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Fashion Week: un hijab devient foulard de princesse

Une tenue de la créatrice indonésienne Anniesa Hasibuan... (PHOTO AFP)

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Une tenue de la créatrice indonésienne Anniesa Hasibuan présentée à la Semaine de la mode à New York.

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Catherine Triomphe
Agence France-Presse
New York

En deux saisons à peine, la créatrice indonésienne Anniesa Hasibuan a déjà fait du hijab sa marque de fabrique. Et contribué peut-être à montrer que le voile n'est pas carcan, avec des tenues qui tiennent de la parure pour princesse - à l'instar de Kate Middleton qu'elle rêve d'habiller.

Comme lors de sa première apparition à la Semaine de la mode new-yorkaise de septembre, tous ses mannequins portaient à son nouveau défilé mardi soir un voile, uniformément gris, couvrant soigneusement les cheveux tout en sculptant les traits du visage.

Le reste de sa collection automne/hiver, présentée dans un des haut-lieux de la Fashion Week new-yorkaise, n'avait rien du style «musulman modeste» qui caractérise parfois une mode qui ne découvre rien du corps, souvent polémique dans un monde occidental aux sentiments antimusulmans exacerbés.

Tout, au contraire, était en paillettes, en brillant, en volants argentés ou dorés, avec des robes, des capes ou des tuniques aux longues traînes, couvertes de perles ou de broderies, évoquant reines ou princesses du Moyen-Age.

Les mannequins n'avaient pas été choisis au hasard.

La jeune créatrice avait pour les auditions lancé un appel aux mannequins immigrés de première ou deuxième génération, afin de montrer que «la mode est pour tout le monde, qu'il y a de la beauté dans la diversité et la différence et qu'il ne faut pas en avoir peur», a-t-elle expliqué à l'AFP via une interprète.

«La mode pour la paix et la mode universelle sont mes deux valeurs les plus chères», a-t-elle ajouté d'une voix douce, qui trahissait son épuisement après un défilé très applaudi.

Cette femme de 30 ans tient à voir son travail, avant tout destiné aux femmes musulmanes, rester «séparé» de la politique. Elle dit vouloir simplement «faire entendre les belles voix des femmes musulmanes, la paix et les valeurs universelles que la mode peut apporter».

Dans sa quête d'universalité, Anniesa a un objectif ambitieux: habiller Kate Middleton, qui incarne selon elle mieux que d'autres «l'élégance» et «le personnage de reine».

Habiller la duchesse de Cambridge, «c'est mon rêve», dit la créatrice, qui confesse aussi son admiration pour Oscar de la Renta, très prisé des puissantes dames de ce monde, dont Hillary Clinton.

«Mode islamique»

Anniesa Hasibuan ne veut pas faire de politique mais voit dans la perdante de l'élection présidentielle américaine une femme «très courageuse, qui n'a pas peur d'être différente».

«J'aime les femmes courageuses qui sortent du rang et essaient de faire sortir des bonnes choses de toutes choses», dit-elle.

En attendant d'habiller la famille royale britannique, Anniesa Hasibuan, mariée à l'entrepreneur indonésien Andika Surachman, fait fructifier ses affaires.

Depuis la Semaine de la mode de septembre qui l'a fait connaître à l'international, elle a ouvert de nouvelles boutiques en Indonésie, mais aussi en Malaisie, en Turquie ou à Abou Dhabi, surfant sur une vague de «mode islamique» qui fait les beaux jours de certains créateurs turcs, par exemple.

La vice-consule d'Indonésie à New York, Chiara Sari, présente au défilé mardi soir en hidjab blanc et costume noir sobre et moderne à la fois, estime que, quelle que soit sa réussite future, Anniesa Hasibuan «ne renoncera pas au voile, c'est sa marque de fabrique».

Depuis le fameux décret anti-immigration de l'administration Trump, Mme Sari dit passer beaucoup de temps à «rassurer» ses concitoyens installés aux États-Unis», en leur «conseillant d'éviter de voyager à l'étranger» pour ne pas risquer de tomber sous le coup de possibles mesures antimusulmans au retour.

Pour elle, la notoriété grandissante d'Anniesa Hasibuan est une chance: «J'espère que cela améliorera la connaissance de l'islam, à un moment où il a particulièrement mauvaise presse», dit-elle.




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