Chez Bouffe: passer à l'Est

Un menu attrayant qui fait un bel usage de produits locaux, des assiettes... (Photo Martin Chamberland, La Press)

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Photo Martin Chamberland, La Press

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Un menu attrayant qui fait un bel usage de produits locaux, des assiettes copieuses, des prix plus que raisonnables: voilà un bistro qui vaut amplement le détour.

C'est ce que je me disais en sortant, repue et ravie, de Chez Bouffe, une chouette adresse dépistée par une collègue qui habite Hochelaga-Maisonneuve. Oui, on est loin des sentiers battus de la restauration et les plus proches stations de métro sont à une vingtaine de minutes de marche. Mais quand on pense qu'avant d'aboutir ici, le chef propriétaire Paul Robert, un Britannique, a promené ses couteaux des cuisines londoniennes de Marco Pierre White à celles de la Cabane à sucre Au Pied de Cochon en passant par la chaîne Fairmont en Colombie-Britannique et La Pinsonnière à La Malbaie, on peut bien faire un bout de chemin nous aussi.

Le fish and chips du patron est un alliage de fidélité et de libertés par rapport à l'original. L'énorme morceau d'aiglefin enrobé d'une panure lisse et moelleuse vous téléporte dans un pub anglais mais, mieux vaut être prévenu, les traditionnelles frites ont été remplacées par deux gros morceaux de pomme de terre Russet croustillants, inspirés des petites patates servies avec le traditionnel rôti anglais du dimanche. Le tout est accompagné d'une relecture rafraîchissante des classiques pois verts écrasés. Pas de mushy peascrayeux ici, mais des petits pois du Québec achetés frais lors de la dernière récolte, réduits en fine purée et allégés de menthe. On en mangerait à la cuillère.

Le râble de lapin parsemé de pistaches et roulé dans du prosciutto est le genre de plat qui suscite toujours un peu d'appréhension. Et si c'était sec? Crainte inutile. Le lapin de Stanstead qu'on nous a servi était tendre, savoureux et bardé de tranches de prosciutto bien souples, qui n'avaient pas le caractère momifié ou trop salé qu'acquiert souvent ce jambon à la cuisson. La garniture de pommes de terre bleues et de légumes racines un peu confits complétait parfaitement cette assiette hivernale.

Au dessert, le parfum et la texture des boules de glace à l'érable fabriquées à l'azote liquide rivalisaient de finesse, et les garnitures façon brownies, crumble et sucre d'orge qui les accompagnaient créaient un contraste stimulant. La gigantesque queue de castor saupoudrée de cannelle et recouverte de pommes émincées, elle, est meilleure que la version de la chaîne qui a popularisé cette pâtisserie frite.

Vous ai-je dit que tout est parfait? Non. La farce des raviolis à la cervelle était un peu revêche. Et la composition du plat de tortellinis et maquereau, plutôt discordante. Cela dit, même si ces entrées ne nous ont pas impressionnées, nous avons trouvé des éléments réussis dans chaque assiette et suffisamment de propositions à l'ardoise pour avoir l'embarras du choix. Le wapiti servi avec pétoncles et foie gras était tentant. Les plats à partager - trio de canard (magret-cuisse-gésier) - et «viandeux» (wapiti, lapin, joue de veau) également. Nous aurions aussi pu planifier notre visite en fonction des différentes promotions (rabais sur certains vins le mardi, tartares «2 pour 1» le mercredi, etc.).

Bref, si ce restaurant-là était sur le Plateau, il ne désemplirait pas. Déjà lors de notre visite, un soir de tempête au beau milieu de la semaine, alors que la ville était complètement déserte, l'endroit était au moins à moitié plein. L'éloignement est une notion bien relative. Ça n'a pas empêché le bistro français La Bécane rouge, qui logeait autrefois à la même adresse, de se tailler une jolie réputation. Et pour le public du théâtre Denise-Pelletier, situé en biais, on fait difficilement plus proche. Quant à moi, je trouve qu'un resto qui fait autant d'efforts pour offrir une cuisine à la fois intéressante et abordable mérite amplement le déplacement.

Chez Bouffe

4316, rue Sainte-Catherine Est, Montréal

514 252-5420

www.chez-bouffe.com

Style: Québécois moderne.

Prix: De 4 à 12$ pour les entrées, de 15 à 32$ pour les plats et de 6 à 10$ pour les desserts.

Carte des vins: Propice aux découvertes. Sélection changeante d'importations privées, dont beaucoup de vins nature et bios.

Service: Accueillant et sympathique.

Ambiance: L'abondance de bois et la déco «bopasbo» (bohème mais pas bourgeoise pour deux sous) créent une atmosphère chaleureuse et sans prétention.

(+) Excellent rapport plaisir/prix.

(-) Quelques plats perfectibles, quelques oublis dans le service.

On y retourne? Certainement.




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