• Accueil > 
  • Vivre > 
  • Mode 
  • > Le handicap et la différence s'invitent à la Semaine de la mode de New York 

Le handicap et la différence s'invitent à la Semaine de la mode de New York

Conviée à la Semaine de la mode par... (PHOTO ANDREW KELLY, REUTERS)

Agrandir

Conviée à la Semaine de la mode par FTL Moda, un collectif de jeunes créateurs italiens, Madeline Stuart, 18 ans (photo), a même volé la vedette à l'actrice américaine Drew Barrymore et à la mannequin vedette Adriana Lima.

PHOTO ANDREW KELLY, REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jennie MATTHEW
Agence France-Presse
New York

Souvent critiquée pour sa vision idéalisée de la femme avec ses armées de mannequins filiformes, la mode s'ouvre peu à peu à la différence, et Madeline, une jeune trisomique australienne a défilé dimanche sous les bravos à New York, de même qu'une femme née sans bras droit.

Conviée à la Semaine de la mode par FTL Moda, un collectif de jeunes créateurs italiens, Madeline Stuart, 18 ans, a même volé la vedette à l'actrice américaine Drew Barrymore et à la mannequin vedette Adriana Lima.

Dès ses premiers pas dans le Vanderbilt Hall, salle majestueuse de la célèbre gare de Grand Central, plus de la moitié des quelque 500 personnes présentes s'est levée pour la voir dans son ensemble rouge.

Madeline n'est pas la première trisomique sur un podium à New York. L'actrice américaine Jamie Brewer l'avait précédée en février. Mais sa mère y voit la confirmation que le monde de la mode s'ouvre progressivement à la diversité.

«C'est formidable qu'on lui offre cette opportunité. C'est une plateforme fantastique pour faire passer nos idées sur l'intégration et le handicap», a déclaré Rosanne Stuart à l'AFP.

Mme Stuart s'exprime au nom de sa fille, expliquant qu'il est difficile de la comprendre lorsqu'on la rencontre pour la première fois.

«Elle aime être au centre de l'attention, que les gens la remarquent et elle se voit comme quelqu'un de cool», explique sa mère.

Cela s'est vérifié durant le défilé, où elle ne semblait pas le moins du monde intimidée par les caméras.

Lors de son second passage, Madeline a même pris la pose, main sur la hanche, et relevé d'un coup le menton à la manière d'une habituée.

L'assistance s'est enflammée, au grand ravissement de l'adolescente, qui a tapé dans les mains tendues de spectateurs du premier rang.

«Plus rien n'est caché»

Le destin de Madeline a basculé en mai dernier, lorsqu'elle a mis en ligne des images la montrant posant à la façon de photos de mode. Elles ont rapidement fait le tour du monde et lui ont attiré 20 000 abonnés sur Facebook. Ils sont aujourd'hui près d'un demi-million.

Rapidement, des marques se sont intéressées à elle. La jeune société américaine EverMaya a notamment donné son nom à un sac à main.

Puis, il y a un mois, FTL Moda l'a contactée pour l'inviter à défiler à New York.

Rosanne mesure le chemin parcouru depuis la naissance de Madeline qui était souvent prise à partie lorsqu'elle était enfant.

«Les gens sont beaucoup plus ouverts aujourd'hui», dit-elle. «Les réseaux sociaux ont tout ouvert. Plus rien n'est caché.»

Elle espère que l'exemple de Madeline parviendra à convaincre des parents que leurs enfants trisomiques peuvent mener une existence épanouie.

«Ils méritent la même chose que les autres. Soutenez-les, aidez-les à réaliser leurs rêves», a-t-elle professé dimanche soir.

Madeline est déjà engagée pour défiler en 2016 lors des Fashion Week de Tokyo, Milan et New York. D'autres designers que FTL Moda ont contacté Rosanne Stuart, mais rien n'est encore finalisé, a-t-elle confié à l'AFP.

Pour promouvoir la diversité, FTL Moda avait également invité une jeune vendeuse de voitures du New Jersey, Rebekah Marine. Née sans avant-bras droit, cette brune de 28 ans se dit fière d'être appelée «mannequin bionique» parce qu'elle porte une prothèse mécanique.

«Cela donne un petit plus à ce que je fais, donc je trouve ça plutôt cool. Maintenant, beaucoup d'enfants pensent que je suis un superhéros», dit-elle dans un sourire.

Malgré son handicap, Rebekah rêvait de devenir mannequin depuis qu'elle était enfant.

Elle s'est rendue avec sa mère à plusieurs distributions et séances photo, sans succès.

«Le milieu de la mode a fait beaucoup de chemin», dit-elle à l'AFP.

«De nombreuses marques hésitent encore beaucoup à faire défiler des mannequins qui ne font pas forcément 1,70 mètre et ne sont pas minces, blondes, avec les yeux bleus. C'est un défi, mais il y a du progrès et c'est génial de faire partie de ce mouvement.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Vivre

Tous les plus populaires de la section Vivre
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer