La mode, ça s'apprend où?

N'est pas Karl Lagerfeld qui veut! Pour régner sur les passerelles, il faut... (PHOTOMONTAGE LA PRESSE)

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Aline Pinxteren, COLLABORATION SPÉCIALE
La Presse

N'est pas Karl Lagerfeld qui veut! Pour régner sur les passerelles, il faut déjà réussir à entrer dans une des meilleures écoles de mode au monde. Zoom sur cinq d'entre elles, parmi les plus réputées, qui se démarquent par leur originalité ou leurs débouchés.

CENTRAL SAINT MARTINS

À Londres 

Pour

Les plus créatifs (et les plus doués, vu le peu d'admis!)

C'est

La digne héritière d'une école d'art fondée en 1854, fusionnée avec une autre plus axée sur le design en 1989. La réputation de son département de mode vient surtout de Louise Wilson, qui a su déceler et faire s'épanouir la folle créativité de très grands couturiers quand elle les avait comme élèves. Cette enseignante exceptionnelle est morte l'an dernier, mais cela n'a pas terni l'immense prestige de l'école, numéro un de tous les classements mondiaux, entre autres parce qu'elle met la création au premier plan, loin devant la technique. Saint Martins est tellement incontournable que l'édition anglaise du magazine Vogue lui consacre une ligne du temps sur son site, pour ne rien manquer des points forts de l'agenda scolaire!

Ils y étaient :

Tous ou presque, en tout cas chez les Anglais! Alexander McQueen, Sarah Burton, qui a pris sa suite à sa mort, John Galliano, Stella McCartney, Clements Ribeiro, Matthew Williamson, Phoebe Philo (Céline), Riccardo Tisci (Givenchy), Christopher Kane, Hussein Chalayan...

Pour y entrer :

Ce ne sera pas évident : sur 600 candidatures par an, seuls 50 heureux élus sont retenus pour leur regard différent, à la fois singulier et visionnaire, sur la base de leur portfolio et de leur entrevue avec le comité d'admission.

Combien :

Environ 30 000 $ pour les non-Européens. Par contre, les coûts sont bas pour les Anglais grâce à une subvention gouvernementale. Pas donné, donc, mais des bourses sont attribuées chaque année, notamment par LVMH et Swarovski.

PARSONS SCHOOL OF DESIGN

Où :

À New York, avec une antenne à Paris 

Pour :

Une formation à la fois artistique et bien ancrée dans une vraie compréhension du marché.

C'est :

Une école qui fait bien plus jeune que son âge (elle a été fondée en 1896) tant elle se veut à la pointe de l'éducation. Sa section mode élabore donc, en parallèle aux projets créatifs, une approche tenant compte des réalités actuelles, tant économiques qu'écologiques, pour que les élèves soient aussi bons en maniant leurs aiguilles qu'en négociant avec des fabricants de tissus ou des revendeurs. Mode et marketing se combinent d'ailleurs dans un des programmes proposés.

Ils y étaient

Comme Saint Martins pour les Anglais, Parsons l'américaine peut se targuer d'accueillir dans ses classes l'élite des États-Unis : Marc Jacobs, qui avait été primé pour des chandails trapèze ultralarges tricotés par sa propre grand-mère en dernière année, Donna Karan, Tom Ford, Narciso Rodriguez, le photographe Steven Meisel, Jenna Lyons (J. Crew), Derek Lam, Alexander Wang, Jason Wu, Anna Sui, Isaac Mizrahi, Jack McCollough et Lazaro Hernandez (Proenza Schouler)...

Pour y entrer :

5 % de Canadiens seulement y étudient en moyenne. Une des exigences du programme est la maîtrise de l'anglais. Pour le reste, au-delà du diplôme habituel du secondaire, les aspirants doivent fournir une lettre de motivation, un portfolio de leurs oeuvres et, surtout, réussir le Parsons Challenge, un exercice qui permet au jury de voir comment une idée est interprétée, développée visuellement et défendue par écrit.

Combien :

Cela peut monter jusqu'à 40 000 $ le trimestre, selon les programmes.

ACADÉMIE ROYALE DES BEAUX-ARTS D'ANVERS

:

En Belgique 

Pour :

Les fortes personnalités (avec une bonne endurance, ce n'est pas le travail qui manque).

C'est :

Une des plus anciennes écoles artistiques au monde avec plus de 350 ans au compteur! Avec La Cambre, à Bruxelles, elle accomplit le petit miracle de placer deux institutions d'un pays qui a la taille d'un mouchoir de poche dans le palmarès des dix meilleures écoles de mode de la planète. Son approche avant-gardiste et très expérimentale la rend à nulle autre pareille, tout comme les créateurs qui en sortent. On pratique son art, mais jamais sans y réfléchir profondément aussi, c'est la base même de la philosophie maison.

Ils y étaient :

Ce sont les fameux « Six d'Anvers » (ou plutôt sept, avec l'invisible Martin Margiela) qui ont fait exploser la renommée de l'école dans les années 80. Dries Van Noten, Ann Demeulemeester, Dirk Bikkembergs, Walter Van Beirendonck, Dirk Van Saene et Marina Yee, tous finissants au même moment, ont décidé chacun dans son style de prendre une voie minimaliste, à contre-courant de ce qui se faisait à l'époque. Leurs défilés communs à Londres puis à Paris ont affolé les acheteurs et les journalistes avec leurs lignes épurées et novatrices. Ils ont continué ensuite leur carrière séparément, non sans inspirer au passage toute une série de créateurs, comme Haider Ackermann, Véronique Branquinho, Peter Pilotto ou Bruno Pieters, qui les ont suivis à Anvers. Ils auront aussi une forte influence sur de nombreux compatriotes, comme Olivier Theyskens (Theory), Laetitia Crahay (accessoires Chanel), Véronique Leroy ou Kris Van Assche et Raf Simons (tous deux chez Dior).

Pour y entrer :

Il faut être motivé... En plus d'un diplôme de base du secondaire et du test de langue déjà évoqué, on doit réussir un examen artistique devant jury, qui se déroule sur deux jours et combine analyse du portfolio, dessin, création et entrevue. Autant dire que se retrouver en première année se mérite!

Combien :

Ça, c'est le point vraiment positif : le cursus ne coûte presque rien par rapport aux autres écoles du même (très haut) niveau, comme le gouvernement flamand de Belgique subventionne largement l'Académie. Un non-Européen s'en sortira autour d'un raisonnable 9000 $.

ÉCOLE DE LA CHAMBRE SYNDICALE DE LA COUTURE

:

À Paris

Pour :

Les puristes rêvant de maîtriser la haute couture dans les règles de l'art.

C'est :

Une école prestigieuse créée en 1927, sous l'impulsion de la très sélecte Chambre syndicale de la haute couture. Ses membres souhaitaient pouvoir disposer d'excellents modélistes (créateurs de patrons) formés exactement selon les exigences du sur-mesure, qui n'a pas grand-chose à voir avec la confection (prêt-à-porter).

Ils y étaient :

La crème de la crème, rien de moins : Yves Saint Laurent, Karl Lagerfeld, André Courrèges, Issey Miyake et Valentino, sans compter les meilleurs talents de la relève de la couture française, comme Alexis Mabille, Anne Valérie Hash, Jérôme L'Huillier, Maxime Simoens ou Stéphane Rolland.

Pour y entrer :

Là aussi, les places sont chères... Sur 200 dossiers reçus, 75 élèves décrochent le droit de s'inscrire en première année. Et seuls 30 auront la chance de faire cette fameuse quatrième année.

Combien :

18 000 $ environ si on n'est pas européen. Des bourses d'études sont offertes par la fondation du magazine Elle, par exemple, ou celle de Carla Bruni-Sarkozy.

ISTITUTO MARANGONI

:

À Milan, mais aussi à Londres, Paris et Shanghai

Pour :

Ceux qui ont la bougeotte (et beaucoup de sous)

C'est :

Un établissement privé lancé en 1935 par Giulio Marangoni, couturier préféré de la grande noblesse italienne à l'époque. Il voyait son « institut artistique de l'habillement » comme un lieu de formation d'où sortiraient des professionnels de haut vol, spécifiquement orientés vers l'industrie de la mode. Depuis 2000, l'institut s'est doté en plus d'une dimension résolument internationale en ouvrant coup sur coup des campus à Londres, Paris et Shanghai qui lui donnent actuellement un taux d'élèves record par rapport à ses concurrentes: 2500 élèves de 92 pays différents!

Ils y étaient :

L'Istituto a vu passer beaucoup d'Italiens qui comptent : Franco Moschino, Domenico Dolce (Dolce & Gabbana), Alessandra Facchinetti (Tod's), Rodolfo Paglialunga (Jil Sander), Alessandro De Benedetti... Mais aussi Julie de Libran, désormais chez Sonia Rykiel.

Pour y entrer :

Tant qu'on est diplômé du secondaire, rien de bien compliqué : ni portfolio à préparer ni examen à réussir! La direction conseille tout au plus de passer à un entretien « pour mieux cerner son potentiel de développement ». Autrement dit, tout le monde peut rentrer (30 000 finissants en 70 ans). S'il y a problème, il sera plus d'ordre financier.

Combien :

Environ 30 000 $, ce qui fait cher quand même pour 15 heures de cours par semaine... Un service de prêt bancaire est toutefois offert pour pouvoir acquitter les droits de scolarité, mais à Milan et Paris seulement.

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