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La mode québécoise rayonne au-delà des frontières

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Plusieurs salons commerciaux, dont Edit et Moda, se déroulaient au Javits Center à New York du 22 au 24 février.

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À la fin du mois de février, les salons commerciaux de mode ont succédé, comme chaque année, la Semaine de la mode de New York. Des milliers de marques, rassemblées dans différents salons, tentaient de séduire des acheteurs du monde entier. Parmi eux, une dizaine de designers du Québec étaient présents. Notre journaliste les a rencontrés aux salons Edit et Moda, au Javits Center.

Signé Montréal

Percer en mode à New York est tout un défi. La compétition est féroce, et se démarquer demande beaucoup de travail. Mais c'est aussi un marché incontournable pour toute marque qui désire étendre ses activités au-delà des frontières québécoises, où convergent des détaillants de partout en Amérique et au-delà.

Voilà trois ans que des missions commerciales sont organisées à New York en compagnie de designers québécois durant les salons commerciaux (trade shows). Une initiative chapeautée par la Délégation générale du Québec à New York, en partenariat avec la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et, nouvellement cette année, le Conseil des créateurs de mode du Québec (CCMQ), avec l'appui financier d'Export Québec.

Le but de cette mission est d'amener les designers sur le terrain, dans les salons, à la rencontre d'acheteurs en provenance de plusieurs États américains, mais aussi du Canada et d'ailleurs sur la planète. Une occasion en or d'étendre ses activités et de se faire des contacts qui déboucheront peut-être sur des relations à long terme.

« Quand je suis arrivé à New York il y a trois ans pour travailler sur le secteur de la mode, j'ai fait de la vente une priorité », raconte Cyril Gauchet, rencontré à New York et qui s'occupe du développement économique pour le secteur de la mode au sein de la Délégation. 

« Je trouvais important que les entreprises puissent avoir une expérience par rapport à la vente, puissent parler à un acheteur, comprendre son message, son langage», explique Cyril Gauchet.

« Depuis la création du CCMQ en 2011, nous voyons des créateurs de talent abandonner par manque de ressource et de soutien, explique Linda Tremblay, directrice générale du CCMQ, qui était aussi sur place à New York. Nous posons donc une série d'actions pour promouvoir et accompagner les créateurs de façon plus personnalisée. L'exportation est incontournable, et c'est pourquoi nous avons pris cette initiative vers New York cette année et projetons de poursuivre l'expérience. »

Choisir son salon

Du 22 au 24 février, une quinzaine de designers québécois regroupés sous l'appellation Montréal Collections se sont rendus à New York dans deux salons distincts, qui se déroulaient simultanément au Javits Center : le Moda, consacré aux marques de prêt-à-porter, et Edit, pour les collections plus haut de gamme.

« Il y a principalement deux grands groupes qui s'occupent des expositions de la mode, en février et en septembre, souligne M. Gauchet. ENK, qui organise notamment Coterie, puis BJI, qui fait Moda, Edit et Stitch, notamment. À eux seuls, ces deux groupes réunissent 2000 entreprises du monde entier à New York. Il y a aussi d'autres shows qui se développent, comme Capsule ou Tranoï - c'est une vraie compétition ! C'est le plus grand rassemblement d'entreprises au monde dans la mode. »

BJI s'étant montré ouvert à travailler avec la Délégation et à mettre Montréal en valeur, c'est donc dans les salons organisés par ce groupe que les designers québécois de la mission se sont rendus la semaine dernière.

« Montréal est vu par les acheteurs comme avant-gardiste. Les marques qui créent duouterwear [vêtements d'extérieur] sont particulièrement recherchées, puisque c'est synonyme de qualité », résume Alexandra d'Archangelo, directrice du salon Edit pour le groupe BJI.

En se regroupant ainsi et en misant sur la force du groupe, les designers québécois s'assurent d'être bien situés dans le salon, affirme M. Gauchet. « Chaque année, entre 50 et 100 designers québécois se rendent à New York par leurs propres moyens. Avec cette mission, nous avons un rôle de facilitateur ; cela nous permet de rivaliser avec les plus grandes nations du monde », conclut-il.

Deux événements courus

  • Moda
Prêt-à-porter

Plus de 150 marques sur place

Environ 8000 visiteurs chaque année

  • Edit
Haut de gamme

Près de 100 marques sur place

Environ 2000 visiteurs chaque année

Les designers de la mission

  • Moda
Angela Mara, Arctic Expedition, Crystal Fashion, Dino Gaspari, Furlux, Libra & J, Myco Anna, Nikki Jones & Nuage, Scapa Lauren Perre, Simon Chang, Une et Vin Rouge Fashion

  • Edit
Bodybag by Jude, Eläma Fur, Marie Saint Pierre | Marie Saint Pierre Accessories, String Theory et UNTTLD

Une expérience concluante

L'expérience en salon ne porte pas toujours les fruits espérés, mais elle est très formatrice.

Parmi les 10 designers participant à Moda, certains ont été enchantés de leur expérience, d'autres plus ambivalents. Cela dit, ce volet de la mission a été somme toute réussi. En tout, les 10 entreprises ont totalisé 370 000 $ de ventes et plus de 300 000 $ de ventes potentielles, a affirmé la Chambre de commerce du Montréal métropolitain par voie de communiqué.

Quelques designers rencontrés sur place se sont dits un peu déçus des ventes réalisées et de l'achalandage. « C'est un peu décevant pour nous, mais c'était vraiment une expérience d'apprentissage ! J'imagine que nous n'avons pas été chanceux cette année, mais cela fait partie de la game », nous a confié Harmeet Malhotra, de l'entreprise Vin Rouge, qui a été fondée en 2004.

« Il faut persévérer, car c'est souvent après deux ou trois saisons que les designers vont voir si leur présence au salon porte ses fruits», mentionne Cyril Gauchet.

Du côté du salon Edit, l'expérience a été fort concluante, affirme Linda Tremblay, directrice générale du Conseil des créateurs de mode du Québec.

« Notre bilan s'avère très positif pour une première présence. Nous avons eu des commandes fermes, des contacts bien amorcés avec de grands magasins et des boutiques haut de gamme, notamment plusieurs détaillants canadiens et même de Montréal. Nous avons constaté que New York est l'endroit idéal pour convaincre les détaillants de chez nous d'acheter nos produits ! New York nous permet de rayonner, de prendre le pouls du marché et d'ajuster notre positionnement. »

Comme quoi il faut parfois sortir de chez soi pour y retourner en force !

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Le kiosque de Marie Saint Pierre était situé à l'entrée du salon Edit.

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Six designers rencontrés à New York

Marie Saint Pierre

Le kiosque de Marie Saint Pierre accueillait les visiteurs à l'entrée du salon Edit - où la designer est présente depuis les débuts de l'événement, il y a trois ans. Elle avait même pu aménager l'espace à son image, avec des pièces de mobilier de sa collection Habitat. « Marie Saint Pierre, c'est notre locomotive ! », s'enthousiasme Linda Tremblay, du Conseil des créateurs de mode du Québec. « Le salon est un peu plus tranquille qu'à l'habitude, mais nous avons été très occupés. Nous avons une bonne banque de clients et nous allons avoir de nouvelles boutiques », explique Pascale Marquis, responsable des ventes en gros pour l'entreprise.

Simon Bélanger et José Manuel St-Jacques, d'UNTTLD, au... (PHOTO FOURNIE PAR LE CCMQ) - image 5.0

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Simon Bélanger et José Manuel St-Jacques, d'UNTTLD, au salon Edit.

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UNTTLD

L'an dernier, les deux partenaires derrière UNTTLD (Simon Bélanger et José Manuel St-Jacques) étaient venus à New York par leurs propres moyens et y avaient rencontré leur agente actuelle, qui les a beaucoup aidés à élargir leur rayonnement au Canada. « Les détaillants canadiens, comme Simons, viennent beaucoup plus ici qu'à Montréal pour faire leurs achats », constate M. St-Jacques. « Être ici nous donne de la crédibilité. Le dollar américain est très haut ces temps-ci, alors cela joue vraiment à notre avantage avec les acheteurs canadiens », ajoute M. Bélanger.

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La designer et fondatrice de Myco Anna, Christiane Garant, en était à sa première présence à New York.

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Myco Anna

Même si Myco Anna est bien établie au Québec et au Canada depuis 20 ans, il s'agissait du premier salon aux États-Unis pour la marque de Québec. « Ce fut plutôt tranquille et un peu décevant, a avoué Christiane Garant, designer et fondatrice de l'entreprise. Nous avons officiellement trois clients qui ont signé une commande, mais quelques-uns pourraient aussi confirmer dans les prochaines semaines. Je suis contente malgré tout, j'ai beaucoup appris et je vais me servir de cette expérience pour me monter un plan de développement aux États-Unis. »

Les soeurs Rita et Rim Elias d'Eläma Fur.... (PHOTO FOURNIE PAR LE CCMQ) - image 7.0

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Les soeurs Rita et Rim Elias d'Eläma Fur.

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Eläma Fur

Derrière la jeune marque Eläma Fur se cachent les soeurs Rita et Rim Elias, qui veulent « changer la perception qu'ont les gens de la fourrure ». Leur créneau : des pièces sophistiquées et « cool » - manteaux, trenchs, perfectos - haut de gamme qui marient fourrures et autres textiles luxueux, comme le cachemire. C'était leur première fois dans la Grosse Pomme. « Cela se passe vraiment bien ! Nous avons rencontré plusieurs acheteurs, c'est vraiment encourageant. » Une chaîne de grands magasins haut de gamme du Brésil s'est d'ailleurs montrée intéressée par les créations d'Eläma Fur.

La designer Lysanne Latulippe de String Theory était... (PHOTO FOURNIE PAR LE CCMQ) - image 8.0

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La designer Lysanne Latulippe de String Theory était pour la première fois au salon Edit.

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String Theory

Fondée en 2010 par deux designers textiles (Lysanne Latulippe et Meghan Price), String Theory se spécialise dans les foulards faits de tissus créés par ces dernières. Tous les tricots sont conçus à Montréal, dans le studio de Mme Latulippe, qui était présente à New York. « J'ai déjà fait le salon Capsule par le passé, mais c'est notre première fois à Edit. C'est bien d'être dans la gang et cela me permet de me faire des contacts dans d'autres réseaux. » Si les ventes n'ont pas été à la hauteur des espérances, la designer semblait somme toute satisfaite de son expérience.

La designer Judith Desjardins, de Bodybag by Jude.... (PHOTO FOURNIE PAR LE CCMQ) - image 9.0

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La designer Judith Desjardins, de Bodybag by Jude.

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Bodybag By Jude

Il ne s'agissait pas de la première présence en sol new-yorkais pour Judith Desjardins, la designer de la marque Bodybag by Jude. Depuis trois ans, elle y travaille ses contacts avec la collaboration d'une agence, mais cette année, elle a repris le flambeau et s'est rendue sur place. « J'aime avoir le contact direct avec les boutiques. J'ai beaucoup travaillé mes contacts, notamment la marque Anthropologie, qui démontre de l'intérêt depuis trois ans. J'espère que ça va déboucher sur quelque chose cette année ! » Bodybag est aussi représentée à New York par l'agence Jim Villa, qui possède son propre « showroom ».

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