Dur à cuire: en passant par le Vieux-Longueuil

L'espace est vaste, lumineux et il y a... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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L'espace est vaste, lumineux et il y a quelques tables hautes, avec des tabourets, qui donnent au lieu un air désinvolte, le tout enrobé de blues en arrière-plan sonore.

Photo Martin Chamberland, La Presse

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C'est nulle autre que la sympathique coureuse et néanmoins mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, qui m'a fait découvrir cet endroit.

«Vous allez voir, on a de bons restaurants», à Longueuil m'a-t-elle assurée, quand je lui ai demandé de choisir une table où aurait lieu une entrevue.

J'avoue que j'ai bien aimé ce Dur à cuire où nous sommes allées luncher et où je suis ensuite retournée pour le repas du soir.

Je ne traverserais pas le pont Jacques-Cartier uniquement pour y aller. Mais j'y retournerai avec plaisir s'il faut que je mange sur la Rive-Sud, prochainement, pour une raison ou une autre.

C'est une table soignée, qui cherche à bien faire les choses. On n'y réinvente pas la roue, on essaie d'être à la mode - oui, il y a une tête de chevreuil empaillée sur le mur et les maladresses sont incontournables, mais on y trouve des plats chaleureux, savoureux, pleins de bonne volonté.

D'abord, sachez que le Dur à cuire est un «apportez votre vin». Et je sais que vous aimez bien ces restaurants, car en plus de me demander de parler plus souvent des restaurants à l'extérieur de l'île, vous me demandez aussi de vous dénicher de bonnes tables où l'on peut débarquer avec ses propres crus. En voici une. Cela dit, je vous avertis tout de suite, notre repas a quand même coûté 60$ par personne, taxe et service compris. Comme sur l'île, le fait qu'on n'ait pas à payer l'alcool au restaurant n'est pas une garantie d'aubaine.

Le restaurant est installé dans le Vieux-Longueuil, rue Saint-Jean, un peu en marge de la rue Saint-Laurent, mais l'immeuble est moderne, adjacent à un fleuriste. L'espace est vaste, lumineux et il y a quelques tables hautes, avec des tabourets, qui donnent au lieu un air désinvolte, le tout enrobé de blues en arrière-plan sonore.

La cuisine reprend toutes les tendances du moment. On offre des huîtres en entrée - décevantes lors de ma seconde visite, trop petites, insipides , il y a un plateau de charcuteries, de gros plats de viande à partager, etc.

Mais ce manque d'originalité ne veut pas dire que ce qui est offert est raté. Le potage de chou-fleur riche et onctueux, servi avec des morceaux de porc grillés et quelques bouquets de crucifère, est peut-être un peu lourdaud mais surtout réconfortant, pas trop salé, légèrement piquant. Parfait pour un dimanche frisquet.

En entrée, le tartare de saumon aurait pu, lui aussi, n'être qu'un autre cliché mais il est particulièrement lumineux, juste assez relevé, très frais avec ses carottes et ses morceaux de pamplemousse. Et les pacanes pour le croquant? Une idée baroque mais qui s'en sort sans devenir un faux pas. Une acrobatie rare.

De façon générale, les plats de viande manquent un peu de notes acides, mais ils sont riches, généreux. L'assiette de veau comprend une pièce particulièrement tendre, bien rosée, qui fond en bouche alors que le poulpe qui l'accompagne résiste un peu trop sous la dent. Le lapin, servi roulé, est lui aussi cuit juste comme il faut, mais ce sont évidemment les côtes levées qui s'abandonnent le plus en bouche. Les plats sont complexes, avec beaucoup d'ingrédients, de sauces, de détails. Le médaillon de veau avec poulpe grillé, par exemple, est présenté avec du baba ghanouj, de la ratatouille, des feuilles de laitue, des câpres, une sauce de poisson... Le lapin? On le retrouve avec de la purée de topinambour, des pistaches, des navets à la chapelure de biscuits Graham, des pruneaux, une sauce au foie gras...

Peut-être que là, comme dans tant d'autres restaurants de ce type, on gagnerait à couper la liste des composantes, à resserrer...

Au dessert, le plat de churros et de lait au chocolat est décevant, car même si les churros sont corrects, assez légers et craquants, le chocolat n'est pas assez riche ni onctueux pour enrober les beignets. Le sablé servi avec une glace à la mangue et du caramel est plus intéressant, plus contrasté, mais le tout manque néanmoins de finesse, d'élégance. Finalement, c'est le «crémeux» au citron, mousse très légère, servie avec écume à la pistache et quelques noisettes caramélisées croquantes, qui surprend agréablement. Une jolie fin fraîche et originale pour un repas honnête, ponctué de quelques maladresses mais rempli de bonnes intentions.

La mairesse avait raison: voilà une addition intéressante au Vieux-Longueuil.

Dur à cuire

219, rue Saint-Jean

Longueuil

450-332-9295

www.duracuire.ca

> Prix: entrées entre 12$ et 19$, plats entre 23$ et 35$, desserts 8$ ou 9$.

> Carte de vins: c'est un «apportez votre vin».

> Service: amical, efficace, plutôt professionnel.

> Ambiance: vivante, parfois bruyante. On se retrouve ici pour un lunch d'affaires relax ou en groupe, le soir. Ouvert le dimanche soir, une soirée plus calme, plus propice aux tête-à-tête.

> Style: restaurant qui suit les tendances, autant dans la déco que dans l'assiette, avec plats de charcuteries, huîtres et compagnie. Produits locaux le plus possible. Touches exotiques.

(+) beaucoup d'efforts pour offrir des plats cuisinés soignés.

(-) trop d'ingrédients, trop d'acrobaties. On cherche la simplicité.

On y retourne? Oui, si on est sur la Rive-Sud.




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