Se mettre en forme pour une bonne cause

De plus en plus de gens marchent, courent,... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, Archives LA PRESSE)

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De plus en plus de gens marchent, courent, roulent, nagent ou grimpent pour amasser des fonds pour diverses causes.

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Marcher 5 km pour Opération Enfant Soleil, courir 20 km pour la Fondation Mira, gravir les 48 étages de la Tour de la Bourse pour combattre la dystrophie musculaire, faire l'ascension du Kilimandjaro pour la recherche sur le cancer. Les événements caritatifs à caractère sportif se multiplient.

C'est une bonne nouvelle pour les organismes de charité. Ça peut aussi être une bonne nouvelle pour les participants, s'ils profitent de l'occasion pour se remettre en forme.

«Est-ce que l'activité caritative à caractère sportif a un effet sur la condition physique? Ça dépend comment c'est organisé, ça dépend du type d'activité, ça dépend qui ça va rejoindre», déclare Francis Gilbert, président du conseil d'administration de la Fédération des kinésiologues du Québec.

Épisode, une firme d'experts-conseils en campagne de financement, suit de près le monde de la philanthropie depuis des années.

«Depuis 10 à 15 ans, les activités à caractère "défi" ont pris une ampleur incroyable. Il y a plusieurs raisons à ça, notamment le fait que c'est le seul secteur en philanthropie qui attire les gens de quatre générations: les X, Y, Z et les baby-boomers», analyse Daniel Asselin, président d'Épisode.

Il explique que les plus jeunes aiment participer à ce genre d'activités alors que les plus vieux sont prêts à les appuyer. Selon un sondage réalisé par Léger Recherche Stratégie Conseil pour le compte d'Épisode, près de 50 % des Québécois ont participé à un défi au profit d'un organisme de bienfaisance (qu'il s'agisse d'un défi sportif ou d'un défi du style Tête rasée) en 2013 ou ont appuyé quelqu'un qui le faisait.

Populaires et rentables

Les organismes de charité apprécient ce type d'événements en raison de la visibilité qu'ils procurent, mais aussi de leur rentabilité. C'est encore plus vrai pour les voyages caritatifs à caractère sportif.

«Par rapport aux autres activités, ces voyages offrent le meilleur rapport rentrée d'argent/efforts, affirme Richard Rémy, cofondateur de l'agence de voyages d'aventures Karavaniers. Organiser un bal, pour les fondations, c'est beaucoup de travail. Dans ce cas-ci, elles organisent quelques séances d'information et Karavaniers fait tout le reste.»

Plusieurs études américaines montrent que le désir de se remettre en forme et d'adopter de saines habitudes de vie constitue une des motivations principales des participants à des activités caritatives à caractère sportif. Bien sûr, on veut d'abord et avant tout contribuer à une cause, mais l'aspect sportif est une composante importante dans la décision de s'inscrire à un événement et d'enfiler un dossard.

Pour rester motivé

Toutefois, ce ne sont pas toutes les activités caritatives à caractère sportif qui ont un effet durable sur la condition physique. Il faut que l'effort soit suffisamment important et qu'il nécessite un certain entraînement.

«Quand on parle d'une marche de trois kilomètres, les gens n'ont pas besoin de s'entraîner, note Francis Gilbert. Je ne pense pas que ça ait un effet majeur sur les habitudes de vie parce que les gens n'ont pas besoin d'être en forme: ils n'ont pas besoin de performer et ils ne constatent pas un manque de condition physique qui les amènerait à prendre action par la suite.»

Il y a également plus de chance de voir les participants modifier leurs habitudes de vie si l'événement est récurrent et s'il pousse au dépassement de soi, ajoute-t-il.

Le Grand défi Pierre Lavoie est justement un exemple d'un événement exigeant qui revient d'année en année. Il recoupe en fait plusieurs activités, comme le grand relais de 1000 km en équipe entre le Saguenay-Lac-Saint-Jean et Montréal et la boucle individuelle de 130 km.

L'année dernière, 32 % des participants à la boucle étaient sédentaires ou peu actifs lorsqu'ils se sont inscrits à l'événement, alors que 51 % étaient moyennement actifs, selon un sondage réalisé par le Grand défi Pierre Lavoie.

«Tous ces gens ont dû complètement changer leurs habitudes de vie pour participer à cet événement, souligne Stéphanie Charette, directrice des communications du Grand défi. Tu ne te lèves pas un matin comme ça pour aller faire 130 km de vélo. Tu dois te préparer.»

Pas moins de 97 % des répondants au sondage ont soutenu qu'ils souhaitaient maintenir les habitudes de vie qu'ils avaient adoptées pour le défi.

Selon les témoignages reçus par les gens du Grand défi, bien des gens ont effectivement continué à faire de l'exercice.

«C'est parce que l'habitude ne s'est pas prise sur quelques jours, mais sur des semaines et des mois», explique Stéphanie Charette, directrice des communications du Grand défi Pierre Lavoie.

Un autre facteur peut jouer sur le désir de continuer à faire de l'exercice physique: l'aspect social et le plaisir lié à l'activité elle-même.

«Le principe de socialiser, de s'entraîner ensemble, ça fait toute la différence, soutient le kinésiologue Francis Gilbert. Le plaisir est important: le fait d'aller simplement marcher en rond sur une piste d'athlétisme, ça ne donne pas nécessairement le goût d'y revenir.»

Dans le domaine du voyage caritatif à caractère sportif, les récidivistes sont légion. Ils reviennent pour faire d'autres voyages d'aventure, tant caritatifs que non caritatifs.

«Ils se rendent compte qu'ils aiment ça», indique Richard Rémy, de l'agence Karavaniers.

«50 % 

Près d'un Québécois sur deux a participé à un défi au profit d'un organisme de bienfaisance en 2013, ou a appuyé quelqu'un qui le faisait»


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