Lili Co.: abats et cie

En plus des abats, les propriétaires du Lili... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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En plus des abats, les propriétaires du Lili Co. ont mis au menu des valeurs sûres, comme des raviolis maison et du magret de canard.

Photo Bernard Brault, La Presse

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Un bistro de quartier qui se spécialise dans les abats sans pour autant négliger les clients qui n'en raffolent pas? C'est le pari que tient Lili Co. dans son minuscule local de la rue Mentana.

La proposition d'origine était plus radicale. Ouvert l'automne dernier dans l'espace autrefois occupé par le Bistro Bienville, ce restaurant de 28 places avait presque tout misé sur les abats. Pourquoi pas? Ces morceaux longtemps négligés dans la cuisine nord-américaine suscitent maintenant une certaine curiosité. Les chefs capables de les interpréter ont un bel avenir devant eux.

L'avenir, hélas, se fait parfois attendre. Le jeune couple de propriétaires a dû se rendre à l'évidence: l'abat n'est pas encore un goût acquis par tous. Et quand l'un des convives lève le nez, c'est toute la tablée qui s'en va. Ils ont donc ajouté des valeurs sûres, comme des raviolis maison et du magret de canard, tout en conservant une sélection intéressante d'organes en tout genre. Nous avons ainsi pu goûter de la cervelle et des foies de poulet lors de notre visite, en plus du boudin. Pas mal pour une carte de 10 choix.

La section «snacks» est composée de bouchées servies en très petites portions: deux petits morceaux de cervelle, trois foies, quelques pakoras (beignets de légumes), etc.

Fondantes à l'intérieur et bien croquantes à l'extérieur, les pépites de cervelle de veau ont un aspect fantaisiste parfaitement irrésistible. On en prendrait davantage. Les pakoras ont également un petit côté ludique, gracieuseté de l'halloumi, ce fromage à griller à texture élastique qui côtoie les feuilles de chou de Bruxelles à l'intérieur de la croquette. Mais c'est l'assiette de foies de poulet qui s'est révélée la plus jolie de la soirée. Des foies poêlés enduits d'une belle laque de jus de pomme luisante, une garniture de beurre de graines de citrouille vert tendre saupoudré de pistaches grillées, du feuillage de céleri qu'on dirait soufflé par le vent, quelques rondelles de radis translucides: rafraîchissant pour l'oeil comme pour le palais.

Quant aux «plats», ils ont ce format intermédiaire qu'on trouve partout, à mi-chemin entre une entrée et un plat principal.

Le boudin noir, comme la pieuvre, ne nous surprend plus à Montréal. Autrefois rares, ils se trouvent aujourd'hui sur d'innombrables menus, et ils sont souvent réussis. Un gain pour les gourmands, mais pas nécessairement pour les restaurateurs, qui ne peuvent plus compter sur leur seule maîtrise de ces produits pour se distinguer. Ainsi, le boudin de Lili Co., assez crémeux et accompagné d'une belle poêlée de demi-choux de Bruxelles, est tout à fait correct. Il n'a cependant pas l'effet de ses autres préparations plus inédites.

On a apprécié davantage le pavé de dorade garni d'amandes grillées et de suprêmes d'orange, une base classique mais électrisée par une garniture d'une intense verdeur - kale sauté, cresson frais, vinaigrette à l'estragon.

Entre les deux desserts, notre coeur n'a pas balancé longtemps. La tartelette garnie de beurre de pommes, de cheddar fumé, de sirop d'érable poivré et de foie gras poêlé est le genre de composition devant laquelle toute résistance est vaine. C'est doux, chaud, soyeux, pas trop sucré, juste assez salé. Et un peu traître, car le cheddar fumé allié au sirop d'érable vous fait imaginer la présence de bacon. Vous goûtez de nouveau, relisez la description, revenez pour goûter... trop tard, il n'en reste plus!

Pour apprécier ce Lili Co., il faut le prendre pour ce qu'il est: un resto de quartier. Un endroit dont on apprécie la proximité et où, donc, on n'arrive pas crispé en exigeant la perfection. Alors oui, il se peut que la pâte de la tartelette soit un peu blême ou qu'un foie de poulet soit sous-cuit. Mais on ne s'en formalise pas parce qu'on n'a pas traversé toute la ville en nourrissant des attentes démesurées. Et on est heureusement surpris, en revenant bruncher le week-end, de trouver à la fois du congee (bouillie de riz asiatique) garni de bavette de porc, du collier d'agneau au lait de coco et un club sandwich à la pieuvre au menu.

Lili Co.

4650, rue Mentana, Montréal

514-507-7278

> Prix: Le menu change chaque semaine. Environ 6 à 12$ pour les snacks, 15 à 22$ pour les plats et 12 à 22$ pour les brunchs.

> Alcools: Carte de vin relativement courte, mais changeante. Propositions de cocktails intéressantes, y compris au brunch.

> Service: Sympathique.

> Ambiance: La salle est petite et la cuisine, on ne peut plus ouverte. Il n'en faut donc pas beaucoup pour que l'endroit s'anime.

(+) Un menu très original pour un resto de quartier.

(-) Quelques cuissons imparfaites.

On y retourne? Oui, si on passe dans le coin.

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