Pourquoi les femmes se couchent-elles plus tôt que les hommes?

Selon une nouvelle étude montréalaise, les femmes ont... (Photo Olivier PontBriand, Archives La Presse)

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Selon une nouvelle étude montréalaise, les femmes ont envie de se coucher deux heures plus tôt que les hommes, ce qui pourrait expliquer pourquoi elles ont plus souvent des problèmes d'insomnie et souffrent davantage du travail de nuit.

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Les femmes ont envie de se coucher deux heures plus tôt que les hommes, selon une nouvelle étude montréalaise. Cela pourrait expliquer pourquoi elles ont plus souvent des problèmes d'insomnie et souffrent davantage du travail de nuit.

«L'horloge biologique des femmes les place dans un fuseau horaire plus à l'est que les hommes», explique Diane Boivin, directrice du Centre d'étude et de traitement des rythmes circadiens de l'Institut Douglas et professeure à l'Université McGill, qui est l'auteure principale de l'étude publiée hier dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

«En plus, à l'intérieur de leur journée biologique, la manière avec laquelle l'horloge biologique contrôle la propension à dormir est aussi avancée d'une heure. Si on combine ces deux effets, les femmes ont tendance à s'endormir deux heures plus tôt.»

Des études ont montré que les femmes ont plus de risque d'insomnie, 41 % en moyenne selon une méta-analyse publiée en 2006 dans la revue Sleep. «Les femmes sont plus vulnérables aux perturbations du sommeil», dit la Dre Boivin, qui a travaillé avec des collègues des universités Dalhousie en Nouvelle-Écosse et Columbia à New York.

«[Les femmes] ont de la difficulté à maintenir le sommeil et ont des éveils matinaux précoces. Ça pourrait être un mécanisme impliqué dans les risques plus élevés d'insomnie, par rapport aux hommes.»

L'impact de cette envie de dormir plus précoce pourrait aussi expliquer des problèmes observés au chapitre du travail de nuit. «On a observé que les femmes avaient un niveau de vigilance réduit la nuit, ce qui pourrait les rendre plus vulnérables à rester réveillées, dit la chercheuse montréalaise. Si on regarde l'amplitude du rythme de vigilance, elle est augmentée chez les femmes par rapport aux hommes.

«Les niveaux de vigilance descendent davantage la nuit, comparé au niveau durant le jour. C'est cohérent avec d'autres études. Mais pour ce qui est du travail de nuit, il y a beaucoup d'autres facteurs sociaux et familiaux qu'il faut examiner avant de conclure que les facteurs biologiques expliquent les problèmes des femmes.»

L'étude de PNAS provient de l'analyse du sommeil de 11 femmes et de 15 hommes qui dormaient une heure, puis restaient une heure réveillés, à 36 reprises, pour un total de 72 h d'observation.

La Dre Boivin et ses collègues ne sont pas les premiers à conclure que les femmes ont envie de s'endormir deux heures plus tôt que les hommes.

«Ce qui est nouveau, c'est qu'on a contrôlé les facteurs confondants, comme la prise de contraceptifs et la phase du cycle menstruel.»

«Par exemple, il y a eu des études sur la sécrétion de mélatonine chez les femmes et les hommes, mais elles ne tenaient pas toujours compte de la prise de contraceptifs. Ou des études sur la température corporelle qui ne tenaient pas compte du cycle menstruel.»

La différence entre les sexes sur le plan du moment de la journée où on s'endort perdure au fil des années, même si les hommes âgés ont tendance à avoir envie de dormir plus tôt que les hommes plus jeunes.

Quelles sont les implications pratiques de l'étude de PNAS? Une femme doit-elle se coucher deux heures avant son conjoint pour avoir une bonne nuit? «C'est drôle que vous me demandiez ça, dit la Dre Boivin. J'ai un collègue qui étudie beaucoup les chronotypes, les habitudes de sommeil chez de grandes populations. À la blague, il dit lors de ses présentation scientifiques que les hommes plus âgés devraient choisir des femmes plus jeunes! Mais soyons sérieux: il faut savoir que les femmes sont plus à risque d'un sommeil fragilisé en fin de nuit.»

L'étude de PNAS ne portait pas sur la part de responsabilité du cycle menstruel dans l'insomnie plus fréquente chez les femmes. Mais, selon les études publiées jusqu'à maintenant, à quel moment du cycle y a-t-il plus de risque d'insomnie? «C'est plutôt à la phase lutéale, après l'ovulation», dit la Dre Boivin.

«28 % plus élevé

risque d'insomnie chez les femmes de 15-30 ans, par rapport aux hommes

46 % plus élevé

risque d'insomnie chez les femmes de 31-64 ans, par rapport aux hommes

73 % plus élevé

risque d'insomnie chez les femmes de 65 ans et plus, par rapport aux hommes

Source: Sleep»


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