Faire du sport malgré une blessure

Avec un peu de créativité et une bonne... (PHOTO THINKSTOCK)

Agrandir

Avec un peu de créativité et une bonne compréhension des recommandations de son médecin, on peut continuer à faire de l'activité physique.

PHOTO THINKSTOCK

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Ce n'est pas parce qu'on a une blessure qu'il faut nécessairement se mettre au repos. Avec un peu de créativité et une bonne compréhension des recommandations de son médecin, on peut continuer à faire de l'activité physique. Et ainsi garder le moral face à l'adversité.

Envers et contre tout

À l'aide de ses béquilles, elle se traîne péniblement jusqu'au bord de la rivière des Mille Îles. Le préposé à la location d'embarcations l'aide à se glisser dans un kayak et va remiser les béquilles près d'un arbre alors qu'elle s'élance sur l'eau. C'est un immense bonheur de faire à nouveau de l'activité physique après une fracture de la cheville.

« Si vous ne faites rien pendant des semaines, vous allez perdre tout ce que vous avez acquis en entraînement, souligne la Dre Alexandra Bwenge, médecin du sport et porte-parole de l'Association québécoise des médecins du sport. La forme, ça se perd vite. Il faut continuer à s'entraîner, tout en protégeant la partie du corps qui est blessée. »

Le kinésiologue Nicolas Thébault insiste sur l'importance de consulter un médecin pour bien diagnostiquer la blessure et mettre en place un traitement. Certains types de blessures exigent un arrêt total de toute activité ou une extrême prudence. « Si on a mal au dos, on va être très limité, illustre-t-il. Si on a une commotion cérébrale, on ne peut pas faire d'activité physique. »

Pour beaucoup d'autres blessures, une certaine activité physique n'est pas seulement possible, mais elle est aussi bénéfique.

«Plus on reste actif, plus le retour à son activité physique préférée sera facile.»

Nicolas Thébault
Kinésiologue

Il met toutefois en garde contre la tentation de reprendre cette activité au même niveau d'intensité ou d'habileté qu'avant la blessure. « C'est l'erreur typique. Il faut respecter les étapes. »

Le traitement d'une blessure comprend souvent des exercices de physiothérapie, qu'il faut exécuter religieusement. « Ce ne sont pas les exercices les plus amusants qui soient », reconnaît M. Thébault.

ACTIVITÉS DE SUBSTITUTION

Si on ne peut plus pratiquer son activité préférée en raison de la blessure, il faut chercher des activités de substitution.

« Un kinésiologue peut aider à choisir une activité qui va permettre un certain plaisir à la pratique, affirme M. Thébault. Il peut aider à repérer un groupe d'entraînement, à trouver un entraîneur particulier, à gérer l'intensité de l'effort. Il peut s'agir d'un travail commun avec le médecin et le physiothérapeute. »

Cette période peut également être l'occasion de mettre l'accent sur d'autres parties du corps ou d'autres qualités qui ont été négligées pendant la pratique de l'activité préférée. « Ça permet de se rattraper, de se rééquilibrer », explique le kinésiologue.

La Dre Bwenge rappelle qu'au-delà de l'entraînement cardiovasculaire, il faut porter attention à l'entraînement musculaire, à la flexibilité ou encore à la proprioception (la conscience de la position et du mouvement dans l'espace).

PAS DE RISQUES INUTILES

Il peut être relativement facile de trouver une activité de substitution lorsque c'est un membre supérieur qui est blessé. On peut faire de la course à pied ou de la natation avec une planche, par exemple. On peut aussi se mettre au vélo, pourvu qu'il s'agisse d'un vélo stationnaire et non pas d'une virée en ville.

«Si vous avez un bras dans le plâtre, il faut être logique et ne pas prendre de risque inutile. Il ne faut pas retomber.»

Nicolas Thébault

Pour une blessure à un membre inférieur, il faut être plus créatif, indique la Dre Bwenge. « Ça dépend si on peut mettre du poids sur le membre blessé ou pas, déclare-t-elle. Parfois, le vélo peut être approprié. Ou la natation. »

Elle insiste sur les bienfaits psychologiques de la reprise de l'activité physique.

« Quand on pense à tout ce pour quoi le sport est bon, comme l'humeur, l'énergie et le sommeil, on voit que si on arrête tout d'un coup, ça va aller moins bien », souligne-t-elle.

Si les sportifs très motivés chercheront d'eux-mêmes une activité de substitution, ceux qui manquent de motivation se serviront peut-être de la blessure comme excuse pour ne pas faire d'exercice physique. Ils risquent alors de ne pas retourner au sport une fois la blessure guérie.

M. Thébault conseille de conserver les plages horaires qui étaient consacrées à l'exercice physique et de ne pas les remplir par toutes sortes d'autres activités.

« En un tel cas, on a une excuse pour ne plus faire d'activités physiques parce qu'on n'a plus le temps. »

Blessés, mais pas abattus

Ils se sont blessés, mais il n'était pas question pour eux de rester bien tranquilles à la maison. Ils ont réussi à trouver des activités physiques qui leur ont permis de garder la forme... et le moral.

JULIEN FOURNIER

Ingénieur chez Hydro-QuébecC'est en voulant installer une pièce de protection lors d'une sortie en escalade traditionnelle que Julien Fournier a fait une chute et s'est fracturé le talon droit en heurtant la paroi. Les deux premières semaines, le pied dans le plâtre, ont été pénibles.

« Ç'a été deux semaines de films à la télévision, se rappelle-t-il. À un moment donné, tu as le goût de bouger. »

Une boutique d'équipement pour personnes handicapées l'a dirigé vers une ligue de volleyball en fauteuil roulant. Le groupe l'a accueilli chaleureusement. « Ils étaient contents de voir que quelqu'un qui n'était pas handicapé s'intéressait à leur sport. »

Julien Fournier a tellement apprécié l'expérience qu'il a continué à jouer au volleyball avec cette « belle gang » pendant un an, même après son rétablissement. « Quand on est blessé, l'important, c'est d'être avec du monde et de bouger un peu », souligne-t-il.

VIRGINIE FLEURY

Copropriétaire de Protogear, une PME d'équipement de sportC'est en essayant de faire tomber un « gars méga-solide » de 90 kg à son cours de kung-fu que Virginie Fleury s'est cassé le poignet. Ça tombait mal : elle avait prévu une expédition d'alpinisme dans les Rocheuses canadiennes quatre mois plus tard.

Pendant deux semaines, elle a été inactive. Puis, une fois le plâtre retiré, elle a commencé à faire des exercices d'ergothérapie. Elle aurait voulu courir, mais au début, cet exercice occasionnait trop de chocs et de douleurs. Elle a donc fait des exercices de course en piscine et s'est tournée vers la randonnée pédestre.

« La première fois que je me suis retrouvée en montagne, j'étais excitée, raconte-t-elle. Il fallait que je bouge. Rester inactive, c'est vraiment déprimant. Je n'aurais pas été capable mentalement. »

Grâce à son programme d'entraînement, elle a pu aller escalader ses montagnes comme prévu.

MARIELLE CHABOT

Ingénieure en aérospatiale chez MDAMarielle Chabot a fait une « bonne chute » en escaladant une dalle en premier de cordée. Diagnostic : une cheville brisée. Elle a dû endurer six semaines de plâtre et six semaines de botte de protection.

Elle a commencé à faire des exercices au sol chez elle, comme « faire de la bicyclette dans le vide » sur le dos. « J'étais en train de virer folle toute seule dans mon salon », raconte-t-elle.

En gym, elle a commencé à faire du rameur avec une seule jambe, mais sans trop se pousser. « Tu ne veux pas te déséquilibrer en travaillant une seule jambe », explique-t-elle.

Avec la botte, elle a pu faire du vélo stationnaire. Elle s'est aussi tournée vers la natation. « Marcher avec des béquilles, c'est du sport aussi, lance-t-elle. Si tu n'es pas en forme en partant, tu ne te promènes pas longtemps. »

Un an après l'accident, Marielle Chabot est déjà de retour sur les parois d'escalade.

ALEXANDRE ROUILLARD

Spécialiste en logiciels chez Héma-QuébecAlexandre Rouillard a tourné le coin un peu trop rapidement en vélo pour réaliser au dernier moment que la clôture, normalement ouverte, était fermée.

« J'ai appliqué les freins, le vélo a arrêté, mais pas moi, raconte-t-il. Je suis passé par-dessus le guidon et je suis tombé sur le coude et le visage. »

Le coude n'était pas fracturé, mais suffisamment amoché pour empêcher un retour en selle.

« Après quelques semaines d'inactivité, j'ai commencé à ruer dans les brancards, il fallait que je trouve quelque chose. » Il a décidé d'essayer la course à pied. « Avant, la course à pied ne m'intéressait pas, mais dès ma première sortie, j'ai dit : oui, j'aime ça. »

Six mois après son accident, il faisait une première course de 10 km. Quatre ans après, un premier marathon. Progressivement, il fait un retour au vélo, histoire d'éviter les petites blessures qui touchent souvent les coureurs.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Vivre

Tous les plus populaires de la section Vivre
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer