• Accueil > 
  • Vivre > 
  • Mode 
  • > Un styliste new-yorkais dénonce la violence policière 

Un styliste new-yorkais dénonce la violence policière

Dès la fin de ce film en noir... (Photo Bryan R. Smith, AP)

Agrandir

Dès la fin de ce film en noir et blanc a débuté le ballet des mannequins, qui formaient sans doute l'ensemble aux origines ethniques les plus diverses qu'ait vu la Fashion Week.

Photo Bryan R. Smith, AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jennie MATTHEW
Agence France-Presse
NEW YORK

Coups de feu, cris, et violences policières à connotation raciale sont pour le moins inattendus à la Fashion Week de New York. Mais un jeune styliste a choisi d'ouvrir son défilé avec ces images-chocs, afin d'attirer l'attention sur le problème.

En projetant une vidéo en ouverture de la présentation de sa collection femme, au premier jour du grand rendez-vous de la mode, Kerby Jean-Raymond a voulu ainsi politiser son discours et marquer les esprits.

«Je ne veux pas dire que tout le monde est raciste, parce que, pour moi, ce n'est pas le cas, mais cette éruption à laquelle nous avons assisté ces deux dernières années doit s'arrêter», a-t-il expliqué à l'AFP dans les coulisses.

La vague de décès d'hommes noirs pris sous le feu de policiers a suscité un débat de société aux États-Unis, occasionné des manifestations et donné vie à une nouvelle génération de militants des droits de l'homme.

Si les médias choisissent d'insister sur la couleur de sa peau, ce qui l'agace, Kerby Jean-Raymond entend travailler son message.

Jeudi, il a donc ouvert son défilé printemps/été 2016 par la diffusion d'une vidéo de dix minutes incluant des scènes très violentes et des témoignages de proches de victimes.

Parmi elles, Eric Garner, ce père de six enfants mort en 2014 dans le quartier new-yorkais de Staten Island, étouffé par plusieurs policiers qui voulaient le maîtriser, tandis qu'il criait: «je ne peux plus respirer!».

Dès la fin de ce film en noir et blanc a débuté le ballet des mannequins, qui formaient sans doute l'ensemble aux origines ethniques les plus diverses qu'ait vu la Fashion Week.

«Ça faisait peur»

Sa collection, au sein de laquelle le blanc et le noir dominaient, marie des leggings et des shorts de basketball avec des vestes à coupe courte et des blousons en cuir.

Plusieurs mannequins portaient des cols rouges, en référence au ruban rouge et noir du mouvement de solidarité avec les victimes de violences policières, sur fond de musique et de bruits de tirs.

«Ça faisait peur», a commenté le styliste américano-haïtien, pour qui «on ne peut pas s'habituer» à des sons pareils.

Le jeune homme venu de Brooklyn, qui assure avoir été contrôlé 12 fois par la police avant ses 18 ans, attend de cette vidéo qu'elle pousse à agir.

«J'espère que les gens en ressortiront avec une conscience plus aigüe, une plus grande ouverture d'esprit», a-t-il expliqué.

«Elle n'est pas facile à regarder», a-t-il concédé, regrettant néanmoins que les Américains réagissent de moins en moins, selon lui, lorsqu'ils sont témoins de ces actes de violence.

Pour lui, les policiers n'ont pas tous un comportement condamnable. Lorsque c'est le cas, cela est souvent lié à leur méconnaissance de l'ensemble des communautés et à l'influence des médias.

Certaines chaînes de télévision notamment, qui instillent chez eux «la peur», selon lui.

Kerby Jean-Raymond est un styliste en pleine ascension, deux ans seulement après le lancement de sa marque Pyer Moss, du nom de sa mère.

Il a notamment été remarqué pour sa capacité à réinventer les tenues sportives.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Vivre

Tous les plus populaires de la section Vivre
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer