Comment rater sa remise en forme

C'est avec le coeur rempli d'espoir que de nombreuses personnes entreprennent... (Illustration La Presse)

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C'est avec le coeur rempli d'espoir que de nombreuses personnes entreprennent de se remettre en forme au début de l'année. Malheureusement, elles sabotent allègrement leurs efforts en commettant l'une ou l'autre des erreurs suivantes.

Se fixer des objectifs irréalistes

Essayer de tout changer en même temps est une bonne façon de tout faire rater, affirme Claudette Rouisse, directrice des programmes de santé et d'activités physiques aux YMCA du Québec. «Les gens veulent arrêter de fumer, perdre du poids, s'entraîner, boire moins, dormir mieux, travailler moins, énumère-t-elle. C'est trop en même temps. Il vaut mieux prendre un objectif, le scinder, y aller à petits pas et avoir de petits succès au fil des semaines.»

Pour Martin Lussier, qui enseigne la kinésiologie à l'Université de Montréal, l'erreur classique, c'est de vouloir en faire trop, trop vite. Comme la personne qui décide de commencer à courir de longues distances alors qu'elle n'a pas couru au cours des cinq dernières années. «Si elle ne veut pas augmenter son risque de blessures, elle ne doit pas faire de trop grandes distances lors des premières séances. Il faut que ce soit quelque chose de progressif.»

S'entraîner trop souvent, trop longtemps

Souvent, les gens entament un programme d'entraînement avec une grande motivation. Ils risquent alors d'en faire trop: aller trop souvent au gym pendant la semaine, y rester trop longtemps. «Après, ils ont mal partout, indique Claudette Rouisse, des YMCA du Québec. Parce qu'ils sont en douleur, ils doivent arrêter quelques jours pour récupérer. Pendant cette période-là, les gens dévalent la pente.»

Martin Lussier, coauteur du livre Mythes et réalités sur l'entraînement physique, rappelle qu'il faut donner au corps le temps de s'adapter à ce nouveau stress. Il y a aussi un aspect psychologique lorsqu'on se donne un peu trop à fond et qu'on passe à travers des séances d'entraînement difficiles. «On sait que si la prochaine séance est aussi difficile, si on est un peu fatigué, si on est moins motivé, on aura moins envie d'y aller.»

Improviser un plan d'entraînement

Bien des gens négligent de faire appel à un entraîneur professionnel, déplore Martin Lussier, qui enseigne la kinésiologie à l'Université de Montréal. «Ce n'est pas tout le monde qui a les connaissances pour établir un plan d'entraînement en vue d'atteindre des objectifs spécifiques tout en limitant les risques de blessures.» Un plan d'entraînement doit être adapté à la condition de la personne. Celle-ci peut avoir une faiblesse à un genou ou une épaule mal en point.

«Une autre erreur, c'est de suivre aveuglément les conseils d'un ami ou d'un parent, de faire la même chose que lui, déclare M. Lussier. Les objectifs ne sont pas nécessairement les mêmes. De plus, les plans tout faits sur l'internet ne correspondent pas nécessairement à nos propres besoins, nos limitations, nos objectifs.»

Ne pas vérifier les antécédents de l'entraîneur

Des gens font parfois l'erreur de mal choisir leur entraîneur. «Certains omettent de vérifier les antécédents, les expériences, les certificats des entraîneurs, observe Claudette Rouisse. Il y a des gens qui s'improvisent entraîneurs. Il y a aussi des entraîneurs qui ont des compétences ou des expériences qui ne sont pas nécessairement en lien avec nos objectifs.»

Il est aussi important de voir si le courant passe avec son entraîneur. «Prendre un entraîneur en se basant uniquement sur ce dont il a l'air, parfois, ce n'est pas le meilleur choix.»

Choisir une activité qui ne plaît pas

Étonnamment, bien des gens tentent de se remettre en forme avec une activité qu'ils n'aiment pas vraiment. Par exemple, une personne qui n'aime pas l'eau se laisse convaincre par des amis que la natation, c'est génial. Il est alors bien difficile de maintenir la motivation. «C'est un aspect qui est vraiment important quand on pense à moyen et à long terme, affirme Martin Lussier, professeur de kinésiologie. Est-ce qu'on a une forme de plaisir ou, au moins, une forme de satisfaction d'avoir complété l'activité physique?»

Il met également en garde contre la tentation de faire toujours la même activité, toujours la même routine. «C'est une bonne idée d'essayer plusieurs choses, indique Claudette Rouisse, des YMCA du Québec. Qu'est-ce qui nous donne le goût de revenir, plutôt que d'être une corvée?»

Faire une fixation sur le pèse-personne

Il y a des gens obsédés par la perte de poids qui vont grimper sur le pèse-personne plusieurs fois par jour. Certains se pèseront avant l'entraînement, puis après, dans l'espoir de voir une différence. «Si on perd quelque chose, ce n'est pas de la graisse, c'est de l'eau, observe Claudette Rouisse. Être obsessif sur la balance, ça peut être démotivant. Mieux vaut s'en éloigner et se peser peut-être une fois par semaine.» Ce qui est important, c'est de bien se sentir dans ses vêtements. C'est la sensation de bien-être.

Elle met également en garde contre la tentation de limiter la quantité de nourriture. «Parfois, les gens ne mangent pas assez et ils ont un malaise pendant l'entraînement. Si on veut perdre du poids, il ne faut pas arrêter de manger, il faut faire de bons choix.»

Ne pas être à l'écoute de l'inconfort

Bien des gens oublient d'écouter les signaux qu'envoie leur corps lors de l'entraînement. Par exemple, quelqu'un qui fait de la course à pied néglige un petit mal de genou qui, au fil du temps, devient de plus en plus aigu. «Il faut être à l'écoute, il faut comprendre le lien avec l'activité physique, affirme Martin Lussier, coauteur du livre Mythes et réalités sur la course à pied. Il faut probablement se résigner à diminuer la durée des efforts ou leur intensité. Mieux encore, il faut changer d'activité physique et consulter un spécialiste de la santé.» Il rappelle que pour rester actif à long terme, il faut accepter d'en faire un peu moins lorsqu'il y a un inconfort.

Négliger l'échauffement

Ce qui risque de mettre un frein à l'entraînement, c'est une blessure. Ce qui risque d'entraîner une blessure, c'est un échauffement inexistant ou déficient, surtout si l'activité physique est intense. «Si un sport demande de la vitesse, de la puissance, de la force, s'il exige des sauts, des changements rapides de direction, s'il faut porter de lourdes charges, il y a plus de risques de blessures lorsqu'on n'est pas suffisamment échauffé», déclare Martin Lussier, qui enseigne la kinésiologie à l'Université de Montréal. Et plus on vieillit, plus l'échauffement est important.

M. Lussier rappelle qu'un échauffement doit être spécifique au sport pratiqué. «En fait, l'échauffement va ressembler à ce qu'on va faire dans l'activité physique, mais à une intensité moindre», note-t-il.

Ne pas prioriser l'activité physique

Le kinésiologue Martin Lussier affirme que le motif le plus souvent invoqué pour justifier l'inactivité physique, c'est le manque de temps. «Il faut prévoir des plages horaires, affirme-t-il. Se dire simplement: "Je vais aller au gym quand je vais y aller", ça diminue les chances de réussite, surtout au fur et à mesure que les semaines avancent.»

Claudette Rouisse, des YMCA du Québec, note que l'activité physique se retrouve parfois au bas de la liste lorsque vient le temps d'ouvrir son portefeuille. «Si ça fait partie d'une priorité dans la vie, il faut le prévoir dans son budget.»




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