Les sextos sont courants chez les adolescents

Environ quatre jeunes Canadiens sur dix ont envoyé un sexto et plus de six sur... (Photo archives AFP)

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Adina Bresge
La Presse Canadienne

Environ quatre jeunes Canadiens sur dix ont envoyé un sexto et plus de six sur dix en ont reçu un, révèle une nouvelle enquête qui met aussi en lumière le partage non autorisé de photos sexuelles entre adolescents.

Le sextage serait toutefois moins répandu parmi les jeunes que certains semblent le croire - y compris la quasi-totalité des 800 jeunes âgés de 16 à 20 ans qui ont participé à l'étude, a dit Matthew Johnson, le directeur de l'éducation pour l'organisme sans but lucratif MediaSmarts.

Il ne s'agit pas non plus d'une activité «intrinsèquement nuisible», ajoute-t-il, puisque la majorité des sextos demeurent privés entre deux personnes.

«Nous devons nous éloigner du discours de peur pour parler des choses d'un point de vue moral et éthique», a suggéré M. Johnson, selon qui cette étude est l'une des premières jamais réalisées sur le partage non autorisé d'images intimes.

«Nous devons parler de consentement dans tous les contextes, dont le contexte numérique... et envoyer un message haut et fort que ce n'est pas normal, que ce n'est pas correct et que rien ne vous donne le droit de partager le sexto de quelqu'un, sauf si cette personne dit que vous le pouvez», a-t-il ajouté.

Parmi les participants qui ont indiqué avoir envoyé un sexto dans le passé, environ 40 pour cent ont confié qu'au moins une de leurs photos intimes a ensuite été partagée sans leur consentement.

«Même si les garçons et les filles envoient et reçoivent des sextos de manière comparable, et même si leurs sextos sont partagés de manière comparable, la nuisance est très inégale, cela affecte plus lourdement les filles», a indiqué M. Johnson.

«Cela peut nuire à la réputation des gens. Évidemment, il y a un tort inhérent juste en considérant qu'on perd de l'intimité, et avec la violation du consentement... (Ceux qui ont envoyé) ont subi du chantage, dans certains cas.»

Environ le tiers des participants ont dit qu'une fille qui envoie un sexto à l'extérieur de son couple ne devrait ensuite pas s'étonner que la photo circule et qu'on ne devrait pas se surprendre que «les garçons partagent des sextos entre eux».

L'attitude des jeunes envers le sextage était grandement influencée par leurs pairs, poursuit M. Johnson. Si leurs amis leur envoient des sextos, a-t-il dit, plusieurs croient qu'on attend ensuite la même chose d'eux.

«Les comportements de partage sont effectués presque exclusivement par le même genre de personnes. Tous ces aspects renvoient à une sous-culture parmi les jeunes qui normalisent le partage et, même qu'à un certain point, ils le valorisent», a-t-il analysé.

Le sondage de MediaSmarts a été mené en ligne et anonymement auprès de jeunes Canadiens en août et en septembre 2017. Aucune marge d'erreur ne peut être calculée pour un sondage en ligne.




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