À l'école du skate

Buhle, Zonke, Ayanda, Tshisolo et tous les autres... (Photo d'archives)

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Buhle, Zonke, Ayanda, Tshisolo et tous les autres rouliplanchistes du projet Nebula n'ont qu'une idée en tête : améliorer leur agilité sur les quatre roues de leur planche, pour peut-être un jour réussir un « ollie flip ».

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(GUGULETHU, AFRIQUE DU SUD) « J'aime faire du skate, parce que ça rend mon sang chaud ! », s'enthousiasme Olwethu, espiègle citoyen du township de Gugulethu, et fier converti au skateboard. À ses côtés, une douzaine de gamins de 8 à 14 ans s'élancent sur un terrain d'asphalte transpercé par quelques brins d'herbe, dans la cour de leur école primaire Luzoko.

En ce jeudi après-midi, les yeux du monde entier sont rivés vers Pretoria, alors qu'Oscar Pistorius reçoit le verdict de la juge Masipa.

Mais à Gugulethu - qui signifie « notre fierté », en langue xhosa -, à 15 km de la ville du Cap, la vie coule normalement son chaos organisé. Sur les trottoirs en périphérie du boulevard Steve-Biko, des petites filles jouent aux élastiques, égayant de leur seule présence ce township défavorisé composé de maisonnettes rapiécées, d'une montagne de problèmes sociaux, d'écoles dépourvues de manuels scolaires, de rues toutes trouées, d'infrastructures indigentes.

Buhle, Zonke, Ayanda, Tshisolo et tous les autres rouliplanchistes du projet Nebula, eux, n'ont qu'une idée en tête : améliorer leur agilité sur les quatre roues de leur planche, pour peut-être un jour réussir un « ollie flip ». Avant de monter sur leurs « skates » d'occasion, ils s'étirent, font un peu de course à pied et suivent les instructions de leurs entraîneurs. Une fois lancés, ils éclatent de rire en ratant une figure, entrent en collision les uns avec les autres, prennent la pose pour la photographe, traversent à toute vitesse l'enclos où la liberté est totale...

Apprendre à se relever

« Nous avons créé le projet pour aider les écoliers à réaliser leurs rêves », dit Rayne Moses, fondateur du projet, lui-même un adepte de la planche, qui a implanté ses ateliers de skateboard dans quelques écoles des townships du Cap. Même s'il espère inscrire ses jeunes élèves à des compétitions régionales, Rayne soutient que pour Nebula, le skateboard n'est pas une « fin en soi ».

Vers 16 h, à notre arrivée à l'école Luzoko, Rayne était attablé à un pupitre, dans une classe au mobilier défraîchi, achevant d'aider les rouliplanchistes à compléter leurs devoirs scolaires. Rayne accomplit cette tâche tous les mardis et jeudis, avant de superviser les 60 minutes de skateboard. Tous les samedis, Rayne Moses donne aussi des ateliers, pour accroître le leadership, la discipline et les habiletés de communication chez les jeunes.

Il a d'ambitieux projets pour Nebula : il rêve d'une grande rampe de skateboard, d'un café-jeunesse et d'un lieu où tenir ses ateliers. Mais dans l'immédiat, l'ONG du Cap oeuvre avec des moyens limités, comme le témoignent les modestes bancs en métal qui tiennent lieu de rampes pour s'exercer à défier la gravité.

« N'écris pas dans ton journal que les jeunes font du skate sans casque ni équipements protecteurs », s'inquiète Rayne Moses, avant de se raviser. « Mais tu sais, c'est un peu ça aussi qu'on veut leur enseigner : sur un skateboard, comme dans la vraie vie, il arrive de tomber, de se faire mal, et de se relever. »

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