Toute la vérité sur la date de péremption

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Photo: Alain Roberge, archives La Presse

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«Les gens pensent qu'il y a un monstre qui s'installe dans la boîte dans la nuit du 3 au 4!» lance Ginette Bourgeois. Cette spécialiste de la salubrité des aliments ne craint pas de manger des aliments après la date de péremption indiquée sur l'emballage. Souvent bien après....

Elle avait d'ailleurs eu la gentillesse d'apporter une petite collation lors de notre entrevue: un yogourt, parfum au choix, mais dont la date d'expiration remontait au mois d'octobre 2009.

 

Quelle délicate attention!

«Je ne conseille pas aux gens de faire ce genre d'expérience à la maison. Moi, je fais des tests dans mon frigo. Je sais qu'ils ont toujours été conservés à la bonne température», explique Ginette Bourgeois. Les conditions de conservation sont, dans certains cas, plus importantes que la date de péremption.

Ce yogourt périmé depuis le mois d'octobre était effectivement excellent. Aucune altération du goût ou de la texture. Impeccable.

«Ce n'est pas un aliment potentiellement dangereux», précise Ginette Bourgeois, qui explique que l'acidité du yogourt aide à le préserver.

Alors, les dates de fraîcheur sont un leurre?

La date de péremption a été choisie à la suite de tests organoleptiques, répond cette spécialiste. On indique à quel moment le produit est à son mieux, pour ce qui est du goût et des valeurs nutritives, précise Ginette Bourgeois, un pot de mayonnaise Kraft périmé depuis huit mois et une vinaigrette de la même entreprise «meilleure avant» 2008 entre les mains. «La vinaigrette est peut-être moins savoureuse, mais elle n'est pas dangereuse», conclut-elle.

La date de fraîcheur aide aussi à maintenir une bonne rotation des aliments au supermarché.

Dans certains cas, c'est une habile stratégie marketing, croit la nutritionniste Johanne Verge, du collège Maisonneuve.

La loi n'oblige pas les fabricants de produits dont la durée de vie excède 90 jours à mettre une date de péremption sur les emballages. Plusieurs le font tout de même, explique-t-elle, ce qui peut mener à un triste gaspillage. Les consommateurs craignent les aliments périmés, mais une vinaigrette commerciale a un pH assez bas et de nombreux additifs qui la font survivre bien au-delà de la date indiquée par son fabricant. «Peut-être que son goût changera, dit Johanne Verge. Mais si le contenant est bien scellé, il n'y aura pas de problème pour la santé du consommateur.»

«Les emballages sont très high tech, précise sa collègue Chantale Arseneau. Donc les aliments se conservent très longtemps.» Y compris dans une traditionnelle boîte de conserve. Même pour la viande. Si la boîte n'est pas endommagée, on peut y conserver un aliment durant des années.

On ne peut évidemment pas avoir le même raisonnement avec la viande fraîche, les oeufs et les aliments préparés qui contiennent un haut taux de protéines, indiqué dans le tableau des valeurs nutritives.

Les protéines sont la première source d'inquiétude, explique Chantale Arseneau, car il s'agit de nourriture pour les bactéries. Si un aliment est conservé à la mauvaise température, leur croissance est exponentielle.

Encore une fois, la température de conservation des aliments est cruciale. «Un litre de lait peut être daté du 15 mars, mais il ne sera plus bon s'il a passé quatre heures à la température de la pièce», dit Ginette Bourgeois. Alors qu'un paquet de viande conservé loin de la petite ampoule du frigo pourra rester frais des jours après la date indiquée sur l'emballage. À l'inverse, s'il a passé des heures dans la voiture parce que l'épicerie était le premier arrêt des courses du samedi, il peut se détériorer rapidement.

Le risque, c'est qu'on ne peut pas se fier simplement à ses yeux ou à son nez pour juger un aliment. «Ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de mauvaise odeur ou de signe apparent de dégradation qu'un aliment est sûr», dit Johanne Verge.

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