Londres, capitale mondiale du divorce

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Depuis une jurisprudence en 2000, la loi britannique a pour principe de diviser la fortune en deux parts égales entre les époux.

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Katherine HADDON
Agence France-Presse
LONDRES

Si Las Vegas est l'eldorado du mariage, Londres est la capitale mondiale du divorce à cause d'une législation britannique particulièrement généreuse pour la partie la moins riche. Une ancienne reine de beauté malaisienne est la dernière à vouloir en profiter.

«Je possède 1000 paires de chaussures ici». C'est avec cet argument notamment que Pauline Chai, 67 ans, a demandé à ce que son divorce soit prononcé en Grande-Bretagne et non en Malaisie, comme le souhaite son futur ex-mari, Khoo Kay Peng, à la tête d'une fortune estimée à 500 millions d'euros au moins.

La querelle entre les deux époux, unis depuis quarante ans, a fait les délices de la presse populaire britannique qui a publié des photos de l'ancienne Miss Malaisie donnant à manger à ses alpagas dans son splendide manoir au nord de Londres, entouré d'une ménagerie et d'un parc arboré.

Le mari a beau clamer qu'elle possédait «au moins autant de paires de chaussures en Malaisie», la Haute Cour de Londres a donné raison vendredi à Pauline Chai, qui, grâce à cette décision, peut espérer toucher un pactole à l'issue du procès à venir.

Comme elle, des milliers de Chinois, Russes ou Européens pouvant se prévaloir d'un titre de résidence en Angleterre veulent divorcer à Londres. À l'initiative essentiellement de la personne la moins fortunée dans le couple, alléchée par la promesse d'une répartition des biens particulièrement attractive.

Course de vitesse

«L'Angleterre est devenue très séduisante pour les femmes car elles peuvent y obtenir beaucoup plus que presque partout ailleurs dans le monde. Jusqu'à 75 % de notre clientèle est étrangère et ce sont souvent des gens aisés», explique à l'AFP Sandra Davis, responsable du droit de la famille au cabinet Mishcon de Reya, qui a conseillé des célébrités comme la princesse Diana, le footballeur Thierry Henry ou Jerry Hall, l'ex-épouse de Mick Jagger.

Depuis une jurisprudence en 2000, la loi britannique a pour principe de diviser la fortune en deux parts égales entre les époux. C'est sur ces bases que l'oligarque Boris Berezovsky, décédé depuis, a payé environ 275 millions d'euros à son ex-femme Galina Besharova en 2011. Un record que Pauline Chai peut désormais prétendre «battre».

La répartition à parts égales n'est pas l'unique avantage que peut procurer un divorce à l'anglaise au conjoint le moins fortuné.

La loi britannique n'a ainsi pas forcément à tenir compte des contrats prénuptiaux signés à l'étranger. Mais cela ne fonctionne pas toujours. En 2010, une riche héritière allemande, Katrin Radmacher, a ainsi réussi à faire respecter une clause du contrat de mariage signé avec son mari français Nicolas Granatino prévoyant une indemnité limitée en cas de divorce.

En général, les juges anglais prennent en compte un éventail plus large des avoirs des époux pour calculer leur fortune, à l'avantage du moins riche.

Ces particularités attirent chaque année des milliers d'étrangers devant les tribunaux britanniques. Au risque de les engorger, comme l'a déploré le juge James Holman au printemps. D'autant que l'argent n'est pas l'unique motivation. Certains cherchent également à contourner la lenteur de la justice de leur pays. Ce fut notamment le cas de ces 179 Italiens dont la procédure a finalement été annulée le mois dernier faute de preuve de résidence.

Reste à gagner la course contre la montre consistant à demander le divorce en Angleterre avant que le conjoint ne le fasse dans un autre pays, moins généreux. «Le conjoint le moins riche a intérêt à frapper comme l'éclair», conseille Richard Collins du cabinet d'avocats Charles Russell.

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