Ophélie Latil, du collectif Georgette Sand.

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Agence France-Presse
PARIS

Sus aux «pute», «pédé» et autres injures sexistes, bienvenue aux «raclure de bidet» ou «loleur compulsif»: un collectif féministe français a lancé un concours pour remplacer les insultes liées au genre par d'autres tout aussi malsonnantes, mais moins connotées.

«On ne peut pas se passer des insultes, mais dans la plupart des sociétés, elles sont porteuses de stéréotypes», a déclaré mercredi à l'AFP Ophélie Latil, du collectif Georgette Sand. «La déconstruction des préjugés ''genrés'' passe aussi par un véritable travail sur le langage», estime-t-elle.

Les injures les plus courantes comme «pédé» ou «pute» sont «toutes liées à la sexualité des personnes», relève-t-elle.

À ses yeux, même le mot «con» et ses dérivés, largement utilisés au quotidien, devraient cesser d'être employés, «car étymologiquement, ils renvoient de façon négative au sexe féminin».

Alors, comment les bannir du vocabulaire, comment insulter sans discriminer? Le concours lancé sur internet par le collectif et publié mercredi dans le journal Libération a établi son palmarès: Le premier prix est allé à «loleur compulsif» mais on y trouve aussi «équation sans inconnue» ou encore «tête de litote» ou «tête de Pokemon». Plus Trash, «raclure de bidet» ou «péteur d'emmerdomètre».

Pour Dominique Lagorgette, linguiste spécialisée dans le discours transgressif, «l'idée est très bonne, car elle cherche à rendre sexy des insultes politiquement correctes», sans stigmatiser aucune minorité. «Je ne crois pas que cela suffise à faire évoluer les mentalités, nuance-t-elle, mais si on ne fait rien, on est sûr que rien ne changera». Aux yeux de la chercheuse, interrogée par l'AFP, cette initiative a «le mérite de faire réfléchir à des mots que l'on prononce souvent par réflexe».

Le collectif, né au printemps dernier, avait récemment dénoncé une «taxe rose». Munies de calculettes, les jeunes femmes montraient que de nombreux produits destinés aux femmes étaient plus chers que ceux destinés aux hommes, comme les rasoirs ou le nettoyage chez le teinturier, entraînant la demande d'une évaluation sur le sujet par le ministère de l'Économie.

Le collectif Georgette Sand a pris son nom en le féminisant à l'écrivain du 19e siècle George Sand, de son vrai nom Aurore Dupin, qui avait adopté un pseudonyme masculin.

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