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Fashion Mix, exposition en hommage à la mode parisienne sans frontières

L'exposition, qui s'organise autour d'écoles stylistiques -britannique, italienne,... (Photo Digital/Thinkstock)

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L'exposition, qui s'organise autour d'écoles stylistiques -britannique, italienne, espagnole, japonaise, belge-, présente aussi des savoir-faire spécifiques, comme les ateliers de broderie russes des années 1920.

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Anne-Laure MONDESERT
Agence France-Presse
PARIS

De Balenciaga à Azzedine Alaïa en passant par les écoles japonaise et belge, une exposition au Musée de l'histoire de l'immigration à Paris célèbre l'apport des créateurs étrangers à la mode de la capitale, rappelant d'emblée que le fondateur de la haute couture était anglais.

Son portrait en pied accueille le visiteur: Charles Frederick Worth y apparaît en majesté, portant bacchantes et toque. Maître de l'élégance parisienne pendant la deuxième moitié du XIXe siècle, protégé de l'impératrice Eugénie, ce Britannique était arrivé sans le sou à Paris à l'âge de vingt ans, avant de fonder sa maison de couture en 1858 avec un associé suédois.

«Il fallait l'applaudir», explique à l'AFP Olivier Saillard, commissaire de l'exposition, qui s'est ouverte mardi. «C'est une chance pour la haute couture française qu'il ait eu cette intuition, elle a guidé toute notre histoire», ajoute le directeur du Palais Galliera, le Musée de la mode de Paris.

Plusieurs créations de Worth, dont une «visite», sorte de manteau à manches évasées, et un corsage noir en satin de soie, sont présentées à côté de robes de deux de ses compatriotes d'aujourd'hui, Vivienne Westwood et John Galliano.

L'exposition, qui s'organise autour d'écoles stylistiques -britannique, italienne, espagnole, japonaise, belge-, présente aussi des savoir-faire spécifiques, comme les ateliers de broderie russes des années 1920.

«Au début, on pensait qu'il y avait quelques grands créateurs de mode qui étaient venus de l'étranger et là, dans l'exposition, il y en a 260! Depuis l'invention de la haute couture, il y a toujours eu des étrangers qui sont venus, attirés par Paris et ont apporté cette richesse à la France», commente le directeur du Musée de l'histoire de l'immigration, Luc Gruson.

«Parcours de vie saisissants»

À côté des Dior, Courrèges, Cardin ou Yves Saint Laurent, «il y a tous ces autres couturiers, (Mariano) Fortuny, Elsa Schiaparelli, (Cristobal) Balenciaga, Azzedine Alaïa, qui, un jour, ont pris leurs valises et sont venus s'installer à Paris pour y faire une mode très parisienne, très française», rappelle Olivier Saillard.

Des archives racontent des «parcours de vie saisissants», conférant un côté «fragile à une discipline qui parfois peut paraître arrogante», note-t-il.

Originaire d'Italie, Elsa Schiaparelli, grande rivale de Chanel, a été naturalisée en 1931. Pour motiver son avis favorable, son dossier explique que la couturière «emploie 139 employés et ouvriers, dont 118 Français».

Plusieurs couturiers prestigieux ont aussi fui la guerre civile espagnole, comme Balenciaga ou Paco Rabanne, dont la carte de réfugié rappelle l'histoire familiale tragique. Son père, communiste, a été fusillé par les franquistes et sa mère a dû fuir avec ses quatre enfants, passant par des camps du sud de la France avant de s'établir en Bretagne.

Tous les couturiers présentés dans l'exposition n'ont pas pour autant décidé d'immigrer. «À partir des années 1960, les créateurs sont venus à Paris sans forcément faire le choix d'y vivre, mais ils continuent de venir y présenter leurs collections», souligne Olivier Saillard.

Si la mode est désormais internationale et qu'on ne peut plus parler de «mode française», selon lui, «Paris reste la capitale où il y a les défilés les plus créatifs». «C'est la capitale où on a le plus de créateurs différents, il peut y avoir des écoles stylistiques minimales ou exubérantes», dit-il. Un attrait lié à la présence de puissants groupes de luxe, comme LVMH et Kering.

Aujourd'hui, dans ces groupes et les grandes maisons de mode, on ne compte plus les créateurs venus de l'étranger: l'Allemand Karl Lagerfeld chez Chanel, le Belge Raf Simons chez Dior... Les Français, quant à eux, reconnaît Olivier Saillard, «ne sont pas pléthore». «On a tendance à regarder les créateurs étrangers avec plus d'intérêt, d'exotisme. Et donc les créateurs français doivent parfois crier plus fort pour dire qu'ils sont là, même si c'est moins le cas depuis Nicolas Ghesquière», directeur artistique de Louis Vuitton, juge-t-il.

Fashion Mix. Mode d'ici, créateurs d'ailleurs, au Musée de l'histoire de l'immigration, avenue Daumesnil, 75012 Paris. Jusqu'au 31 mai 2015.

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