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Dans un atelier, avec les brodeuses de la traîne de la robe de mariée Chanel

Une semaine avant le défilé, il n'y a... (Photo PATRICK KOVARIK, AFP)

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Une semaine avant le défilé, il n'y a pas un bruit dans l'atelier Cécile Henri, dans une ruelle du 11e arrondissement.

Photo PATRICK KOVARIK, AFP

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Caroline TAIX
Agence France-Presse
PARIS

À peine le défilé terminé, la robe de mariée Chanel est en photo dans les médias du monde entier. Pour la plus grande fierté des brodeuses qui ont passé des centaines d'heures à réaliser la traîne dans un petit atelier parisien.

Une semaine avant le défilé, il n'y a pas un bruit dans l'atelier Cécile Henri, dans une ruelle du 11e arrondissement. Le calme et la concentration sont de rigueur, loin de l'hystérie qui règne dans certaines maisons à l'approche du défilé.

Cécile Henri atelier est l'un des derniers brodeurs parisiens, qui plus est indépendant. Une trentaine de personnes y travaillent, le double d'il y a dix ans. Ici, on brode pour les plus grands noms de la mode, surtout pour le prêt-à-porter de luxe (Vuitton, Saint-Laurent, Balmain, etc.) et bien sûr pour la haute couture.

Plusieurs silhouettes du défilé Chanel, présenté mardi, sont passées par Cécile Henri Atelier. «En mai, la maison nous a expliqué l'ambiance du défilé, ce vers quoi Karl Lagerfeld voulait aller», raconte Sébastien Barilleau, PDG depuis mars d'Ateliers 2 Paris, qui réunit Cécile Henri Atelier et Lunas France, un créateur d'ornements textile.

«À partir de ces pistes, nous avons créé des échantillons. Puis nous avons attendu de savoir si Karl les choisissait», poursuit-il. Le célèbre couturier a été convaincu: douze looks de son défilé sont passés par Cécile Henri atelier.

Sept jours avant le défilé, les brodeuses s'apprêtent à terminer des galons or et corail, qui souligneront la structure d'une robe, et ont bien avancé sur la traîne de la robe de mariée.

Elles travaillent sur des panneaux, qui sont envoyés dès qu'ils sont terminés à la maison de couture, où sont montés les vêtements, qui peuvent passer entre les mains de plusieurs brodeurs, dont Lesage et Montex, qui appartiennent à Chanel.

L'appellation haute couture, qui est exclusivement parisienne contrairement au prêt-à-porter, prend tout son sens: chaque pièce représente des dizaines d'heures d'ouvrage.

Des bouquets de fleurs pour Dior

La cape-traîne de la robe de mariée a, elle, nécessité des centaines d'heures de travail. Afin d'obtenir ces motifs baroques, dorés et mordorés, soulignés par des perles nacrées, il a d'abord fallu sérigraphier les motifs, puis une vingtaine de brodeuses ont posé pendant trois jours des strass, qui ont ensuite été repeints. Enfin, des perles et des toupies ont été brodées.

«Il faut être passionné. C'est un travail méticuleux», souligne Miléna Lapierre, brodeuse de 27 ans, penchée au-dessus de la traîne. «Mais c'est gratifiant de participer» à un tel ouvrage, dit-elle, bien consciente que la robe fera le tour des réseaux sociaux et apparaîtra dans des magazines du monde entier.

L'atelier a également travaillé sur trois silhouettes du défilé Christian Dior, présenté lundi. Les brodeuses ont notamment travaillé sur des bouquets de fleurs d'inspiration XVIIIe siècle.

«Je ne connaissais rien à la broderie quand je suis arrivé, en 2002», confie, Sébastien Barilleau. «On m'a mis un petit bijou entre les mains», ajoute-t-il fièrement. L'atelier est un des plus jeunes, apparu il y a 32 ans.

«Notre valeur ajoutée, c'est notre travail innovant sur la broderie. Nous n'avons pas pu nous reposer sur les archives, comme nous sommes une maison jeune. Cela nous a poussés à être créatifs», explique-t-il.

En dehors des défilés, l'atelier travaille également sur des commandes spéciales, comme des robes de mariée, passées à des maisons de couture. «Nous en réalisons une en ce moment. J'ai calculé que bout à bout, sa création emploie une personne pendant 2 ans», explique le responsable de l'atelier.




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