Piqûres nocives

Le virus du Nil occidental et la maladie de Lyme ne sont pas les seules... (PHOTO ARCHIVES AP)

Agrandir

PHOTO ARCHIVES AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le virus du Nil occidental et la maladie de Lyme ne sont pas les seules maladies transmises par des insectes au Québec. Cet été, le Laboratoire de santé publique du Québec tâche de mieux cerner l'incidence des virus du sérogroupe de Californie dans la province. Ces virus transmis par des moustiques sont très répandus, mais très rarement symptomatiques. Explications.

Des maladies transmises par des insectes au QuébecQuelles maladies peuvent transmettre les insectes au Québec? Voici les plus souvent citées. Certaines sont répandues, d'autres, rarissimes.

Virus du Nil occidentalNombre de cas au Québec en 2016: 30, dont 2 morts

Transmission: Piqûre de moustique porteur du virus

Symptômes: Identifié pour la première fois au Québec en 2002, le virus du Nil occidental est asymptomatique chez quatre personnes sur cinq. Les autres peuvent présenter ce qu'on appelle la fièvre du Nil: de la fièvre, des maux de tête, des myalgies et parfois des éruptions cutanées. Moins de 1 % développe une forme sévère de la maladie avec atteinte neurologique (encéphalite, méningite ou paralysie flasque aiguë).

Traitement: Il n'y en a pas. La vaste majorité guérit sans traitement.

Virus de Jamestown Canyon et de Snowshoe HareNombre de cas au Québec en 2016: 23 (15 pour le virus de Jamestown Canyon, 8 pour celui de Snowshoe Hare), dont 5 cas d'encéphalite

Transmission: Piqûre de moustiques porteurs des virus

Symptômes: Même si la très grande majorité des gens affectés n'auront aucun symptôme, certains vont présenter un tableau clinique semblable à celui du virus du Nil occidental: fièvre, frisson, maux de tête, raideurs... Dans de rares cas, ces virus peuvent causer des encéphalites et des méningites.

Traitement: Il n'y a pas de traitement ni de vaccin spécifique. Dans la très vaste majorité des cas, le corps combat le virus par lui-même.

Maladie de LymeNombre de cas au Québec en 2016: 179

Transmission: Morsure de tique Ixodes scapularis porteuse de la bactérie Borrelia bugdorferi. Si la tique reste accrochée moins de 24 heures, le risque de transmission est faible.

Symptômes: Dans 70 à 80 % des cas, les gens présentent une rougeur de la peau qui dépasse 5 cm après quelques jours, généralement à l'endroit de la piqûre. D'autres symptômes comme de la fièvre, de la fatigue, des maux de tête, une raideur à la nuque et des douleurs musculaires et articulaires peuvent s'ajouter. Non traitée, la maladie peut causer des lésions articulaires, cardiaques et neurologiques dans les semaines, voire les années qui suivent l'infection.

Traitement: La maladie se soigne avec des antibiotiques.

Anaplasmose et babésioseNombre de cas au Québec en 2016: Aucun. À peine une douzaine de cas de ces deux maladies combinées ont été recensés au Québec entre 2006 et 2015.

Transmission: Morsure de tique porteuse de la bactérie Anaplasma phagocytophilum (anaplasmose) ou Babesia microti (babésiose)

Symptômes: S'il existe quelques différences de symptômes entre les deux, l'anaplasmose et la babésiose peuvent toutes deux provoquer de la fièvre, des frissons et des maux de tête, notamment. Chez les personnes en âge avancé ou dont le système immunitaire fonctionne mal, elles peuvent générer des complications, voire être mortelles (de 2 à 5 % pour l'anaplasmose et moins de 1 % pour la babésiose).

Traitement: Ces maladies se traitent avec des antibiotiques.

Encéphalite de PowassanNombre de cas au Québec en 2016: Aucun. Seulement 7 cas ont été recensés au Québec entre 1990 et 2009.

Transmission: Morsure de la tique porteuse du virus de l'encéphalite de Powassan

Symptômes: S'il existe des cas bénins et asymptomatiques, l'encéphalite de Powassan peut provoquer des maux de tête fébriles et de l'inflammation des parties du cerveau, de la moelle épinière et des méninges. Parmi les virus transmis par des insectes, c'est celui dont le taux de mortalité est le plus élevé (de 5 % à 15 % de mortalité, séquelles dans 50 % des cas).

Traitement: Il n'existe pas de traitement particulier.

Et le Zika?Comme les conditions climatiques du Québec ne sont pas favorables pour eux, les deux principaux vecteurs du virus Zika, les moustiques Aedes aegypti et A. albopictus, ne sont pas présents au Québec. Des cas de Québécois ayant contracté la maladie ailleurs dans le monde ont toutefois été signalés.

______________________________________________________________________________

Sources: Institut national de santé publique du Québec, ministère de la Santé et des Services sociaux, Direction de santé publique de la Montérégie et Direction de santé publique des Laurentides.

La tique met 24 heures pour transmettre la... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE) - image 2.0

Agrandir

La tique met 24 heures pour transmettre la maladie de Lyme à l'humain.

PHOTO ARCHIVES LA PRESSE

Courantes, mais... asymptomatiques«Excessivement répandus»

«Jamestown Canyon» et «Snowshoe Hare». Ces deux termes ne vous disent probablement absolument rien. Pourtant, ces deux virus (qui font partie du sérogroupe de Californie) sont «excessivement répandus» au Québec, indique le Dr Jean Longtin, directeur médical au Laboratoire de santé publique du Québec. Selon les enquêtes sérologiques menées au Canada et aux États-Unis, pas moins du quart de la population aurait déjà contracté un virus du sérogroupe de Californie. Des moustiques communs et présents partout en Amérique du Nord et à la grandeur du territoire québécois en sont porteurs. «C'est très fréquent. La raison pour laquelle on ne s'en rend pas compte, c'est que la très, très grande majorité des expositions à ces virus-là entraînent des affections asymptomatiques.»

1/100

Entre 1 personne sur 100 et 1 personne sur 1500 va développer des symptômes (comme de la fièvre, par exemple) après avoir contracté un virus du sérogroupe de Californie. Les autres ne ressentiront rien du tout et n'auront aucune complication. Ni vu, ni su, ni connu.

32 %

Selon une étude publiée en 2012, 32 % des employés de trois parcs nationaux aux États-Unis (Great Smoky Mountains, au Tennessee et en Caroline du Nord, Rocky Mountain, au Colorado, et Grand Teton, au Wyoming) ont des anticorps contre un virus du sérogroupe de Californie, ce qui indique qu'ils l'ont déjà combattu.

17

C'est le nombre de virus qui font partie du sérogroupe de Californie, un groupe de virus apparentés découvert il y a 75 ans en Californie. Le virus de l'encéphalite de Californie et les virus La Crosse, Snowshoe Hare, Jamestown Canyon et Trivittatus sont présents en Amérique du Nord. D'autres sont répandus en Europe.

Cinq cas d'encéphalite

Une très, très petite minorité de personnes va cependant développer une maladie neurologique sérieuse après avoir contracté un virus du sérogroupe de Californie. En 2016 au Québec, cinq cas d'encéphalite causée par le virus de Jamestown Canyon ont été recensés, ce qui constitue une «augmentation du nombre de cas», selon un récent appel à la vigilance destiné aux infirmières et médecins de la région des Laurentides, que La Presse a obtenu. Aucun cas n'avait été recensé en 2015 (ni cette année). Les cas recensés en 2016 l'ont été dans les régions de la Capitale-Nationale, de la Mauricie-Centre-du-Québec, de l'Estrie et de la Montérégie. Deux autres cas de myosite (inflammation des muscles) associés au virus de Jamestown Canyon sont survenus dans la région de Québec.

«Vigie rehaussée»

Comme les virus du sérogroupe de Californie sont peu connus, les médecins sont peu enclins à demander des tests de dépistage en laboratoire, constate le Dr Longtin, microbiologiste-infectiologue. L'an dernier, une trentaine de demandes de détection seulement ont été acheminées au Laboratoire de santé publique du Québec. C'est pour avoir une meilleure idée de la réelle incidence de la maladie au Québec que le Laboratoire mène un projet pilote cet été, conjointement avec le ministère de la Santé. Jusqu'au 31 octobre, les demandes d'analyse acheminées au Laboratoire pour le virus du Nil occidental (qui présente des symptômes similaires) qui s'avèrent négatives seront aussi testées pour les virus de Snowshoe Hare et de Jamestown Canyon. Cette «vigie rehaussée» permettra de «mieux suivre l'évolution de ces maladies», indique Noémie Vanheuverzwijn, des relations de presse du ministère de la Santé et des Services sociaux. «De plus, lorsque les médecins vont faire face à une encéphalite, l'objectif est qu'ils demandent aussi un test pour les virus du sérogroupe de Californie, et pas seulement pour le virus du Nil occidental», précise-t-elle.

1961

Le virus de Jamestown Canyon a été isolé pour la première fois aux États-Unis en 1961 dans un bassin de moustiques recueillis dans le Jamestown Canyon, au Colorado. Au Québec, la maladie humaine causée par le virus du Snowshoe Hare a été observée dès 1978.




publicité

publicité

Les plus populaires : Vivre

Tous les plus populaires de la section Vivre
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer