Lorsque l'équitation devient thérapeutique

Dans ce manège de Sorel, les enfants sont... (Photo Annie Bourque, collaboration spéciale)

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Dans ce manège de Sorel, les enfants sont encadrés par des éducateurs spécialisés.

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Annie Bourque

Collaboration spéciale

La Presse

Une fois par semaine, ils oublient qu'ils ont un handicap, une maladie, une différence. À dos de cheval, ils améliorent leur motricité, leur équilibre, leur concentration. Ils ont moins de 12 ans et tentent, grâce à l'équitation thérapeutique, de surmonter leurs difficultés, de profiter du moment, tout simplement. Un dossier d'Annie Bourque.

Tous les dimanches matin, ils montent leur cheval, fiers de ce qu'ils accompliront le temps d'une séance. Olivier, 10 ans, Kamille, 6 ans, et Mégane, 11 ans, sont quelques-uns des enfants qui pratiquent l'équitation thérapeutique à l'intérieur d'un manège équestre de Sorel.

«On enseigne des techniques d'équitation à ces enfants qui souffrent de différents handicaps qui affectent leur développement physique et psychologique», explique Éliane Trempe, fondatrice des Amis de Joey et directrice du Centre d'apprentissage en thérapie équine-Québec (CATEQ).

Avant de commencer le cours, Olivier prend tout doucement le temps de brosser son cheval, de le caresser, de lui parler. Sur place, il est entouré d'un instructeur d'équitation et de deux bénévoles. Son instructrice Cassandra Leblanc, éducatrice spécialisée de formation, s'assure de bien vérifier l'équipement.

Son accompagnatrice Louise Boisvert, bénévole dans la cinquantaine, le tient par la main. Tous les deux sourient à Dominique Cournoyer, la maman assise tout près.

Olivier souffre de dyspraxie, un trouble qui touche la coordination de ses mouvements, le développement de son langage, sa motricité fine et globale.

Depuis l'âge de 4 ans, le gamin à l'air enjoué vient régulièrement suivre la thérapie. Lors de notre visite, il lève fièrement ses bras dans les airs, en position horizontale. «Ce sont des exercices de rotation qui lui permettent de travailler son équilibre. Son bassin suit le mouvement du cheval», observe Éliane Trempe.

Sa mère note les nombreux progrès réalisés au cours des six dernières années. «Olivier a amélioré son tonus musculaire, son équilibre et sa posture. Il a appris à s'exprimer plus clairement en répétant le nom du cheval, Domino, durant la séance.»

Olivier souffre d'un déficit d'attention, et l'équitation l'a aidé à améliorer sa capacité de concentration. «C'est merveilleux. Il écoute très bien les consignes, ce qui était loin d'être le cas au début», indique Mme Cournoyer.

Dans l'écurie, les instructrices Cassandra Leblanc et Jessica Raymond parlent avec enthousiasme de leur passion. «L'équitation thérapeutique a un impact sur la confiance, l'estime de soi et l'autonomie», disent-elles d'un commun accord.

En décembre, Oliver a été en mesure de conduire seul son cheval, de le mettre au pas et de le faire tourner. «Après six ans d'équitation, il est capable d'être autonome. Pour lui et ses parents, cela représente une belle victoire», ajoute Mme Trempe.

Une motivation pour surmonter la maladie

La petite Kamille, 6 ans, semble très à l'aise au contact du cheval Fanie, qu'elle brosse avec une certaine tendresse. Pendant sa séance, sa mère Magalie Nadeau raconte son histoire.

«Kamille souffre d'une maladie rare: l'arthrite systémique, plus connue sous le nom de maladie de Still. À l'âge de 8 mois, elle a attrapé ce virus qui se caractérise par des poussées de fièvre pouvant atteindre 40 degrés Celsius.»

Au quotidien, Kamille doit prendre 26 médicaments par jour, dont des antidouleurs puissants comme la cortisone et la morphine. «Quand Kamille tient les rênes du cheval, elle est très fière. Elle a commencé à marcher à 3 ans. C'est encore difficile pour elle de s'habiller, de monter et de descendre les marches.»

Mme Nadeau n'a que de bons mots à l'égard de l'équitation thérapeutique. «Kamille a fait plus de progrès en l'espace d'un an qu'en cinq ans de physiothérapie.»

La présence de l'animal est pour sa fille synonyme de bonheur et, surtout, d'une immense fierté. «Elle développe ses muscles, son équilibre et sa mobilité. C'est bon pour son moral et son estime de soi.»

Plus tard, Kamille rêve d'être cavalière. «Je suis convaincue que sa passion pour les chevaux lui permet de vouloir continuer à se battre contre la maladie», dit sa mère, les yeux humides.

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