Bouger en 2016: pour partir du bon pied

Vous avez pris la résolution de faire plus... (PHOTO THINKSTOCK)

Agrandir

Vous avez pris la résolution de faire plus d'activité physique cette année? Notre journaliste s'est penchée sur les facteurs qui contribuent à rester motivé.

PHOTO THINKSTOCK

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marie-France Léger
La Presse

Chaque année, au retour des Fêtes, nombreux sont ceux qui se précipitent au centre sportif ou qui chaussent leurs nouveaux souliers de course pour retrouver la santé... avant de tout abandonner un mois plus tard. Oui, persévérer dans une activité physique, c'est possible. Il suffit de connaître les clés qui permettent de trouver et de maintenir une bonne motivation. Sans réel plaisir, les spécialistes s'entendent pour dire qu'on a toutefois très peu de chance d'y arriver.

Ce qu'il faut faire

Il existe des lignes directrices qui permettent de changer notre comportement dans le domaine de la santé. « Tout ça repose sur des observations cliniques », avance Guy Thibault, docteur en physiologie et auteur de deux livres, dont En pleine forme, conseils pratiques pour l'entraînement et la persévérance. M. Thibault s'est notamment basé sur le travail de Gaston Godin, professeur retraité de la faculté des sciences infirmières de l'Université Laval. Il retient trois lignes directrices que devrait suivre tout bon candidat à l'activité physique. D'entrée de jeu, M. Thibault souligne que, pour partir du bon pied et conserver une bonne motivation, il ne faut pas s'acharner sur soi mais plutôt adapter son environnement.

  • On doit d'abord s'interroger sur ce qu'on souhaite retirer de l'activité physique. Et dans quelles conditions on souhaite la pratiquer ; seul ou en groupe, par exemple. «  Avant tout, il faut se demander quelles sont les valeurs santé qui nous animent. Il faut savoir ce qui nous fait plaisir là-dedans pour pouvoir maximiser nos chances. »
  • La deuxième ligne directrice majeure consiste à se rapprocher des gens qui sont déjà actifs. Même les solitaires apprécieront les avantages de se greffer à un groupe de collègues ou de suivre un cours dans un centre sportif. Le président de la Fédération des kinésiologues du Québec, Francis Gilbert, abonde dans le même sens. « Le cadre de l'activité est très important. Si elle est pratiquée avec un groupe de collègues ou d'amis, c'est encore mieux ; j'aime l'activité et je m'identifie au groupe. »
  • Au lieu de se cacher pour se remettre en forme, il faut, au contraire, aviser son entourage qu'on va augmenter son niveau d'activité. De cette façon, on craindra de le décevoir si on venait à abandonner. Car les sentiments liés à la satisfaction personnelle, la fierté, l'affiliation sont très importants pour la poursuite d'une activité physique. « Quand on adopte un comportement de santé, c'est souvent une question d'image », estime M. Thibault.

Ce qu'il faut éviter

Pas facile, direz-vous, de maintenir les bonnes résolutions pour rester actif. En plus des trois clés énoncées à gauche, il faut absolument faire la liste de tous les obstacles qui peuvent se dresser devant nous. Et savoir désamorcer toute situation potentiellement problématique.

Il faut se demander : que puis-je faire pour dégager du temps pour mon activité ? Et quelles sont les réponses concrètes que je peux apporter ? Par exemple : regarder mes courriels une heure plus tard, couper une émission de télévision qui me plaît plus ou moins.

C'est à ce moment-là que le candidat montrera si, oui ou non, il a la volonté de changer. En consultation, le kinésiologue Francis Gilbert, qui pratique à Saint-Jean, demande à ses clients de s'interroger sur leurs objectifs et de les garder en tête.

«Il y a des objectifs personnels en dessous de ça, une forme de défi à soi-même, de compétition.»

Francis Gilbert
Président de la Fédération des kinésiologues du Québec

Une fois qu'on sait pourquoi on le fait, il faut savoir comment court-circuiter les dangers et surmonter les contraintes ; par exemple, appeler une gardienne à l'avance, apporter un lunch ou une collation si on a peur d'avoir faim, planifier des rendez-vous avec ses amis ou ses collègues pour s'entraîner... « En planifiant les activités à l'avance et avec d'autres, il sera plus difficile de reculer », explique de son côté M. Thibault.

Pour tenir ses résolutions

Comment poursuivre sur notre lancée quand le découragement nous guette ? En observant les listes d'inscription de membres dans les centres sportifs, le consultant sportif et auteur Guy Thibault a noté que les abandons se font en général au bout de la sixième, septième ou huitième semaine après le début d'une activité physique.

Le changement de comportement en santé fonctionnerait par cycle, explique de son côté Francis Gilbert, président de la Fédération des kinésiologues du Québec. Passé le premier stade où l'on ne voit ni avantage ni intérêt dans l'activité physique, on commence, dans un deuxième temps, à y trouver un certain attrait, on se dit que ça nous ferait sans doute du bien et on s'intéresse aux activités « tendance » qui sont pratiquées autour de soi

Le troisième stade, c'est celui de la mise en action. On commence, on expérimente, on peut faire régulièrement de l'exercice, mais pas depuis longtemps. Le quatrième stade, avance M. Gilbert, s'amorce après six mois d'activité régulière. « C'est à ce stade qu'on peut dire que le comportement a changé. » Puis, à la cinquième étape, c'est la rechute. On délaisse l'activité, on est moins assidu.

La santé, mais d'abord le plaisir

Le comportement humain en santé est fait ainsi, en dents de scie, et il est donc tout à fait normal de décrocher de temps à autre. Alors, une fois bien en selle, que devons-nous faire pour éviter les rechutes ?

Il est important de se rappeler régulièrement les progrès réalisés sur le sommeil, la posture, les maux de dos, l'appétit, le souffle, la force, la musculature, la tension, l'anxiété ou le stress depuis la pratique du sport, soulignent nos deux spécialistes. L'idéal, avance M. Gilbert, serait de trouver une activité qui nous plaise à nous, à pratiquer tous les jours ou presque, et qui nous permettrait d'améliorer notre santé continuellement.

Il soulève aussi une donnée psychologique importante à considérer, souvent négligée, et qui augmente pourtant fortement le degré de motivation : l'intensité de l'activité.

«L'intensité de l'effort provoque une réaction psychologique ; plus je me dépasse, plus je suis satisfait de moi-même.»

Francis Gilbert
Kinésiologue

Les bienfaits sur la santé sont relégués au second plan dans la liste des raisons qui incitent et motivent les gens à maintenir une activité physique, derrière les sensations et les émotions. « Rien n'encourage plus que vivre un état de bien-être ou d'euphorie après une activité, surtout entre amis », nous explique Guy Thibault, docteur en physiologie et auteur.

Les faux «bons» arguments

Pour vous récompenser d'une grosse semaine au boulot, vous avez tendance à sauter l'entraînement ? Mauvaise idée... « Il ne faut pas se récompenser en se disant cette semaine, je ne fais pas d'exercices. Ça va avoir l'effet contraire. Ce n'est pas bon. Les gens assidus ont une motivation intrinsèque », constate Guy Thibault.

Et perdre du poids ? L'activité physique seule ne suffit pas, on le sait bien aujourd'hui. Ce n'est donc pas un argument solide quand vient le temps de persévérer. « C'est sûr que le maintien du poids compte, mais dire aux gens qu'ils vont perdre du poids pour les inciter à s'inscrire, c'est leur mentir. Si on fait de l'exercice juste pour perdre du poids, ça ne marchera pas. Il ne faut pas se forcer à faire une activité physique. Il faut aimer ça », souligne Francis Gilbert.

Des objectifs imposants ? Rien de plus dangereux. Avant de s'engager, il faut se donner des objectifs réalistes, se fixer des petits pas. La route semblera au début plus longue mais s'avérera accessible et motivante.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Vivre

Tous les plus populaires de la section Vivre
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer