Maquillage permanent: à la croisée des chemins

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Pour plusieurs, le maquillage permanent est associé au maquillage figé à la Dynastie, aux sourcils artificiels et à des visages marqués à vie. Si les professionnels de l'industrie essaient aujourd'hui de changer son image péjorative en vantant ses résultats naturels, la prudence demeure de mise pour les consommateurs.

Les techniques, équipements et pigments utilisés pour créer du maquillage permanent ont beaucoup évolué depuis une décennie, permettant des résultats étonnamment naturels. Mais l'industrie et la profession sont encore loin d'être encadrées au Canada.

Maquillage permanent ou semi-permanent, dermopigmentation, cosmetic tattooing... Des termes synonymes pour faire référence à l'implantation de pigments sous la surface de la peau pour colorer certaines zones du visage comme les sourcils, les yeux et les lèvres, mais aussi parfois du corps.

La régulation et l'encadrement de l'industrie et de la profession varient énormément d'un pays à l'autre. Si des associations professionnelles existent dans plusieurs pays, rien du genre au Canada pour le moment, au grand dam de certains acteurs de l'industrie, qui essaient de changer l'image péjorative souvent associée au secteur.

Parmi eux, Céline Bonhomme, présidente de Perform'Art, une société québécoise qui a conçu en collaboration avec le Centre de recherche du Canada un appareil mécanisé intégrant une nouvelle technologie sans ressort, qui augmenterait la précision et diminuerait la douleur.

«Nous travaillons fort avec Santé Canada et le Centre de recherche du Canada pour que le marché soit réglementé et pour créer une association professionnelle comme aux États-Unis ou en Europe. La formation est tellement importante et il y a beaucoup de charlatans, malheureusement. Nous recevons tellement d'appels de filles au désespoir, qui n'ont pas payé cher leur formation, mais qui n'ont aucun soutien et ne savent pas comment travailler.»

Des risques è connaître et à éviter

Résultat, le marché n'est pas contrôlé au Canada, notamment lorsqu'il s'agit de la composition des pigments utilisés en maquillage permanent. Difficile, d'ailleurs, d'avoir l'heure exacte sur ce sujet, puisque la qualité et le type de pigments utilisés par les techniciennes peuvent varier énormément selon les fournisseurs.

Inquiétant, puisque certains pigments de mauvaise qualité peuvent causer des réactions allergiques ou cutanées. Ainsi, en 2004, aux États-Unis, Premier Pigments, une firme texane spécialisée dans les pigments pour le maquillage permanent, a dû retirer ses encres du marché après avoir reçu des plaintes de consommateurs.

Plus de 50 réactions problématiques au maquillage permanent comme un gonflement, des craquements, du pelage, des cloques et des cicatrices dans les régions des yeux et des lèvres ont été reportées à la Federal Drug Administration (FDA) aux États-Unis. Des problèmes qui peuvent toutefois être évités lorsque le maquillage est fait par une professionnelle, avec des pigments de qualité.

La qualité et le type de pigments utilisés par l'esthéticienne revêtent donc un caractère crucial. Malheureusement, plusieurs connaissent peu les produits qu'elles utilisent, se désole Mme Bonhomme: «Les techniciennes devraient être informées sur l'importance d'avoir un pigment de qualité et les composantes des pigments. Un pigment doit être composé d'éléments à la fois inorganiques, comme des minéraux, et organiques pour qu'il tienne dans la peau. Sans compter que, selon la qualité des minéraux utilisés, la couleur va plus ou moins varier dans le temps.»

Bien choisir son professionnel

Loin des clichés du maquillage artificiel figé, la dermopigmentation sert surtout aujourd'hui à rehausser les traits et corriger certaines imperfections cutanées, de façon naturelle.

«Souvent les gens ont peur que le résultat ait l'air d'un tatouage et c'est ce que beaucoup de techniciens font encore, en dessinant des sourcils pleins avec des ombrages. Mais la technique appelée "poil à poil", que j'utilise pour les sourcils, donne un résultat très naturel, encore plus que le crayon », assure Jocelyne Bellemare, maquilleuse professionnelle qui travaille en dermopigmentation depuis près de 10 ans.

Le problème, c'est que les résultats varient énormément d'une technicienne à l'autre, en fonction de son expérience, de sa dextérité manuelle, de ses techniques et même de son côté «artistique», ce qui rend le choix ardu pour le consommateur, qui a tout intérêt à s'informer.

Comment bien choisir? En rencontrant d'abord une ou même plusieurs techniciennes pour une évaluation avant de passer à l'acte. «La technicienne doit bien comprendre son appareil et la façon d'implanter le pigment dans la peau. Elle doit aussi comprendre la peau, qui est un organe très complexe, ainsi que les morphologies des visages», note Geneviève Gagnon, qui fait de la pigmentation depuis 10 ans et est formatrice pour l'Académie Edith Serei.

«La technicienne doit connaître les principes de base des couleurs: complémentaires, chaudes, froides... Une fois guérie, la peau fait un petit voile transparent sur la couleur ; il faut donc choisir une couleur qui va s'ajuster à la teinte de la peau, qu'elle soit olive ou asiatique par exemple», renchérit Mme Bellemare.

Une chose est sûre: les maquillages à «rabais», souvent proposés sur les sites d'achats groupés, sont à fuir. Car le prix à payer pour un maquillage raté ne vaudra jamais les quelques dollars alors économisés.

Bientôt une norme

La Presse a appris que l'Association des électrolystes et esthéticiennes du Québec planche depuis plus de deux ans sur la mise sur pied de normes communes pour toutes les formations privées qui touchent le domaine de l'esthétique, dont le maquillage permanent. «Il y a toutes sortes d'écoles qui offrent un peu de tout. Pour nous, ça devenait difficile de les recommander. C'est essentiel pour que les consommateurs reçoivent un bon service et que les professionnels qualifiés et compétents soient reconnus à leur juste valeur», explique Édith Pilote, directrice générale de AEEQ. Seules les écoles qui répondront aux nouvelles normes seront accréditées par l'AEEQ et inscrites dans leur répertoire. Les diplômés des écoles agréées pourront devenir membres et faire partie du répertoire, à certaines conditions (réussite de l'examen d'entrée, obligation de formation continue). Les normes devraient entrer en vigueur au cours de 2014. L'AEEQ compte actuellement 18 membres qui offrent des services en maquillage permanent.> Consultez le site de L'AEEQ

Zones ciblées

Le maquillage permanent, ou dermopigmentation, permet de rehausser les traits du visage et de corriger certaines imperfections cutanées.

Sourcils

Sourcils peu fournis naturellement, trop épilés, mal dessinés ou qui sont tombés après des traitements en chimiothérapie ou autres maladies. La dermopigmentation peut redessiner la ligne des sourcils en harmonie avec la morphologie du visage et les rendre plus fournis. Technique à privilégier: poil à poil, pour un résultat plus naturel.

Yeux

Un trait tracé à la base de la paupière supérieure et inférieure permet de corriger un regard tombant ou de simplement souligner davantage le regard.

Lèvres

Avec l'âge ou certaines maladies, le contour des lèvres peut s'estomper et la couleur, pâlir. La dermopigmentation peut retracer (et le cas échéant, redessiner légèrement) le contour des lèvres et aussi les remplir, si désiré. Il est important de choisir une couleur correspondant à la carnation de la peau pour un effet naturel.

Grain de beauté

Que ce soit par coquetterie ou pour cacher une imperfection cutanée comme la couperose, un grain de beauté peut être ajouté au visage.

Cicatrices et dépigmentations cutanées

Cicatrices blanches, taches blanches, vitiligos: la dermopigmentation peut servir à pigmenter la peau, en se servant d'un pigment qui se rapproche le plus possible de la couleur naturelle de la peau.




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