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La mode et la politique s'exposent à Toronto

Robe à l'effigie du président américain Barack Obama.... (Photo fournie par le Design Exchange)

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Robe à l'effigie du président américain Barack Obama.

Photo fournie par le Design Exchange

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(TORONTO) Qu'ont en commun les Femen et PETA, Jean Paul Gaultier et Jeremy Scott, Hussein Chalayan et Vivienne Westwood ? Tous utilisent le vêtement au-delà de la mode et du style. Entre créateurs et mouvements politiques, l'exposition Politics of Fashion/Fashion of Politics, qui s'est ouverte hier au musée Design Exchange (DX) de Toronto, propose un fascinant dialogue entre mode et société.

Des années 60 à nos jours, ce sont donc plusieurs dizaines de créations qui sont exposées, autour des questions du militantisme, du genre, du consumérisme ou de la politique elle-même. Toutes ont été sélectionnées par Jeanne Beker, figure canadienne incontournable du monde de la mode, et par la commissaire de DX Sara Nickelson.

POING LEVÉ

L'exposition s'ouvre avec des images coups de poing : une installation anti-fourrure de PETA, un portrait géant d'une Femen québécoise - accompagné d'une couronne de fleurs, couvre-chef célèbre des Femen. Les deux groupes sont connus pour leur capacité à créer des images qui frappent - tout en rendant le port du vêtement accessoire.

Mais la création de mode peut elle aussi être le véhicule de causes politiques.

C'est le propos choisi ici, avec la présentation de morceaux de la collection Climate Revolution Vivienne Westwood. La créatrice britannique pourrait d'ailleurs faire l'objet à elle seule d'une lecture politique de ses créations - il suffit de penser à son dernier défilé, au cours duquel elle a soutenu l'indépendance de l'Écosse.

Évidemment, si l'on pense aux prises de position des créateurs de mode sur les grandes questions de leur temps, on a aussi en tête la déferlante de mini-jupes de Pierre Cardin, ou encore du célèbre monokini (ou « topless bikini ») en forme de minishort, avec les bretelles qui traversent la poitrine, imaginé par Rudi Gernreich dans les années 60.

Autre bon coup : l'exposition présente aussi le travail de Patrick Kelly, premier designer noir à avoir été admis dans le cercle très fermé de la haute couture parisienne, à la fin des années 80. Disparu au début des années 90, ce pionnier reste, en dépit de son grand succès, trop méconnu aujourd'hui.

CONTROVERSE

Le parcours inclut aussi la mode skinhead. Un choix qui peut prêter à polémique, reconnaît la commissaire Sara Nickelson. Mais le mouvement skinhead n'avait rien de raciste à ses débuts, selon elle.

« Ils utilisent la mode comme moyen d'expression, dit-elle. Cela me paraissait important de montrer cette histoire, en dépit des stéréotypes que l'on peut avoir sur les skinheads. »

Dans les controverses plus récentes, DX présente Afterwords, une installation issue d'un défilé d'Hussein Chalayan, créé en pleine guerre du Kosovo. Le créateur d'origine chypriote est, après tout, celui qui a fait défiler des mannequins sous un tchador en 1998 - des modèles qu'il a choisi de ne plus montrer aujourd'hui.

CANADIENS

Et le Canada, dans tout ça ? Les créateurs et personnages d'ici ne sont pas en reste. Difficile en effet de se pencher sur la question du genre sans mentionner Rad Hourani, génie « unisexe » de la haute couture, qui crée entre Montréal et Paris.

Enfin, pour explorer l'habit des politiques, DX a retenu certains vêtements des femmes de nos élus. Tout naturellement, la garde-robe de Margaret Trudeau est revisitée.

En plus de sa robe de mariée (cousue de ses propres mains), DX revient sur la commotion créée par sa tenue de soirée lors d'une visite diplomatique à la Maison-Blanche.

Par leur style, les Trudeau ont marqué l'histoire - une influence qui se ressent jusque sur une mini-robe de papier de 1968 sur laquelle est imprimé le portrait de Pierre Elliott Trudeau.

Après les Obama et les Kennedy (deux couples dans lesquels les vêtements de la Première Dame ont une fonction politique), l'exposition se termine de façon plus étonnante avec l'ensemble bleu marine porté par Laureen Harper, lors de la soirée électorale de 2011, qui a vu les conservateurs emporter la majorité des sièges de la Chambre des communes.

Aux côtés des vêtements de designers de Michelle Obama, le complet détonne. Fait par un tailleur d'Ottawa, sur des tissus choisis par Mme Harper, ils illustrent aussi le souci de frugalité, sur lequel les conservateurs ont fait campagne.

Le non-style, vecteur de message politique ? En ces temps de promotion de l'habillement « normal », on ne peut qu'approuver le propos.

L'exposition Politics of Fashion/Fashion of Politics au Design Exchange, jusqu'au 25 janvier.

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