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Une agence de mannequins grande taille fondée par une ex-anorexique

Maria Eugenia Donoso est photographiée en compagnie des... (Photo JUAN CEVALLOS, AFP)

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Maria Eugenia Donoso est photographiée en compagnie des mannequins Maira Villena, Pamela Haro et Emilia Coly.

Photo JUAN CEVALLOS, AFP

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Paola LÓPEZ
Agence France-Presse
QUITO

Maria Eugenia Donoso a failli mourir d'anorexie. Quand cette maladie a emporté l'une de ses amies, elle a arrêté de lutter contre son corps et fondé la première agence de mannequins de taille forte en Équateur.

«Il y a des batailles qu'on remporte en se rendant», professe ce modèle de 29 ans à la longue chevelure brune, qui a elle-même foulé les passerelles dès sa majorité. C'est d'ailleurs à cette époque que son enfer a commencé.

«Ils m'ont dit que je devais maigrir. J'ai redoublé d'exercices. J'ai arrêté de manger, ce qui a provoqué un rejet de la nourriture», raconte-t-elle.

L'anorexie a dévasté le corps de cette jeune femme d'1m70, qui a atteint un poids de 44 kilos, perdu des dents et souffert d'insomnie. À ce calvaire se sont ajoutés des problèmes au foie et à la thyroïde qui, ironie de la situation, ont provoqué son surpoids.

Après une longue et houleuse récupération, Maria Eugenia, qui a détruit ses photos de jeunesse où elle arborait une silhouette svelte, a exorcisé ses démons en lançant en 2012 l'agence «Plus Trends», qui regroupe désormais une vingtaine de femmes aux formes très généreuses.

Dans une maison de deux étages dans le nord de Quito, ces mannequins apprennent toutes les techniques de la profession. Désormais, aucune d'entre elles n'évite les photos ou les miroirs.

«Ce que nous voulons, c'est montrer un type de beauté qui colle plus à la réalité. Le but est aussi de recevoir des femmes afin de renforcer leur auto-estime, quel que soit leur poids», explique la directrice de l'agence.

Lorsqu'elle se rappelle son parcours, les larmes surgissent. Il y a sept ans, la même phobie des aliments a été fatale à l'une de ses proches: «Je me suis rendu compte que, oui, on peut mourir d'anorexie».

«Tu dois t'accepter»

À ses nouvelles protégées, elle raconte son expérience, les mettant en garde contre l'avenir. «Cela ne change pas le monde. Cela ne va pas changer le gars qui te traite de grosse en riant, mais cela va changer la manière dont tu le perçois. Pour en arriver là, tu dois t'accepter», leur explique-t-elle.

Le succès a été au rendez-vous pour Maria Eugenia, qui a prêté son image à des marques de parfums et dont l'agence compte également comme clients des chaînes de supermarchés et des boutiques de vêtements.

Ses modèles pourraient servir d'exemple en Équateur, pays latino-américain où 38% de la population, soit quelque cinq millions d'habitants, présentent un surpoids, selon des chiffres officiels.

Contacté par l'AFP, le ministère de la Santé précise qu'il n'existe pas de statistiques sur les comportements alimentaires maladifs, car «les gens n'arrivent pas dans les hôpitaux pour des cas d'anorexie ou de boulimie, mais pour des problèmes liés à ces maux».

Selon la psychologue Maria Cristina Castillo, l'anorexie comme la boulimie se manifestent tôt et peut être liée à une séparation, la perte d'un être cher ou encore le fait d'être victime de harcèlement.

«Les facteurs déclenchants peuvent résulter de stimuli sociaux comme la publicité», indique-t-elle à l'AFP, en référence à des sites internet qui incitent les jeunes femmes à perdre du poids.

Étudiante de psychologie de 22 ans, Daniela Ponce peut en témoigner. Cela fait sept ans qu'elle suit un traitement contre l'anorexie. Pour commencer, elle a arrêté de consulter ces sites vantant les régimes drastiques.

«Il y avait des blogues où l'on faisait une compétition. Un jour, les participantes signalaient leur poids de départ», avant de se mettre à la diète avec, parfois, «un grain de raisin» pour seul repas quotidien, dit-elle.

Daniela avait même créé une page sur Facebook pour montrer des photos la montrant la peau sur les os. Une page finalement fermée par le réseau social.




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