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Les drogues consommées en Europe de plus en plus nocives

L'OEDT note également une réémergence préoccupante d'ecstasy fortement... (Photo David Boily, archives La Presse)

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L'OEDT note également une réémergence préoccupante d'ecstasy fortement dosé, qui semble marquer une reprise du marché, comme en témoigne le démantèlement en 2013 en Belgique et aux Pays-Bas des deux plus grands sites de production de drogue jamais découverts dans l'UE.

Photo David Boily, archives La Presse

Cécile AZZARO
Agence France-Presse
LISBONNE

Nouvelles drogues de synthèse particulièrement puissantes, hausse des overdoses dans certains pays, substances plus fortement dosées: les drogues consommées en Europe sont de plus en plus nocives pour la santé, alerte mardi l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) dans son rapport annuel.

Plus de 80 millions d'Européens, soit un quart de la population adulte de l'UE, ont consommé une drogue illicite à un moment de leur vie, rappelle le rapport présenté à Lisbonne.

Malgré quelques «signes positifs» en matière de santé publique, «des évolutions préoccupantes enregistrées dans certains pays» et «l'apparition de nouvelles menaces» ne laissent «pas de place à l'autosatisfaction», a déclaré Wolfgang Götz, directeur de l'OEDT, lors d'une conférence de presse.

«Les drogues que nous observons aujourd'hui sont à de nombreux égards bien différentes de celles que nous connaissions auparavant», a-t-il prévenu. Ainsi, de «nouvelles substances psychoactives» de synthèse, non réglementées par le droit international, parce qu'insuffisamment connues, «apparaissent sans cesse sur le marché de la drogue», où elles ont pour but d'imiter, voire de remplacer les drogues réglementées, note le rapport.

Alors que la consommation d'héroïne ou de cocaïne est en baisse, «les drogues de synthèse continuent leur invasion, dans un marché complexe et dynamique», a insisté Paul Griffiths, directeur scientifique de l'OEDT.

Ces nouvelles drogues, produites dans des laboratoires clandestins européens ou importées de Chine et d'Inde, sont souvent vendues sur internet, comme «euphorisants légaux» (légal highs) ou «produits chimiques destinés à la recherche» (research medicals).

Avec 81 nouvelles drogues détectées en 2013, le système d'alerte précoce européen (EWS) subit «une pression croissante», note l'OEDT. Au total, il surveille plus de 350 substances psychoactives, régulièrement soupçonnées d'intoxications ou de décès. C'est par exemple le cas du MDPV, composant principal de la drogue dite «sels de bain», associé à 99 décès surtout en Finlande et au Royaume-Uni.

Mais leurs effets très puissants ne nécessitent que de faibles concentrations dans le sang et les rendent parfois quasiment indétectables en cas de décès. De plus, «des quantités infimes peuvent être utilisées pour produire de multiples doses. Nous commençons à peine à appréhender les conséquences futures de cette évolution pour la santé publique et le contrôle de la drogue», prévient M. Götz.

Même si globalement le nombre de décès liés aux drogues est en baisse en Europe (6100 décès par surdose en 2012 contre 6500 en 2011), certains pays (Estonie, Norvège, Irlande, Suède et Finlande) ont accusé une hausse préoccupante du nombre de décès par surdose, note le rapport.

Ecstasy et cannabis fortement dosés

L'héroïne est toujours impliquée dans de nombreux cas de surdose, mais le taux de décès liés à cette drogue est de manière générale en baisse. À l'inverse, le taux de mortalité lié aux opiacés de synthèse qui la remplacent est en hausse dans certains pays.

Autre inquiétude, l'usage de méthamphétamine, jusqu'alors limité à la République tchèque et la Slovaquie, semble s'étendre (Allemagne,Grèce, Chypre, Lettonie et Turquie), avec des pratiques de consommation à risque.

L'OEDT note également une réémergence préoccupante d'ecstasy fortement dosé, qui semble marquer une reprise du marché, comme en témoigne le démantèlement en 2013 en Belgique et aux Pays-Bas des deux plus grands sites de production de drogue jamais découverts dans l'UE.

Pour le cannabis, drogue la plus consommée en Europe (2050 tonnes en 2013) -avec une consommation globalement stable ou en baisse-, la tendance est aussi à une hausse de la teneur en principe actif (le THC), aussi bien pour la résine, majoritairement importée du Maroc, que pour l'herbe, qui domine désormais le marché européen. Avec les nouvelles technologies, la production locale, de plus en plus liée aux réseaux criminels, s'étend dans toute l'Europe.

Mais à l'inverse, la teneur en CBD, un antipsychotique contenu dans le cannabis, diminue et «des situations d'urgence aiguë», notamment lorsque de fortes quantités ou du cannabis fortement dosé sont consommés, ont été enregistrées, note l'OEDT.

Par ailleurs, des produits de synthèse analogues au cannabis (cannabinoïdes) et pouvant être «extrêmement puissants» font leur apparition, avec des «effets néfastes préoccupants».




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