Mode à Milan: cure de jouvence pour Gucci

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Federica ANDREOL
Agence France-Presse
MILAN

Défilé le plus attendu de la semaine de la mode milanaise, Gucci n'a pas déçu mercredi à l'ouverture du rendez-vous italien, avec une collection signée par le nouveau directeur créatif Alessandro Michele en totale rupture avec les saisons passées.

Pour l'hiver prochain, exit la femme de pouvoir sexy et flamboyante, place à une jeune fille romantique et androgyne...

Du carton d'invitation écrit finement à la main, à l'organisation du défilé, tout laissait présager un grand bouleversement. Gucci n'avait en effet prévu qu'un seul défilé, contre deux habituellement, faisant ainsi de son défilé l'événement exclusif à ne pas rater.

À l'entrée du théâtre de l'hôtel Diana, où Gucci prend toujours ses quartiers durant la Fashion Week de Milan, l'atmosphère était électrique. «Il y a une incroyable effervescence», commentait une source au sein de la maison.

À l'intérieur du théâtre, l'espace avait été totalement modifié et le public, rassemblé au centre, a dû patienter une longue demi-heure avant que le spectacle ne débute.

Dans un bruit tonitruant de train qui s'éloigne, le premier mannequin est apparu longeant le mur carrelé d'une station de métro aux couleurs rouge sombre. Elle portait un chemisier transparent et une jupe mi-longue plissée en cuir d'un rouge vif.

Seul signe distinctif: la ceinture noire barrée des deux G dorés et croisés du célèbre logo de Gucci.

Androgyne

 

Avec son béret ou bonnet de laine à pompon au choix, ses lunettes intello, ses robes combinaisons à fleurs et ses chaussures plates (pantoufles fourrées trompe-l'oeil en forme de faux mocassins, sandales de moine en cuir et ballerines à longs lacets croisés sur les chevilles), la nouvelle femme Gucci aux airs d'étudiante évanescente semble avoir rajeuni de 20 ans.

Les cheveux longs lâchés sur les épaules, dépouillés de tout accessoire clinquant, cette jeune fille dégage une certaine innocence.

Non sans ironie et malice, toutefois, lorsqu'elle enfile un débardeur en dentelles à fines bretelles ou une mini robe nuisette noire totalement transparente.

La griffe phare du groupe Kering, en perte de vitesse depuis plus d'un an avec un chiffre d'affaires en baisse de 1,8% à 3,5 milliards d'euros en 2014, vit une véritable révolution.

Après le départ de Frida Giannini et de Patrizio di Marco - la directrice artistique et le PDG remerciés en décembre -, la maison Gucci a été confiée à Marco Bizzarri, le nouveau patron, tandis qu'Alessandro Michele, collaborateur de longue date de Frida Giannini et responsable jusqu'alors des accessoires Gucci, a pris la direction artistique.

C'est à lui que revenait la délicate mission de changer rapidement l'image de la marque afin de la relancer.

Après avoir signé en janvier une première collection masculine pour Gucci, déjà très remarquée, le designer a poursuivi son travail de métamorphose radicale sur la femme. Au final, comme pour l'homme, l'esprit de la collection est un brin ambigu, voire androgyne.

Quand elles ne mettent pas leurs délicates robes à volant fleuries, les femmes Gucci portent le costume et se confondent de manière troublante avec les mannequins hommes, qui s'intercalent d'ailleurs subrepticement sur le podium.

Jusqu'à lundi, 151 collections avec 68 défilés et 80 présentations doivent voir se côtoyer grandes griffes, marques positionnées dans le moyen haut de gamme et jeunes stylistes. Jeudi, ce sera au tour de Prada.

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