Scruter les codes barres pour améliorer la santé

Annabelle Blais
La Presse

Avant d'être consommés, les aliments doivent d'abord passer sur le tapis roulant d'une caisse d'épicerie où leur code barres est lu. Ce sont autant de données numériques qui sont ensuite récupérées par les spécialistes en marketing. Des chercheurs ont eu l'idée d'utiliser ces données pour mieux comprendre les habitudes alimentaires de la population selon les quartiers.

David Buckeridge et son équipe de l'Université McGill ont suivi, entre 2008 et 2010, les achats de boissons gazeuses dans des supermarchés et des dépanneurs montréalais grâce aux données des numériseurs à balayage qui lisent les articles à la caisse.

M. Buckeridge a ensuite comparé ces informations avec les revenus des quartiers tirés du dernier recensement fédéral. Il a ainsi pu démontrer que les achats de boissons gazeuses sont plus importants dans les quartiers habités par des familles à faible revenu.

«Pour chaque diminution de 10 000$ du revenu personnel médian, nous avons remarqué que les ventes mensuelles de boissons gazeuses quintuplaient», a expliqué M. Buckeridge, médecin de santé publique et professeur agrégé au département d'épidémiologie, de biostatistique et de santé au travail de la faculté de médecine de McGill.

Plusieurs études se sont déjà penchées sur la relation entre les revenus et les habitudes alimentaires. M. Buckeridge souligne que la nouveauté de sa démarche repose sur la méthode de collecte d'informations.

Les spécialistes en marketing ont compris depuis longtemps la valeur de ces données. Elles permettent aux entreprises de comprendre le comportement des consommateurs par rapport à une campagne de publicité ou certains rabais.

Interventions plus ciblées

Plutôt que d'utiliser ces données pour vendre des produits, le secteur public veut se servir de ces informations pour améliorer la santé de la population.

«Ce genre de données permettrait des interventions plus ciblées», explique Corinne Voyer, directrice de la Coalition québécoise sur la problématique du poids. C'est également l'avis du professeur Buckeridge, qui croit que cette méthode permettra d'élaborer des stratégies mieux adaptées pour modifier les habitudes alimentaires.

L'Institut de santé publique du Québec (INSPQ) a déjà manifesté un intérêt pour ce type de données.




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