Génération C: arrêtons d'avoir peur!

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Au cours du colloque Génération C, qui s'est... (Photo: Le Soleil)

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Au cours du colloque Génération C, qui s'est tenu à Québec cette semaine, la plupart des conférenciers ont tenu à déboulonner quelques-uns des mythes les plus tenaces sur les jeunes et leur utilisation des technologies d'information.

Photo: Le Soleil

Ève Dumas
La Presse

(Québec) Le sous-titre du colloque Generation C, tenu à Québec cette semaine, posait une question: Êtes-vous prêts? Cela sous-entendait que la société devait se préparer à faire des changements pour accueillir cette génération de la communication, de la collaboration et de la création. Mais qu'en est-il? Les 12-24 ans sont-ils si différents des générations antérieures?

Le colloque s'intéressait à quatre volets de la vie de ces jeunes élèves, étudiants et travailleurs: l'école, le travail, la consommation et l'engagement social.

 

La plupart des conférenciers ont tenu à déboulonner quelques-uns des mythes les plus tenaces sur les jeunes et leur utilisation des technologies d'information (TI): les jeunes consommateurs sont des bibittes à part; les élèves sont différents aujourd'hui à cause des TI et il faut changer notre manière de les éduquer; l'utilisation de l'internet et de médias sociaux au travail mène à une baisse de productivité; les jeunes ne s'engagent plus.

«Il ne faut pas se laisser intimider par les technologies et les jeunes, affirmait Justin Kingsley, président de agence BW et vice-président, stratégie et idées, à l'agence de pub Bleublancrouge. Sa présentation s'intitulait d'ailleurs Démystification.

«La nature humaine ne change pas. C'est toujours le même processus émotif, a-t-il poursuivi. La meilleure façon de promouvoir un produit, c'est avec une bonne idée, que celle-ci soit déclinée sur l'internet, à la télé, dans les journaux ou dans les médias. On a tendance à penser qu'il faut absolument une stratégie Facebook et Twitter dans une campagne. Ces outils peuvent être utiles, mais ne sont pas indispensables. Il faut revenir à la base, parler à un être humain et l'engager.»

Confiance

Il faut faire confiance aux «jeunes», tant à l'école qu'en milieu de travail. Mario Asselin, blogueur, directeur d'OPOSSUM et expert en éducation et TI, a plaidé pour une plus grande liberté à l'école. «Il faut arrêter de mettre des filtres dans les ordinateurs à l'école. Comme le disait un autre conférencier: pour un jeune, un filtre c'est un défi. Il faut plutôt les aider à développer leur jugement critique. Le rôle de l'enseignant est de créer des situations d'apprentissage, peu importe le moyen.»

Au travail, plusieurs employeurs voient d'un mauvais oeil l'utilisation de l'internet à des fins personnelles. Pourtant, ces technologies sont des outils très performants sur le plan professionnel. «Qui sait si le jeune qui passe 15 minutes à chatter durant son week-end de snowboard ne va pas en même temps demander à son ami de résoudre un problème», demande Michelle Blanc, blogueuse bien connue et consultante en marketing internet.

Jennifer Okimoto, partenaire associée, Solutions à la gestion du talent et de la main-d'oeuvre chez IBM Global Business Services, est du même avis. «Au lieu de se méfier de ses employés et de ce qu'ils font sur l'internet, une organisation devrait construire une plate-forme de collaboration et profiter des outils qui sont à sa disposition.»

S'engager différemment

On entend souvent dire que les jeunes ne votent plus, ne s'engagent plus. Qu'en est-il? «C'est sûr que si l'on se fie uniquement à des aspects comme le vote électoral et le syndicalisme, on a l'impression que la génération informatique s'engage moins. La réalité, c'est que les jeunes s'engagent autrement. Ils s'engagent dans la vie quotidienne, dans leur consommation, dans le choix de l'endroit où ils travaillent. Ils ne sont peut-être pas encore dans les institutions, mais il faut leur laisser le temps», dit Sandra Rodriguez, doctorante en sociologie, à l'Université de Montréal.

Pour amoindrir cette fracture à la fois numérique et générationnelle, Francesc Pedrò, directeur du projet Les apprenants du nouveau millénaire, en France, estime que les parents et les enseignants ont la responsabilité de connaître le monde de leurs enfants. Bref, arrêtons d'en avoir peur et plongeons.

La Génération C en chiffres

Le CEFRIO (Centre francophone pour l'informatisation des organisations) a tenu un colloque mardi et mercredi, au cours duquel il révélait les résultats d'une enquête sur la Génération C (12-24 ans) et leur rapport aux technologies de l'information.

Réalisée en collaboration avec Léger Marketing, cette étude a été menée auprès de 2000 jeunes Québécois. 91% des jeunes Québécois ont accès à un internet haute vitesse à la maison. Les 18-24 ans s'en servent en moyenne 22 heures par semaine, tandis que les 12-17 ans y passent 16 heures par semaine en moyenne . On pourrait penser que la génération C a délaissé les centres commerciaux au profit du cybermagasinage, mais seulement 49% des 16-24 ans ont déjà acheté sur internet.

Ces derniers font davantage confiance à leurs parents, amis et connaissances (60%), qu'à l'information donnée par les vendeurs sur leur site (15%). Même si leurs moyens financiers sont limités, ils sont bien équipés en gadgets électroniques: 84% d'entre eux possèdent un lecteur de type MP3, 64% ont un ordinateur de bureau, 60% ont une console de jeu vidéo, 57% un téléphone cellulaire, 39% un ordinateur portable, mais seulement 5% ont un cellulaire intelligent de type BlackBerry. Côté éducation, 91% des étudiants québécois utilisent l'ordinateur à l'extérieur des cours et 67% l'utilisent en classe.

Mais l'utilisation systématique de l'ordinateur pendant les cours est plus répandue au cégep (33%) et à l'université (29%) qu'au secondaire (13%). Fait inquiétant, seulement 35% des jeunes Québécois estiment que la plupart des professeurs ont les connaissances adéquates pour les accompagner dans leur apprentissage des technologies.

Sur le plan de la participation civique, le sondage nous révèle que 46% des jeunes Québécois ne votent pas nécessairement chaque fois qu'ils en ont la possibilité. De ce groupe, 72% affirment qu'ils voteraient davantage s'ils pouvaient le faire en ligne.

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