Comment choisir son parfum ?

L'experte en parfums Clarisse Monereau... (Photo Edouard Plante-Fréchette, Archives La Presse)

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L'experte en parfums Clarisse Monereau

Photo Edouard Plante-Fréchette, Archives La Presse

Le parfum est une véritable signature, il nous accompagne au quotidien, il fait partie de nous, de notre vie et reflète notre personnalité. Comment le choisir ? Nous avons demandé à deux experts, Clarisse Monereau et Simon Tooley, de nous guider.

Simon Tooley, propriétaire de la boutique Etiket... (photo tirée du site etiket.ca) - image 1.0

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Simon Tooley, propriétaire de la boutique Etiket

photo tirée du site etiket.ca

SAVOIR CE QU'ON AIME

Tout d'abord, il faut savoir ce qu'on aime comme parfums, car il existe sept grandes familles olfactives : les floraux, les hespéridées, les boisés, les fougères, les chyprés, les ambrés ou orientaux et les cuirs. « Les floraux représentent 80 % du marché, on va donc très souvent s'orienter vers le floral, explique Clarisse Monereau, experte en parfums, qui cite en exemple Chanel No 5 ou L'air du temps de Nina Ricci. Le parfum floral n'est pas trop envahissant, il ne gênera pas les collègues de travail et, surtout, il constitue un excellent choix intemporel. »

Après les floraux, ce sont les hespéridées qui sont les plus populaires (CK One de Calvin Klein). « Ce sont des parfums qui vont à tout le monde, c'est frais, c'est comme le jus de fruits du matin. On peut les porter aussi bien l'été que l'hiver, car sentir un mandarine-basilic de chez Guerlain en plein hiver, ça vous donne une énergie folle. C'est l'effet de l'aromathérapie ! », explique Clarisse Monereau.

ÊTRE CURIEUX

Simon Tooley, propriétaire de la boutique Etiket, estime qu'il faut être curieux. « Je vois des gens qui me disent : ‟Je n'aime pas la vanille ou le patchouli", alors que dans certains cas, quand ces deux éléments seront mélangés à autre chose, ils sauront l'apprécier. Il faut donc rester ouvert, demander conseil et pouvoir ainsi faire des découvertes qui vont nous surprendre et nous faire apprécier autre chose. »

SENTIR LE PARFUM LE MATIN

Un parfum doit se choisir le matin, car le système olfactif est plus réceptif, tout comme le cerveau et les papilles. « Le système nerveux est moins fatigué, car on débute notre journée. On pourra ainsi essayer un ou deux parfums et les porter toute la journée, comme ça, vous verrez si cela vous convient ou pas », suggère Clarisse Monereau.

Simon Tooley explique que dans la pyramide olfactive, la première chose que l'on sent est la note de tête. La deuxième étape est la note de coeur, qui se développe pendant plusieurs heures. Puis la note de fond est celle qui s'inscrit dans la durée et qui va révéler le parfum. « On sent souvent le parfum sur le papier, mais il faut l'essayer sur la peau (sur les poignets, dans le cou, derrière les oreilles) et le laisser s'imprégner dans la durée, car le parfum ne sera pas le même après une heure ou après une journée », indique l'expert.

UN COUP DE COEUR DE LA PEAU

« On ne décide pas du parfum, c'est notre peau qui sera déterminante dans notre choix. Il y a des parfums que j'adore, mais qui ne me vont pas », confie Clarisse Monereau. Pourquoi ? Il y a la peau, la personnalité, les matières, les fleurs, l'âge. Elle indique que trois femmes ne porteront pas le même parfum de la même façon, il y aura de nettes différences, selon leur peau, leur transpiration, leurs hormones.

PRENDRE SON TEMPS

« Le mieux est d'essayer le parfum en le portant pendant une semaine pour savoir s'il vous correspond et si votre entourage l'aime aussi. Pour voir si votre glande endorphine, celle de l'émotion et de la passion, sera régulée à cette odeur. Si vous avez mal à la tête, ce parfum n'est pas pour vous, il va sans dire », explique Clarisse Monereau.

LIÉ AUX ÉMOTIONS

Les deux experts estiment qu'il y a beaucoup d'émotions reliées au parfum. « Ça nous renvoie à des souvenirs, à des histoires que nous avons vécues, on se souvient du parfum de notre mère, de notre père, et on va prendre en compte nos souvenirs dans le choix du parfum », affirme Simon Tooley. Clarisse Monerau parle aussi de l'importance de la mémoire olfactive. « On sait que vous êtes arrivée, car on a senti votre parfum. Votre enfant vous dit : ‟Comme tu sens bon, maman !" et il reconnaît tout de suite votre odeur, ou alors au contraire, il ne vous reconnaîtra plus si vous changez de parfum. Car un parfum, c'est un repère. »

UN PARFUM QUI CORRESPOND À LA PERSONNALITÉ

Le parfum doit être en adéquation avec notre personnalité, notre style, notre tempérament. « Quand on est extravagant ou original, on va se démarquer et on portera un parfum plus confidentiel, car on ne veut pas ressembler à tout le monde, c'est aussi ça, trouver le bon parfum », estime Clarisse Monereau. « J'ai longtemps porté le parfum Patchouly d'Etro, un parfum très boisé. Je voulais me donner un air plus ou moins sérieux, car dans ma tête, cette fragrance me donnait une allure de légèreté », raconte Simon Tooley. Il se souvient que, dans les années 80 et 90, le marketing des grandes marques jouait sur cette façon très forte d'incarner un parfum. « Les femmes choisissaient LEUR fragrance, elles étaient identifiables par leur odeur unique, on entendait des femmes dire : ‟Je ne porte que du Chanel !" »

Chez Etiket, Simon Tooley vend des parfums de niche plus exclusifs. Il observe qu'il y a un véritable engouement pour les parfums originaux, qui viennent de petites maisons de parfums qui se développent et qui sont désormais plus accessibles grâce au web. Des maisons comme Serge Lutens, Diptyque, Annick Goutal, L'Artisan Parfumeur, Frédéric Malle, Heeley, Olfactive Studio...

FIDÈLES À UN PARFUM ?

Est-ce que les femmes au Québec sont fidèles à leur parfum ? « Historiquement, il n'y a pas de parfumeur ici, il n'y a donc pas d'attache ni d'identification à une maison. Les femmes aiment la nouveauté, et avec les changements de saison, on a souvent un parfum d'été plus frais et un parfum d'hiver plus soutenu », explique Clarisse Monereau. Et quand on vit une période difficile dans sa vie, est-ce qu'on change de parfum ? « C'est instinctif, et ça arrive plus souvent qu'on ne le croit... Quand on vit une déception amoureuse, on change de parfum comme on change de coupe de cheveux ! », conclut Clarisse Monereau.




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