L'obésité, fléau mondial en pleine expansion

Treize pour cent des adultes sont obèses dans le monde, un chiffre qui pourrait... (PHOTO THINKSTOCK)

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Elisabeth Zingg
Agence France-Presse
Paris

Treize pour cent des adultes sont obèses dans le monde, un chiffre qui pourrait atteindre 20% d'ici à 2025, préviennent des chercheurs dans une nouvelle étude qui souligne l'étendue de cette catastrophe sanitaire.

Si des politiques de lutte contre l'obésité ne sont pas mises en oeuvre «rapidement» dans le monde, des «conséquences sanitaires d'une ampleur inconnue» sont à craindre, avertit le professeur Majid Ezzati de l'Imperial College de Londres, qui a coordonné cette étude publiée dans la revue médicale britannique The Lancet.

L'obésité «a un gros impact en termes de santé, en favorisant les maladies cardiovasculaires, les cancers, mais également d'autres pathologies comme l'arthrose», rappelle pour sa part le Dr Pierre Azam, président de l'Observatoire français de l'obésité.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), une personne est considérée comme obèse lorsque son indice de masse corporelle (IMC, qui correspond au rapport entre poids et taille) dépasse les 30 kg/m2.

Au-delà de 35, on parle d'obésité sévère.

En 40 ans, l'IMC moyen est, selon l'étude, passé de 21,7 à 24,2 chez les hommes et de 22,1 à 24,4 chez les femmes adultes, soit une augmentation de poids de 1,5 kg tous les 10 ans en moyenne.

En se basant sur les données obtenues auprès de 19 millions de personnes dans 186 pays, l'étude évalue le nombre d'obèses adultes à 641 millions en 2014 (375 millions de femmes et 266 millions d'hommes), soit 13% de la population mondiale adulte. En 1975, ils n'étaient que 105 millions.

«Si la progression de l'obésité se poursuit au même rythme, en 2025 environ un cinquième des hommes (18%) et des femmes (21%) seront obèses dans le monde tandis que 6% des hommes et 9% des femmes seront atteints d'obésité sévère», s'inquiètent les auteurs.

Le pourcentage des obèses a triplé chez les hommes, passant de 3,2% en 1975 à 10,8% en 2014, et plus que doublé chez les femmes (passant de 6,4% à 14,9%), avec des disparités très importantes selon les pays.

L'obésité constitue désormais «un problème important de santé publique» dans de nombreuses régions à revenu intermédiaire (Pacifique, Moyen-Orient, Afrique du nord, certains états d'Amérique du sud ou des Caraïbes), relève l'étude.

Les pays riches anglophones sévèrement touchés

Si l'IMC est resté globalement stable entre 1975 et 2014 chez les femmes japonaises et la plupart des femmes européennes, les six pays riches anglophones (États-Unis, Royaume-Uni, Australie, Canada, Irlande et Nouvelle-Zélande) présentent des résultats nettement plus inquiétants: ils accueillent aujourd'hui un cinquième des adultes obèses dans le monde (soit 118 millions de personnes), et 27% des obèses sévères (50 millions).

La palme revient toutefois à la Polynésie et à la Micronésie, des îles du Pacifique où 38% des hommes et la moitié des femmes adultes sont obèses.

Pour le Dr Adam, l'épidémie d'obésité s'explique principalement par la mondialisation des «mauvaises habitudes alimentaires» qui risquent d'être difficiles à combattre «à cause des lobbies agro-alimentaires».

Il pointe également du doigt des repas «pris à la va-vite, à n'importe quelle heure, en fonction de ses envies» dans les pays anglo-saxons qu'il oppose à la tradition encore vivace des repas pris en commun dans les pays latins où l'obésité augmente moins vite.

À l'inverse, l'insuffisance pondérale - ou sous-poids - (IMC inférieur à 18,5) liée à la malnutrition reste un problème majeur dans d'autres régions du monde, comme l'Asie du Sud ou certains États d'Afrique.

Selon l'étude, près d'un quart de la population était en sous-poids en Asie du sud en 2014, contre 12% à 15% de la population en Afrique centrale et orientale.

Le Timor-Leste (nom officiel du Timor oriental), l'Éthiopie et l'Érythrée avaient les IMC moyens les plus bas du monde en 2014, aux environs de 20.

Le sous-poids est tenu pour responsable d'une mortalité accrue chez les femmes et les très jeunes enfants avant et après l'accouchement, et accroît le risque de décès lié à des maladies infectieuses comme la tuberculose.

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