Vivre avec le cancer inflammatoire du sein

Suzanne Lemay... (Photo: Ivanoh Demers, La Presse)

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Suzanne Lemay

Photo: Ivanoh Demers, La Presse

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Sophie Allard
La Presse

Suzanne vit dans l'urgence. Elle multiplie les projets. Sa cuisine sera bientôt rénovée, elle a toujours rêvé de cuisiner sur un îlot. Elle planifie une escapade familiale à Riviera Maya, au Mexique. «Tant que je vivrai, j'aimerais y retourner chaque année.» Mais voyager est de plus en plus difficile. Elle supporte mal la chaleur. Ses os sont fragiles comme du verre. Les traitements de chimiothérapie rendent son esprit parfois confus. La dernière fois, elle a raté son avion.

Suzanne a un cancer inflammatoire du sein. C'est un cancer rare - de 1 à 4% de tous les cancers du sein - et particulièrement agressif. Il frappe surtout les jeunes femmes, dès la trentaine. Moins de la moitié des femmes atteintes survivent au-delà de cinq ans, à peine 10% après 10 ans.

«En moins de trois mois, il peut y avoir une évolution marquée de la maladie. Avant, toutes les femmes ou presque en mourraient dans la première année. On a depuis raffiné les traitements. Ça reste un cancer agressif, mais l'espérance de vie est améliorée, la survie a augmenté», indique le Dr André Robidoux, directeur du Groupe de recherche en cancer du sein du CHUM. Très souvent néanmoins, il devient métastasique (stade 4).

On parle de cancer inflammatoire en raison des symptômes qui s'apparentent à une mastite. Les symptômes sont différents des autres cancers du sein. Il peut s'agir de: rougeur, peau capitonnée, écoulement du mamelon, enflure soudaine, démangeaison du sein ou du mamelon. Il est souvent diagnostiqué au stade 3 ou 4.

«Le cancer inflammatoire est difficile à diagnostiquer. Souvent il n'y a pas de masse palpable», indique le Dr Peter Siegel, directeur par intérim du Centre de recherche sur le cancer Rosalind and Morris Goodman, affilié à l'Université McGill. Parce qu'il est rare, la recherche est peu développée. «Il y a un manque de cellules appropriées et de modèles animaux sur lesquels on peut étudier la maladie», précise-t-il.

Suzanne a reçu un premier diagnostic il y a 3 ans. Son sein, soudainement rouge et douloureux, est devenu très enflé. Des traitements invasifs (dont l'ablation d'un sein) ont fait disparaître toute trace de cancer. L'hiver dernier, elle a commencé à tousser, elle avait le souffle court sans raison. Le 23 février, après deux ans sans symptômes, on a trouvé une masse de 4 cm dans ses poumons et des métastases un peu partout sur sa colonne, son bassin et un fémur. «C'était pire que je pensais.»

Aujourd'hui, la masse est à peine visible et la maladie s'est stabilisée. Suzanne répond bien aux traitements. La fatigue est parfois lourde à porter, mais finit par passer. Elle prend une vingtaine de pilules par jour, les effets secondaires sont désormais bien contrôlés. La constipation, les neuropathies, la douleur à la mâchoire, la perte des ongles et la peau qui pèle sont choses du passé. Pour combien de temps?

«J'ai l'impression de vivre sur un fil duquel je peux tomber à tout moment.» Elle profite de chaque petit bonheur: passer du temps avec sa fille, dont elle s'est rapprochée, se promener avec sa chienne Zara, jardiner et observer les geais bleus par sa fenêtre. Elle accepte peu à peu qu'elle ne verra jamais ses petits-enfants, qu'elle n'aura jamais de cheveux blancs.

Qu'est-ce que le cancer inflammatoire du sein?

Le cancer inflammatoire du sein est rare - de 1 à 4% de tous les cancers du sein - et particulièrement agressif. Il frappe surtout les jeunes femmes, dans la trentaine. Moins de la moitié des femmes atteintes survivent au-delà de cinq ans, à peine 10% après 10 ans.

«En moins de trois mois, il peut y avoir une évolution marquée de la maladie. Avant, toutes les femmes ou presque en mourraient dans la première année. On a depuis raffiné les traitements. Ça reste un cancer agressif, mais l'espérance de vie est améliorée, la survie a augmenté», indique le Dr André Robidoux, directeur du Groupe de recherche en cancer du sein du CHUM. Très souvent néanmoins, il devient métastasique (stade 4).

On parle de cancer inflammatoire en raison des symptômes qui s'apparentent à une mastite. Les symptômes sont différents des autres cancers du sein. Il peut s'agir de: rougeur, peau capitonnée, écoulement du mamelon, enflure soudaine, démangeaison du sein ou du mamelon. Il est souvent diagnostiqué au stade 3 ou 4.

«Le cancer inflammatoire est difficile à diagnostiquer parce que les symptômes sont différents. Souvent il n'y a pas de masse palpable», indique le Dr Peter Siegel, directeur par intérim du Centre de recherche sur le cancer Rosalind and Morris Goodman, affilié à l'Université McGill. Parce qu'il est rare, la recherche est peu développée. «Il y a un manque de cellules appropriées et de modèles animaux sur lesquels on peut étudier la maladie», précise-t-il.




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