Vêtements olympiques: le 6e principe

L'athlète australienne Belle Brockhoff et le joueur de...

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L'athlète australienne Belle Brockhoff et le joueur de tennis James Blake sont deux des visages de la campagne Principle 6.

Que faire pour dénoncer les politiques antigais du gouvernement russe tout en évitant, pour les athlètes, de se faire accuser de propagande homosexuelle durant les Jeux olympiques de Sotchi? La campagne Principle 6 propose une solution: porter une des pièces de vêtement créées par American Apparel à l'effigie du sixième principe anti-discrimination de la Charte olympique.

Les Jeux olympiques d'hiver de Sotchi sont à nos portes, et plusieurs s'inquiètent des conséquences des lois antigais du gouvernement russe sur cet événement et les athlètes. Comme la Russie interdit la propagande pro-homosexuelle, difficile pour les athlètes de se prononcer contre ces politiques sans courir de risques.

La campagne Principle 6 suggère de contourner le problème en faisant référence au sixième principe de la Charte olympique, qui stipule que la discrimination, peu importe laquelle, est incompatible avec l'esprit olympique. Déjà, près de 35 athlètes olympiques et professionnels de partout dans le monde, gais ou hétéros, ont annoncé leur soutien à cette campagne, dont le skieur alpin canadien Mike Janyk et le patineur de courte piste Blake Skjellerup, qui concourront cette année aux JO.

Lancée par Athlete Ally et All Out, deux organisations qui militent pour les droits de la communauté LGBT, la campagne a d'ailleurs forcé le Comité international olympique à confirmer que ce «sixième principe» contre la discrimination inclut bel et bien l'orientation sexuelle, lui qui a banni tout discours politique durant les Jeux olympiques.

«Si le Comité international olympique refuse de faire respecter ses propres principes alors même que les pays hôtes bafouent les droits de l'homme et la dignité des athlètes, alors la Charte olympique n'a aucun sens, a déclaré Andre Banks, cofondateur d'All Out, dans un communiqué. Le sixième principe de la Charte olympique officielle précise que le sport ne doit pas discriminer. Notre campagne permet aux athlètes olympiques et à des millions de fans de rappeler ce message à un Comité olympique dangereusement négligent.»

Des fringues pour la cause

American Apparel a créé quatre pièces de vêtement de couleur rouge pour la campagne Principle 6, tous en vente en ligne sur le site web de l'entreprise et dans les boutiques partout dans le monde dès le 1er janvier: un hoodie à manches courtes (64$), un t-shirt (36$), des slips (26$) et un haut court (crop top) (40$), tel que celui porté par l'athlète australienne de surf des neiges Belle Brockhoff sur une des images officielles de la campagne.

Ouvertement homosexuelle, Mme Brockhoff dit avoir voulu participer à la campagne d'abord parce qu'elle a été choquée par ce qui se passe en Russie. «Je crois que le sport devrait être au-dessus des croyances politiques ou religieuses et que les athlètes ne devraient pas avoir à prendre position. Mais j'ai fait le choix personnel de m'impliquer dans cette campagne, car je crois au fait que chacun devrait être égal, peu importe d'où il vient et qui il est. C'est facile de se sentir visé, car nous ne sommes pas beaucoup d'athlètes gais à nous rendre à Sotchi... Tout ce que nous voulons, c'est nous concentrer sur les Jeux et seulement les Jeux», explique celle que La Presse a jointe en Autriche par Skype, quelques jours avant qu'elle s'envole vers Lake Louise, où elle s'entraînera d'ici les JO.

Si elle a fait son coming out à ses amis proches lorsqu'elle avait 12 ans (et à sa mère à 18 ans), l'athlète n'a dévoilé son orientation sexuelle au grand public que récemment, devenant la première athlète australienne ouvertement gaie. «Mon père l'a appris par les entrevues que j'ai faites», raconte-t-elle en souriant. Durant les Jeux de Sotchi, elle compte porter son t-shirt et son hoodie Principle 6 chaque fois qu'elle ne portera pas l'uniforme olympique australien.

«La campagne utilise le langage de la Charte olympique, sans briser la loi russe ou l'interdiction du CIO par rapport aux prises de position politiques. Les vêtements ne dénoncent pas Sotchi, le gouvernement russe ou la discrimination homosexuelle en particulier, mais défendent le principe plus large de la non-discrimination et de l'égalité. Ce n'est pas comme si je me pointais là-bas avec mon drapeau arc-en-ciel!»




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