Fashion Week: Xuly.Bët tente un retour

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Il a fallu dix ans pour que Lamine Kouyaté, créateur de Xuly.Bët, saisisse de nouveau le fil de l'histoire entre sa marque et le sérail de la mode, presque par hasard.

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Thomas Urbain
Agence France-Presse
New York

Popularisée dans les années 90, devenue plus confidentielle depuis, la griffe Xuly.Bët tente un retour, son créateur malien pariant sur l'énergie de New York, où il a défilé mercredi dans le cadre de la Fashion Week.

Il a fallu dix ans pour que Lamine Kouyaté, créateur de Xuly.Bët, saisisse de nouveau le fil de l'histoire entre sa marque et le sérail de la mode, presque par hasard.

Durant les années 90, le couturier malien, parisien d'adoption, avait été célébré par le milieu et au-delà, au point d'inspirer un personnage du film «Prêt-à-porter» de Robert Altman.

Sa mode directement inspirée de l'Afrique mais aussi d'autres influences ne ressemblait à rien de connu et ses pièces imprimées aux couleurs chatoyantes, le fameux «wax» africain, faisaient beaucoup parler.

Quelques années après sa première collection, en 1992, Xuly.Bët comptait deux boutiques à Paris et une à New York.

Mais l'enthousiasme s'est effrité, et Xuly.Bët, qui signifie «ouvre grand les yeux» en wolof, n'a plus défilé à Paris ou New York depuis 2005.

L'histoire redémarre en septembre dernier, alors que Lamine Kouyaté, 53 ans, est de passage à «Gotham».

Il croise une figure des relations publiques dans la mode, Kelly Cutrone, qui monte pour lui, en une semaine, une présentation.

Des mannequins défilent à l'extérieur du principal lieu d'accueil de la Fashion Week, dans une atmosphère de happening, avec sonorisation mobile et troupe de sauteuses à la corde, le «double dutch». Le public se masse et les réseaux sociaux bruissent.

Durant dix ans, Lamine Kouyaté n'avait pas disparu du milieu de la confection. Il a notamment signé des collections pour Naf Naf ou Leclerc, ou montré des pièces dans des manifestations parallèles, comme la Black Fashion Week à Paris ou l'African Fashion Collective à New York.

Mais il se sentait empêché d'accéder à une audience plus large.

«À Paris, il y a quand même une certaine exubérance» dans la mode, «mais ça reste une espèce de pré carré». «Et c'est très difficile pour un créateur qui essaye d'émerger. Il n'y a pas suffisamment d'espace», regrette-t-il tout en disant son attachement à cette ville qui l'a beaucoup influencé.

Le souffle de New York

Il a donc choisi de «pousser un peu du côté de New York», où il a «toujours eu un écho assez favorable», explique-t-il dans un entretien à l'AFP.

«À chaque fois que j'ai défilé ici, les gens viennent, ils sont curieux de voir ce que peuvent faire d'autres gens. J'ai toujours eu un parterre assez fourni. À Paris, tu n'as pas les gens qui sont déterminants.»

Dès le défilé impromptu de septembre, le New York Times lui a ainsi consacré un article qui faisait écho à celui, dithyrambique, de mai 1993, titré «Prince of Pieces».

La fameuse énergie new-yorkaise qui plait tant à Lamine Kouyaté était palpable mercredi, pour son défilé, à l'ouest de Soho.

Le couturier au visage tout en rondeur et à la voix douce a eu droit à une ovation en fin de présentation et à une bonne dose d'effusion en coulisse ensuite.

Il a présenté une ligne électrique, qui tranchait avec les collections aperçues jusqu'ici durant la Fashion Week.

Lamine Kouyaté a voulu une ligne «entre l'homme et la femme», avec beaucoup de pièces très près du corps, mais aussi ces combinaisons ou de grands blousons inspirés des «varsity jackets» (les vestes aux couleurs d'une équipe), avec des chiffres imprimés pour rappeler les maillots sportifs.

«Je travaille un peu comme une éponge. Je prends pas mal de choses sur des aspirations du monde qui, forcément, font un mix», dit-il.

En creux, Lamine Kouyaté a voulu aborder mercredi la problématique de la diversité dans le monde de la mode, en faisant défiler uniquement des mannequins noirs.

«Je ne vais pas changer le monde, mais j'ai une sensibilité qui fait que je réagis à certaines choses (et cela) se traduit dans mon travail, dans les partis pris que je peux prendre», explique-t-il.

Après ce défilé new-yorkais, Lamine Kouyaté veut aller au-delà du succès d'estime. «C'est pour ça que je viens sur New York, pour pouvoir trouver des gens susceptibles de m'aider à monter un vrai business. C'est l'étape d'après.»

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