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Les ados victimisés sont 5 fois plus susceptibles d'avoir des idées suicidaires

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L'étude publiée dans le Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry ajoute que ces jeunes ont aussi près de six fois plus de risques de tenter de se suicider à 15 ans.

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La Presse Canadienne
Montréal

Les adolescents victimisés constamment pendant deux années scolaires sont cinq fois plus susceptibles d'avoir des idées suicidaires que des adolescents non victimisés, prévient une étude réalisée par une chercheuse de l'Institut universitaire en santé mentale Douglas et du CHU Ste-Justine.

L'étude publiée dans le Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry ajoute que ces jeunes ont aussi près de six fois plus de risques de tenter de se suicider à 15 ans.

Cette étude serait la première à établir une association prédictive entre la victimisation, les idées suicidaires et la tentative de suicide à la mi-adolescence. L'étude a été réalisée à partir des données de l'étude longitudinale du développement des enfants du Québec, un échantillon de 1168 enfants nés en 1997-98 au Québec et suivis jusqu'à l'âge de 15 ans.

Les taux d'idéations suicidaires sont de 11,6% à 13 ans et de 14,7% à 15 ans chez les jeunes intimidés. Quant aux tentatives de suicide, les taux atteignent 5,4% à 13 ans et 6,8% à 15 ans, a dit la docteure Marie-Claude Geoffroy.

L'étude, ajoute-t-elle, a permis d'observer que ces taux sont beaucoup plus élevés chez les jeunes intimidés comparativement à ceux qui ne le sont pas. Dans ce cas, on rapporte plutôt des taux d'idéation suicidaire de 2,7% à 13 ans et de 4,1% à 15 ans, ainsi que des taux tentatives de suicide de 1,6% à 13 ans et de 1,9% à 15 ans.

Les adolescents âgés de 13 ans et victimes de leurs pairs ont deux fois plus de risques de penser au suicide deux années plus tard et trois plus de risques d'essayer de mettre fin à leur vie.

D'une façon générale, près de 20% des participants à l'étude rapportent avoir été intimidés par d'autres adolescents du même âge. La victimisation inclut notamment l'utilisation de mots blessants, la propagation de rumeurs, l'exclusion volontaire d'un groupe, l'agression physique ou la cyberintimidation.

«Bien que la victimisation par les pairs prédit les idéations suicidaires et les tentatives de suicide, elle ne cause pas nécessairement ces problèmes et la prédiction ne s'applique pas à tout le monde, précise Marie-Claude Geoffroy. Seulement une minorité de victimes vont développer plus tard des idéations suicidaires ou faire une tentative de suicide. À l'heure actuelle, nous ne savons pas encore qui sont les personnes les plus vulnérables aux effets de l'intimidation.»

Les auteurs proposent une intervention combinant des efforts multidisciplinaires pour vaincre l'intimidation impliquant les parents, les enseignants, les directeurs d'école et les professionnels de la santé mentale. Tous les adolescents victimisés ou non qui pensent souvent ou sérieusement au suicide devraient voir un professionnel de la santé mentale, comme un psychiatre, un psychologue ou un psychothérapeute accrédité.

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