TDAH... Un avantage, aussi

Le trouble déficitaire de l'sttention ne devrait être... (Photomontage La Presse)

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Le trouble déficitaire de l'sttention ne devrait être perçu comme un handicap, croit la psychologue Diane Dulude.

Photomontage La Presse

T.D.A.H. Et si ces quatre lettres n'étaient pas qu'un synonyme de difficultés ? Se pourrait-il qu'elles octroient plutôt un atout, une carte cachée au jeu de ceux qui les portent ?

La Dre Diane Dulude, psychologue et auteure du livre TDAH, une force à rééquilibrer, refuse d'aborder la question sous l'angle « du handicap ». « On cible ces enfants comme différents, et différents en termes de handicap, ou de déficit... Il faut d'abord commencer par renverser la façon de les voir. »

La psychologue illustre la situation ainsi : un enfant avec un TDAH a des « frontières interpersonnelles très souples ». Ainsi, s'il y a un bruit à gauche, il s'y attardera, même si ses copains ont tous les yeux rivés à droite. C'est plus fort que lui.

Cependant, cette façon de voir le monde constamment sous un angle différent peut faire de lui un être original, unique. Cette fameuse pensée « à l'extérieur de la boîte » que recherchent tant d'entreprises, ces jeunes la posséderaient souvent naturellement. « Ce processus créateur peut être positif ! », assure la psychologue.

Le défi des enfants atteints d'un TDAH serait d'apprendre à travailler avec leur personnalité, pour profiter de cet avantage. Lorsqu'elle les reçoit en clinique, Diane Dulude s'intéresse notamment au regard que ces jeunes ont d'eux-mêmes. « Ce qui nuit vraiment, c'est la définition de soi en terme de déficit. Je trouve ça néfaste », ajoute-t-elle.

L'enfant doit ensuite apprendre à comprendre son mode de fonctionnement à lui, et adapter sa façon d'aborder les travaux scolaires, mais aussi les tâches quotidiennes et les rapports avec les autres.

À l'école, par exemple, s'il doit écrire un texte, il gagne d'abord à coucher toutes ses idées sur papier, pêle-mêle. Ensuite, il pourra les structurer en paragraphes. Sa créativité naturelle demeure, et en prime, il voit plus clair au moment de la rédaction.

« Parce que l'enfant avec un TDAH, quand il écrit, il se voit déjà en train de faire la présentation orale, déguisé d'une telle façon, avec tel accessoire... avant même d'avoir écrit une seule ligne », raconte la psychologue.

LES DEVOIRS... OU L'EVEREST ?

Difficile, toutefois, d'exprimer son plein talent créatif tout le temps et en toutes circonstances. Dix numéros de maths à faire pour le lendemain ? Six tâches à effectuer tous les matins avant le départ pour l'école ? C'est là que ça coince, bien souvent, en convient la psychologue. Une chose à la fois... aussi bien dire une éternité !

Dans ces situations, « les enfants avec un TDAH ont l'impression qu'on leur vole leur vie. Quand ils s'assoient pour faire les devoirs, ils ont l'impression que tout est fini, qu'ils ne feront plus rien jusqu'à ce qu'ils aillent se coucher », illustre l'auteure.

Là encore, une meilleure compréhension de soi-même peut être bénéfique. Un jeune peut constater qu'il travaille mieux s'il fait du sport une heure après l'école, ou encore s'il divise la période des devoirs (ou des tâches ménagères !) par de courtes escapades à l'extérieur.

La psychologue précise toutefois que, pour les tâches plus difficiles, des parents tombent dans le piège de l'encadrement excessif. Ils suivent leur enfant à la trace, et du coup, les rendent dépendants.

« L'enfant dans cette situation n'intègre pas son mode de fonctionnement. Si tu enlèves la structure extérieure - dans ce cas, la présence des parents - , ça ne fonctionne pas. L'enfant a besoin d'un allié, pas d'un sauveur. »

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