Les Américains stressés par les élections

Peu importe leur allégeance politique, la majorité des Américains... (PHOTO ROBYN BECK, AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Peu importe leur allégeance politique, la majorité des Américains sondés considèrent les élections de novembre comme une source de stress importante, selon un sondage Harris Poll réalisé la semaine dernière pour l'American Psychological Association.

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Les élections américaines sont une source importante de stress pour 52 % des Américains âgés de 18 ans et plus, indique un sondage Harris Poll réalisé la semaine dernière pour l'American Psychological Association (APA).

Chaque année depuis 10 ans, l'APA sonde les Américains sur les sources de leur anxiété, les deux champions en titre étant le travail et l'argent. Cette année, l'équipe de psychologues de l'APA a décidé de les sonder sur les effets de la campagne opposant Hillary Clinton à Donald Trump.

«Je ne sais pas si c'est parce que nous-mêmes étions très stressés par cette campagne électorale, mais on trouvait que c'était une occasion intéressante de poser la question aux Américains, nous a dit la psychologue Vaile Wright, directrice de la recherche et des projets spéciaux à l'APA, au cours d'un entretien téléphonique. Parce que c'est une campagne où il y a beaucoup d'antagonismes, de sentiments négatifs et de rhétoriques de colère.»

Fait intéressant, peu importe leur allégeance politique, qu'ils soient démocrates (55 %) ou républicains (59 %), la majorité des Américains sondés considèrent les élections américaines comme une source de stress importante.

«Les partisans des candidats n'ont jamais été aussi polarisés. Ils ont donc beaucoup d'appréhensions à l'idée de voir le candidat de leur choix perdre l'élection», indique Vaile Wright, directrice de la recherche à l'APA.

«Cette incertitude, combinée au ton acrimonieux de la campagne, crée une tension et un manque de confiance vis-à-vis du gouvernement et face à l'avenir», analyse Vaile Wright.

Anxiété et médias sociaux

Malgré le ton particulièrement belliqueux de cette campagne, toutes les élections ne sont-elles pas une source de stress? «Oui, c'est sûr, répond Mme Wright, et je pense que ce serait très intéressant de comparer le niveau de stress d'une élection à l'autre - ce que nous ferons peut-être -, mais cette élection est quand même particulière, notamment en raison du rôle des médias sociaux.»

Le sondage de l'APA révèle que l'exposition quotidienne aux médias sociaux est une source de stress spécifique pour 38 % des répondants. Articles, photos, vidéos, commentaires, tous les détails de la campagne défilent devant les Américains 24h sur 24. L'Association va jusqu'à recommander à ses concitoyens de limiter leur «consommation» de médias, tout en les rassurant sur la «transition pacifique» du changement de gouvernement. 

Même si les informations que l'on retrouve dans les médias sociaux ne sont pas toujours vérifiées ou même fiables, les Américains n'ont pas plus confiance dans les médias traditionnels. «Oui, c'est un paradoxe», admet Mme Wright.

«C'est pour ça qu'on conseille aux gens de ne pas passer trop de temps sur les médias sociaux, mais on ne peut pas leur dire ce qu'ils doivent lire.»

Écart générationnel

L'une des surprises du sondage concerne les personnes âgées de plus de 71 ans.

«Depuis 10 ans, les aînés sont ceux qui sont le moins stressés, explique Vaile Wright. Ce sondage indique qu'ils sont les plus affectés par les élections américaines. Ils sont inquiets pour l'avenir de leurs enfants et par le ton violent des échanges. Les questions de sécurité sociale et d'accès aux soins de santé, qui les préoccupent, sont absentes du débat. Ça aussi, ça les préoccupe.»

Quant aux jeunes âgés de 18 à 37 ans (la génération Y), ils sont les plus stressés, toutes catégories et sujets confondus, en particulier concernant les élections américaines.

«Je pense qu'ils entrent sur le marché du travail avec des dettes importantes [en raison de leurs prêts étudiants], et dans un marché difficile où les salaires et les conditions de travail ne sont pas toujours optimaux et ne leur permettent pas de rembourser ces dettes. Encore une fois, des questions qui sont absentes du débat public durant les élections.»

L'American Psychological Association (APA) aimerait bien répéter l'expérience dans quatre ans, justement pour pouvoir faire des comparaisons. En ajoutant des commentaires plus précis sur les causes spécifiques des tourments générés par les élections.

Est-ce qu'un sondage sera fait le lendemain de l'élection? «Non, répond Mme Wright, ce n'est pas dans nos plans, mais ça pourrait être intéressant. Une chose est sûre, ce stress ne disparaîtra pas du jour au lendemain.»

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