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Semaine de la mode de Milan: du sage et du discpliné

Pour la vénérable maison Canali, propriété familiale depuis... (PHOTO AFP)

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Pour la vénérable maison Canali, propriété familiale depuis plus de 80 ans, et dont le styliste est désormais Andrea Pompilio, il n'est pas non plus question de trop bousculer la tradition, mais plutôt de la revisiter selon la «magie d'un kaléidoscope».

PHOTO AFP

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Laure Brumont
Agence France-Presse
Milan

L'homme de l'été 2016 sera plutôt sage et discipliné si l'on en croit les collections de prêt-à-porter masculin présentées par les maisons Gucci, Etro, Canali et Fendi, lundi au troisième jour de la semaine de la mode de Milan.

Citer Guy Debord -«Le détournement est le contraire de la citation», La société du spectacle- et le philosophe Jacques Derrida sur «le vrai sens de l'anachronisme», il n'y avait que la maison florentine Gucci et son directeur artistique Alessandro Michele, pour se le permettre dans leur communiqué de presse.

Il y est donc question du «détournement», comme source d'inspiration de la collection estivale de l'an prochain, présentée dans un immense hangar à bateaux faisant partie des historiques bâtiments de la Dogana (Douane) milanaise. Et ce détournement ne serait pas seulement littéraire, voire politique, mais bel et bien esthétique.

De fait, les codes  vestimentaires traditionnels de l'homme sont détournés, au point qu'ils empruntent à la femme ses vêtements, ses tissus et ses accessoires fétiches.

Ainsi, on a vu des lavallières et des fleurs orner le cou des mannequins, jeunes, pâles et forcément androgynes. Les couleurs sont pastel, rose et bleu, les imprimés fleuris, et il y a beaucoup de soie.

Les chemises --devrait-on plutôt dire les chemisiers?-- sont de dentelle, tout en transparence, ou ornées de broderies noires ton sur ton. Parfois, un élégant papillon brodé vient se poser sur un blouson fin.

L'homme va jusqu'à porter une sorte de jupe-culotte et les cols sont pelle à tarte, tandis que les manches des vestons remontent presque jusqu'à l'avant-bras, pour révéler de délicats poignets. Sur la tête, de drôles de bérets à pompons...

Chez Etro, point d'androgynie, mais également ce souci du mix hommes/femmes.

Inspirée par l'oeuf, «symbole de la vie primordiale, union du mâle et de la femelle» pour le styliste Kean Etro, la collection est assez «ronde», consensuelle», avec de beaux modèles, mais rien d'extravagant.

Là aussi on retrouve du vieux rose, du chocolat mordoré, du bleu électrique, du jaune doré et du crème, ainsi que le classique motif cachemire, et un jeu de transparences pour les chemises.

Peu de bermudas, mais des pantalons cigarette. Seules quelques chemises en soie révèlent un peu de peau en s'ouvrant presque jusqu'au nombril.

Pour la vénérable maison Canali, propriété familiale depuis plus de 80 ans, et dont le styliste est désormais Andrea Pompilio, il n'est pas non plus question de trop bousculer la tradition, mais plutôt de la revisiter selon la «magie d'un kaléidoscope».

En regardant à travers cet objet, «je vois l'homme Canali, suspendu dans une atmosphère intemporelle, pendant un été en Méditerranée qui ne finirait jamais», confie Andrea Pompilio.

Les tenues présentées sont ainsi chics et confortables, dans des matières classieuses --du lin, de l'organza, du coton d'Égypte, un mélange lin-soie-laine-- et les mannequins portent de petites valises vintage en guise de sacs à main, comme s'ils étaient entre deux yachts.

Une originalité: des blousons d'un style un peu particulier, qui se portent tels des sacs à dos grâce à des anses aux épaules.

Point de véritable transgression non plus pour la maison romaine Fendi, et sa styliste Silvia Venturini Fendi, qui a misé sur du solide et du sûr.

Les pantalons et les sweats sont molletonnés, larges et confortables, les couleurs sont mates et plutôt sombres et là encore, la peau n'est qu'entrevue. Sur la tête, des casquettes de golf, que l'on retrouve accrochées aux superbes sacs surdimensionnés, portés à la main.

Du cuir, des grosses chaussures, et du python sur de grands manteaux type cabans. «Le look général est clair et net», précise la styliste, il est question ici de créer un «uniforme urbain pour un citadin sentimental».

La Fashion Week milanaise doit se clore mardi avec les défilés de Dsquared, Giorgio Armani et Ermanno Scervino.

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