Alzheimer: l'art comme thérapie

Visites au musée, ateliers de musique, peinture sur soie: un nombre croissant... (PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE)

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Agence France-Presse
Paris

Visites au musée, ateliers de musique, peinture sur soie: un nombre croissant de centres d'accueil pour malades d'Alzheimer proposent des ateliers «d'art-thérapie» aux bénéfices multiples pour les patients, en l'absence de traitement véritablement efficace.

«Face à des médicaments qui ne guérissent pas, il nous reste les traitements non médicamenteux pour lutter contre les complications, resocialiser et revaloriser le patient», explique la gériatre Florence Bonté, responsable de l'hôpital de jour psycho-gériatrique de la Fondation Sainte-Marie à Paris.

Émile, 79 ans, qui souffre d'Alzheimer depuis six ans, est particulièrement fier de son petit plateau de céramique, confectionné lors d'un des ateliers organisés par cette fondation située à Paris et dont la mission est d'aider les personnes dépendantes et malades.

«Mon mari était un grand bricoleur avant sa maladie. Il ne peut plus rien faire aujourd'hui. Ce petit plateau lui a rendu sa fierté», témoigne sa femme Monique.

Les bénéfices de l'art-thérapie sont nombreux. Le premier d'entre eux est sans doute de permettre aux patients de renouer la communication avec l'entourage, explique Dr Bonté.

«Dans les ateliers d'art-thérapie, on voit des patients qui se remettent à parler, à s'exprimer, à émettre des opinions», explique la gériatre.

L'autre bénéfice observé concerne la concentration. Les participants à un récent atelier de céramique organisé à la Manufacture de Sèvres sont sans problème restés concentrés pendant près de deux heures, le temps de la séance, chose qui ne leur arrivait plus chez eux, témoigne Laurence Lods, organisatrice de l'atelier.

«L'anxiété et la dépression vont être apaisées par ces pratiques parce que le patient va devenir acteur, va produire quelque chose, va pouvoir montrer un objet, un dessin à sa famille», explique le Dr Bonté.

Promoteur d'une méthode de soin par la musique, Stéphane Guétin souligne que de nombreuses études démontrent l'intérêt de la musicothérapie dans le traitement de l'anxiété et de la douleur.

La musique n'est pas qu'un agréable passe-temps pour malades âgés: «Elle permet d'éviter la dépression et le recours aux anxiolytiques, et agit aussi sur l'agitation et l'agressivité», explique-t-il.

Ces ateliers de musicothérapie figurent parmi les recommandations de la Haute autorité à la Santé (HAS) pour la prise en charge des malades d'Alzheimer.

«L'une des composantes essentielles de la maladie d'Alzheimer sur laquelle la musique va avoir un impact, ce sont les troubles affectifs. La personne sera valorisée, aura une meilleure estime de soi et parviendra à une meilleure socialisation», explique M. Guétin.

«Le but de l'art-thérapie c'est avant tout de favoriser la qualité de vie. Des indicateurs montrent qu'en améliorant la qualité de vie, en réduisant l'anxiété et la dépression, on réduit l'importance des troubles cognitifs chez les malades d'Alzheimer», indique-t-il.

Actuellement, 860 000 personnes souffrent en France de cette forme de démence, soit une personne sur dix après 65 ans. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime dans le monde à 35 millions les malades de démence (dont Alzheimer est la forme la plus fréquente), chiffre qui devrait tripler d'ici 2050.




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