TDAH et sport: «une question de survie»

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Louise a bouleversé son quotidien afin que ses fils atteints du TDAH bougent beaucoup et puissent réussir à l'école.

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Louise* en connaît un rayon sur le trouble du déficit de l'attention. Mère de deux garçons, tous deux touchés par le TDAH, elle a bouleversé son quotidien pour les appuyer. Ils sont aujourd'hui adolescents, mais dès l'école primaire, un constat s'est imposé : le sport était leur meilleur allié.

Jogging avant le début des classes, sports compétitifs intégrés à l'horaire familial, heures de dîner à jouer au parc... l'activité physique s'est avérée absolument nécessaire à leur fonctionnement en classe, et à la maison. Pour arriver à tout concilier, Louise a dû quitter un emploi bien rémunéré et accepter de vivre avec les aléas de contrats moins réguliers.

Si elle se réjouit de voir que des études pourraient un jour mener à des programmes d'activité physique intégrés à l'école, elle croit aussi que les parents ont également un grand rôle à jouer dans le quotidien des enfants avec un TDAH.

Q: Comment avez-vous intégré le sport dans le quotidien de vos enfants ?

R: Si mon plus jeune, plus particulièrement, avait du hockey ou du soccer dans la journée, ça allait. Mais si ce n'était pas le cas, je mettais son sac à dos dans l'auto le matin, et je le suivais pendant qu'il courait jusqu'à l'école. Ça lui prenait 15-20 minutes.

Q: Cette activité avait-elle un grand impact sur le quotidien ?

R: Ah, oui ! On le voyait aussi dans la gestion de son stress, de son anxiété. Et ça dort mieux le soir quand on a bougé dans la journée. Ça avait un impact à l'école, comme à la maison. C'est particulièrement important pour les enfants avec un TDAH. Mon plus jeune s'apaisait dans le sport.

Q: Si vous en faisiez autant, était-ce parce que votre fils ne bougeait pas suffisamment pour ses besoins à l'école ?

R: Ils coupaient des périodes d'éducation physique ! Il restait la récréation et l'heure du dîner, mais souvent, dans la cour d'école, ils n'ont même pas le droit de courir, de peur qu'ils se fassent mal ! Au début de son primaire, j'allais souvent le chercher sur l'heure du dîner, et on allait courir au parc, ou ailleurs. (...) Parfois on tombe sur du personnel plus tolérant, qui laisse les enfants bouger. Parfois ce n'est pas le cas.

Q: Iriez-vous jusqu'à dire que, pour vos enfants, l'école a été comme un coup de dés, en fonction des adultes qui intervenaient auprès d'eux année après année ?

R: Il y a des profs qui tolèrent le mouvement, et là, on n'est pas obligés d'augmenter la médication. C'est fou ce que je dis, mais c'est vrai ! Y a des moments où on va recevoir des messages tous les jours, comme du harcèlement... Il y a des profs qui comprennent, et d'autres moins. Et à un moment donné, tu as beau les faire bouger, surtout au début du primaire... des fois il faut augmenter le dosage de la médication pour que ça fonctionne en classe.

Q: Ça doit être difficile à gérer, comme parent...

R: Oui ! Toutes les années, c'était la roulette chanceuse...

Q: Ça vous a demandé beaucoup de temps, beaucoup d'implication...

R: Quand on a décidé d'avoir des enfants, c'était le projet le plus important de notre vie, et on y a investi ce qu'il fallait. Ces enfants-là, avec leur évolution, ils nous l'ont rendu au centuple ! Chaque geste qu'on faisait, oui, peut-être que c'était siphonnant certaines journées, mais après, quand on voit le résultat... ouf ! Quand ils reviennent avec des examens, et qu'ils sont au-dessus de 80, 90 %, on sait qu'il y a de l'ouvrage là !

Q: Vous avez adapté votre vie professionnelle à vos enfants, mais plusieurs parents vous répondront qu'ils n'ont ni les moyens ni le temps de le faire...

R: À un moment donné, il faut faire des choix ! Non mais, je l'ai trop entendue, celle-là. « Je n'ai pas le temps ! » Prends-le, le temps ! C'est pour sa vie, à ton enfant. On fait les bases d'une vie. Si on ne le fait pas, qui va le faire ? À l'école, les enfants ne sont pas élevés : ils sont supervisés. Quand j'ai quitté mon emploi pour donner du temps à mes enfants, qui en avaient besoin, ça a fait un méga trou dans notre budget. Mais on l'a fait, ce choix... pour avoir une famille fonctionnelle. [...] Pour nous, c'était une question de survie. Je ne dis pas d'aller à l'école tous les midis, mais il y a moyen d'aménager des choses pour ses enfants...

Q: Avez-vous l'impression que votre implication vous a aidés à obtenir des services, à l'école de vos enfants ?

R: C'est donnant donnant, souvent. Si l'école voit qu'on met de l'énergie, qu'on est impliqués, c'est certain que nos demandes passent mieux. Il y a moyen de le faire, même en travaillant à temps plein.

*Afin d'assurer l'anonymat de ses fils, Louise a demandé qu'on ne révèle pas son nom de famille.

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