Le bonheur est contagieux

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Mathieu Perreault
La Presse

Le bonheur est contagieux, ont découvert des sociologues américains. Mais il n'est pas transmissible au téléphone et encore moins par courriel: pour attraper le virus du bonheur, il faut entrer en contact direct avec une personne heureuse.

Avoir un ami heureux augmente de 15,3% la probabilité d'être soi-même heureux. L'impact diminue à chaque «degré de séparation»: si un ami a lui-même un ami heureux, la probabilité augmente de 9,8%; et si un ami d'un ami d'un ami est heureux, la probabilité augmente de 5,6%. En d'autres mots, si un ami de votre soeur est heureux et qu'un ami du frère de votre voisin est heureux, votre chance d'être heureux grimpe de 16% (1,098 multiplié par 1,056).

 

Les personnes les plus heureuses avaient le plus grand nombre de proches, et les chercheurs ont expliqué aux médias que le bonheur se comporte comme un virus. Ils ont proposé l'exemple du sida, qui touche davantage les gens ayant un grand nombre de partenaires sexuels.

«Ce n'est pas la première fois qu'on montre que le bonheur est contagieux», explique Yaël Glick, sociologue et psychologue à l'Université Concordia, a qui La Presse a demandé des commentaires sur l'étude publiée dans le British Medical Journal. «Mais les chercheurs prouvent que l'interaction sociale doit se faire en chair et en os pour que l'humeur de quelqu'un influence vraiment quelqu'un d'autre. Les cellulaires et les courriels ne comptent pas.»

Les chercheurs de l'Université de Californie à San Diego et de Harvard ont pu établir l'importance du contact direct en comparant les amis qui habitaient à moins d'un kilomètre, et les autres. Ils ont postulé que les amis habitant à proximité se voient plus souvent face à face. Ils ont épluché 5000 dossiers d'une étude ayant suivi pendant des décennies la santé cardiovasculaire de patients, et qui a recueilli des données nominales sur les proches des cobayes.

Pourquoi l'étude est-elle publiée dans une revue médicale? «La médecine a tendance à prendre le patient individuellement, sans tenir compte de son réseau de proches, dit Mme Glick. Mais on ne peut vraiment savoir comment va une personne sans tenir compte de ses réseaux sociaux.

Ces résultats donnent une note d'espoir en ces temps de récession et de crise financière, selon Mme Glick. «Les contacts sociaux peuvent être une réponse à la possibilité de désespoir et d'aliénation dans notre société de plus en plus centrée sur la consommation. L'essence de la santé est la communauté.» En d'autres mots, rien n'est plus efficace pour contrer la morosité économique que de multiplier les visites à nos proches durant le temps des Fêtes.

 

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