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Contre toute attente, Detroit renaît tout doucement et attire des entrepreneurs aventureux.

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La métropole américaine vit, depuis quelques années, une petite renaissance. Eldorado pour entrepreneurs culottés, carte de visite de grandes sociétés à la recherche d'un récit original de leurs origines, Detroit est un peu tout cela à la fois. Regard sur une ville qui, envers et contre tout, a du style.

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Zachary Pashak

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Zak Pashak, l'entrepreneur venu du nord

Candidat à la mairie de Calgary. DJ. Et finalement, entrepreneur. À 34 ans, Zachary Pashak peut se vanter d'avoir connu plusieurs vies. Aujourd'hui, ce Canadien est à la tête de Detroit Bikes, une petite entreprise aux grandes ambitions.

Plus de 50 000 pieds carrés d'espace. Une succession de salles de réunion meublées de façon spartiate. Un stationnement large, et loin d'être rempli.

Aucun doute, l'usine Detroit Bikes ne manque pas d'espace.

« C'est même beaucoup trop grand pour nous, mais mon idée, c'est de grandir rapidement », dit, d'entrée de jeu, Zachary Pashak.

Une barbe entoure son visage poupin. Vêtu d'une paire de jeans et d'une chemise à carreaux - un style décontracté et branché - , le Canadien ressemble exactement à l'image que l'on peut se faire du hipster-entrepreneur.

« J'en ai l'air, convient-il. Mais ici, c'est pas un café. Je veux grossir. »

Plan

De l'ambition, Zak Pashak n'en manque pas.

Detroit Bikes a vendu 1000 vélos en six mois, mais l'usine, pensée pour une production à haut volume, est conçue pour en produire plus de 50 000 par année.

« Je ne suis pas là pour exploiter le marché local, explique M. Pashak. Je veux devenir le plus grand fabricant de vélos aux États-Unis. » - Zak Pashak

Les vélos Detroit Bikes restent simples et ne s'adressent pas aux nerds du vélo de route, de montagne ou de fixies, mais à Monsieur et Madame Tout le monde. Après tout, Zak Pashak lui-même est un néophyte dans le monde du vélo.

Le prix des vélos est d'environ 600 $: un coût qui peut être dissuasif, mais Zak Pashak croit que les Américains, qui se mettent lentement, mais sûrement, à adopter le deux-roues comme moyen de transport, pourraient voir là une économie face au gouffre que peut représenter l'entretien d'une voiture.

Terrain de jeu

Detroit en est la preuve.

La ville a prospéré et chuté avec l'industrie automobile.

Depuis son déclin démographique et économique, ses artères larges sont peu fréquentées. Étrangement, elles sont devenues un vaste terrain de jeu pour les cyclistes, de plus en plus présents.

Les géants automobiles ont aussi légué à Detroit des infrastructures et une main-d'oeuvre spécialisée de haut calibre. Bref, la capitale automobile est le terrain de jeu idéal pour un jeune fabricant de vélo.

Troc

Zak Pashak croit en son instinct.

« Il y a 15 ans, j'avais cette envie irrésistible de déménager à Portland. J'ai vu la communauté se développer là-bas. J'ai le sentiment que la même chose pourrait arriver à Detroit », dit-il.

Voyant dans Detroit un nouveau Portland, il convainc sa copine de troquer la Colombie-Britannique contre le Michigan. Le prix de la vente de leur maison leur permet d'acheter une maison victorienne à Highland Park, un quartier historique de Detroit - mais aussi son usine, et ses machines.

L'entrepreneur ne voit toutefois pas la vie en rose.

Le déménagement a eu raison de son couple, et le climat social de Detroit peut être pesant.

« C'est une honte, mais la ville est vraiment ségréguée. Les classes moyennes blanches et noires interagissent seulement dans les banlieues plus riches. Le coeur de la ville, lui, est très noir, très pauvre et les gens ne se mélangent pas », décrit-il.

« Des fois, je regarde les nouvelles et ça me déprime. Il y a des problèmes de transports, aucun dépanneur sympathique au coin de la rue. Je vis dans un quartier très joli, mais deux rues au nord, on retrouve des maisons de crack. C'est dur », explique le jeune homme.

Malgré tout, il croit qu'après plusieurs décennies de problèmes économiques, sociaux et politiques, Detroit renaît doucement.

« La ville reste unique à cause de son héritage. Les choses changent. Je ne me vois pas ailleurs », dit-il.

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