Souper en famille: une protection contre le suicide

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Contrairement à la croyance populaire, le fait de bien dormir, d'avoir une bonne estime de soi ou de faire du sport ne protège pas ces jeunes en difficultés de commettre l'irréparable, selon l'étude.

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Les soupers en famille et la lecture protègent les adolescents du suicide bien plus que l'activité physique ou l'estime de soi, révèle une toute nouvelle étude dont La Presse a obtenu copie.

Une découverte qui ouvre la porte « à des interventions simples, très faciles et peu coûteuses pour aider les jeunes à risque », dit la professeure Jessica Rassy de l'École des sciences infirmières de l'Université de Sherbrooke, dont les travaux seront officiellement présentés dans le cadre du congrès de l'Ordre des infirmières du Québec à la fin octobre.

La chercheuse s'est penchée sur le cas de 101 jeunes de 12 à 17 ans atteints d'un trouble de l'humeur et présentant un risque suicidaire. Ses découvertes sont surprenantes.

Contrairement à la croyance populaire, le fait de bien dormir, d'avoir une bonne estime de soi ou de faire du sport ne protège pas ces jeunes en difficultés de commettre l'irréparable.

Mais le fait de manger avec leur famille au moins deux fois par semaine, d'avoir plusieurs sources de lecture différentes, de ne pas fumer ou de ne pas avoir d'amis qui fument et de ne pas consommer drogues et alcool a un impact réel sur leurs tendances suicidaires.

« Même moi, ça m'a étonné, confie la chercheuse. Je n'avais pas réalisé à quel point un simple souper de famille pouvait avoir un impact. »

Selon elle, ces moments privilégiés renforcent le lien affectif entre l'enfant et ses parents et favorisent le support familial et la communication. Plus les repas collectifs sont fréquents, meilleure est la protection.

Même équation pour la lecture. Plus un adolescent lit différents types de publications, un livre, un journal et un site internet, par exemple, plus il est protégé contre le suicide.

« On ne sait pas exactement pourquoi, mais une des hypothèses est que des intérêts variés permettent plus facilement d'occuper son temps », dit Mme Rassy.

Mais attention : la lecture à elle seule n'est pas suffisante. Pas plus que le fait de ne pas fumer ou de ne pas consommer de drogue.

« C'est une combinaison de plusieurs facteurs qui peut aider les jeunes souffrant de troubles de l'humeur », dit l'infirmière.

« Le but est de trouver ce qu'ils font déjà dans leur quotidien et de le renforcer. De souligner les forces plutôt que de chercher ce qui ne fonctionne pas dans leur vie. Par exemple, en les encourageant à manger avec leurs parents. C'est quelque chose qui peut se faire facilement et qui a un vrai impact. »

Portrait-robot de l'adolescent suicidaire

- 41 % des ados atteints d'un trouble de l'humeur et présentant un risque suicidaire ont une forte confiance en eux à l'école contre 79 % des adolescents québécois en général. Plus de huit sur dix consacrent 5 heures ou moins par semaine à leurs devoirs.

- 16 % ont un emploi étudiant rémunéré contre 29 % des ados en général.

- Seuls 15 % se disent satisfaits de leur sommeil et un maigre 4 % sont reposés à leur réveil. Chez les ados dits « normaux », seule une mince minorité souffre de troubles du sommeil.

- 31 % font peu d'activité physique contre 13 % des jeunes Québécois.

- La majorité a fumé dans les 30 derniers jours, contre une minorité de jeunes Québécois.

- Plus de 72 % ont consommé de l'alcool dans la dernière année et la moitié a pris de la drogue. Cela se compare au comportement des adolescents en général.

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