Cokluch, portées par l'intuition

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Depuis près de sept ans, les deux complices derrière la marque Cokluch, Christine Guérin et Laurie Lemieux, font leur chemin dans le milieu parfois hostile de la mode en suivant leur instinct. Et ça marche!


En une journée étrangement printanière du mois de février, La Presse s'est rendue dans le charmant atelier-boutique de Cokluch rencontrer les deux designers derrière cette ligne qui s'est d'abord fait connaître pour son utilisation du cuir recyclé, mais qui a eu la bonne idée de ne pas s'y confiner. Une journée tout indiquée pour découvrir du même coup leur collection printemps-été, qui arrive ces jours-ci en boutique.

La complicité entre Christine Guérin et Laurie Lemieux est palpable. Amies depuis l'adolescence, elles ont d'abord pris chacune leur chemin, Christine, en design de mode et Laurie, en design d'intérieur.

Après leurs études, elles emménagent ensemble. À cette époque, Christine travaille à la confection de costumes pour le Cirque du Soleil, alors que Laurie s'occupe de la mise en marché pour les boutiques Néon.

Elles auraient pu continuer ainsi, chacune dans son domaine, si une matière ne les avait pas réunies: le cuir. «Christine faisait des sacs en cuir recyclé pour ses amis chez nous. Cela m'avait toujours intéressée, donc elle m'a montré comment faire. Tranquillement, je me suis rendu compte que c'est ce que je voulais faire dans la vie», raconte Laurie, qui exhibe fièrement son bedon arrondi d'une grossesse de cinq mois, son premier enfant.

C'est alors que les deux amies décident de créer leur petite entreprise. «On s'est lancées dans le vide!», résume Christine.

Le cuir recyclé a donc été au coeur de la marque Cokluch pendant de nombreuses années. Des sacs aux accessoires en passant par les manteaux, les créatrices en ont fait leur créneau. Une spécificité qui leur a permis de se démarquer et aussi d'obtenir des subventions. «Ce fut notre porte d'entrée dans le monde de la mode», constate Laurie.

Villeray tatoué sur le coeur

Après deux ans à créer dans leur appartement, les deux amies se sont rendues à l'évidence: il leur fallait un «vrai» atelier. Elles trouvent alors le local où elles sont toujours installées, une ancienne buanderie qu'elles ont retapée de A à Z à laquelle elles ont ajouté un espace boutique.

Au coeur de leur atelier bondé, les créatrices semblent comme des poissons dans l'eau, même si l'espace manque, à tel point qu'elles ont dû louer un entrepôt. Mais pas question pour elles de déménager pour l'instant, à moins de trouver un local plus grand dans leur quartier.

Car les gens de Villeray les ont adoptées, alors que de plus en plus de clients se déplacent d'un autre coin de la ville pour visiter la boutique où se trouvent leurs créations, mais aussi celles d'autres designers québécois comme Eve Gravel et Atelier b.

Du cuir aux vêtements

Si le cuir recyclé leur a permis de faire croître leur petite entreprise, Laurie et Christine ont eu l'instinct de ne pas s'y limiter. «Nous avons toujours su que nous voulions faire du vêtement, mais ça a pris un certain temps avant qu'on soit assez solide pour ajouter du prêt-à-porter à notre marque», explique Christine.

Aujourd'hui, elles ont complètement abandonné le cuir recyclé, les difficultés d'approvisionnement et de constance ayant eu raison de leur volonté. «Le matériel était rare, la qualité était de moins en moins là, puisque nous n'étions pas les seules à utiliser du cuir recyclé. Nous n'avions plus l'énergie», relate Christine.

Si le cuir (neuf) trône toujours chez Cokluch grâce aux manteaux, sacs et accessoires, le prêt-à-porter prend de plus en plus de place depuis leur première collection de vêtements lancée à l'été 2012, constatent-elles.

En plus de leur permettre de créer une collection d'été plus substantielle - qui achète des manteaux de cuir en plein été - les vêtements, moins coûteux que les pièces en cuir, permettent de faire rouler les affaires. Et les clients? Ils en redemandent.

Complicité créatrice

Le modus operandi derrière la création des collections de Cokluch? Des inspirations, des échanges d'idées et une véritable complicité créatrice. Les deux designers ne sont pas du genre à trop rationaliser ce qu'elles font. «Nos vêtements parlent pour nous!», lance Christine.

Ainsi, le passage au prêt-à-porter s'est fait de façon plutôt naturelle. «Au début, on s'est cherchées un peu, on a fait des compromis et le résultat n'était pas vraiment là, avoue Laurie. Puis, on a décidé de partir de nous, de faire ce qu'on aime, c'est tout. Et depuis qu'on ne fait plus de compromis, ça va bien! Ça reste du Cokluch, puisque c'est nous!»

Dans cette ligne de pensée, les jeunes entrepreneures ne céderont jamais à la mode passagère si cela se fait au détriment de l'ADN de leur marque. Le fleuri est à la mode? Tant pis: elles n'aiment simplement pas tout ce qui est girly!

«Nous sommes attirées par la mode masculine: on trouve les chaussures et les bijoux pour hommes plus beaux que ceux pour femmes. On aime le noir, le gris, les kakis, l'aubergine, l'orange brûlé... On n'aime pas le rose ni les trucs girly avec du froufrou! Cela se reflète dans nos pièces qui sont plus rough, plus garçon», conclut Christine.




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