UNTTLD: boulimiques de mode

Depuis leur coup de foudre dans un bar... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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Depuis leur coup de foudre dans un bar en 2006, Simon Bélanger et José Manuel Saint-Jacques font tout ensemble.

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Isabelle Morin
La Presse

À la maison, à l'atelier, la fin de semaine et la semaine, ils pensent fringues, rêvent fringues, trippent fringues! Passionnés de mode, Simon Bélanger et José Manuel Saint-Jacques naviguent avec aise dans les zones clair-obscur, visant le ciel. Sans limites.

Sur le blogue qui sert de vitrine à leurs inspirations, le visiteur est plongé dans un univers sombre, plutôt glauque même, qui contraste avec la joyeuse énergie qui émane de l'atelier d'UNTTLD. Loin d'être ténébreux, Simon et José ont plutôt l'humour facile et l'humeur légère.

D'où vient cet intérêt pour le côté obscur, alors? «Une irrésistible attirance pour les univers empreints de secrets et de mystère», avouent-ils. Et quelle couleur incarne mieux ce concept que le noir? Dans leur atelier: des créations coupées dans des étoffes noires, à travers lesquelles se glissent quelques kakis et des blancs.

Au-delà de la fascination pour le mystère, il y a toutefois des considérations pratiques. «Le vêtement devrait rehausser la personne qui le porte et non l'éclipser. Comme nous travaillons beaucoup la coupe et les matières, le noir, qui est sobre, nous laisse plus de latitude, explique José. On veut aussi être cohérents: on ne croit pas au fast fashion. Nos vêtements sont faits au Québec, ce qui veut dire qu'ils sont plus chers, mais de qualité. Et la sobriété du noir, notamment, permet de résister au temps.»

À la maison, à l'atelier, la fin de semaine et la... (Photo fournie par UNTTLD) - image 2.0

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Photo fournie par UNTTLD

La femme UNTTLD, Simon et José l'imaginent intense, réfléchie, accomplie. Dans leur studio, un portrait d'une Ava Gardner sexagénaire, cigarette entre les dents, est un constant rappel de la direction qu'ils ont choisi d'adopter. «Cette photo me parle. Il se passe quelque chose : on voit les rides, le vécu, le regard allumé, une pointe d'insolence...Elle a du caractère», décrit Simon. C'est un peu ça, le style de la griffe: le duo ne fait pas de la mode pour celle qui veut être mignonne, mais pour celle qui cherche à se distinguer.

La création en totale fusion

Durant l'entrevue, les deux complices se renvoient la balle, terminent les phrases de l'autre, se jettent des regards entendus... La connivence est évidente. «On est fusionnels», admettent les créateurs d'UNTTLD, qui vivent très bien avec l'idée de tout partager, à commencer par leur passion pour la mode. «Ce qu'on fait, ce n'est pas un travail, c'est notre vie. On fait tout ensemble. Pour nous, ça fonctionne!»

Leur histoire débute par un soir de 2006: un classique coup de foudre dans un bar. Un mois plus tard, ils emménagent ensemble. Cette intense idylle doit cependant être mise sur «pause», le temps, pour Simon, de faire une maîtrise en design de mode à la Domus Academy de Milan et, pour José, de terminer ses études à la faculté des beaux-arts de l'Université Concordia. Deux ans plus tard, leur diplôme en poche, ils reprennent la vie à deux, là où ils l'avaient laissée.

D'un point de vue professionnel, les choses roulent moins rondement. «On m'a vite fait comprendre que je coûtais trop cher avec ma maîtrise», raconte Simon. Alors qu'il assiste le designer Denis Gagnon et que José travaille auprès du styliste Yso, ils entendent dire qu'on cherche des concurrents pour La Collection, nouvelle émission de téléréalité sur la mode. Sans-le-sou, ils s'inscrivent et repartent avec le grand prix: 100 000$ qui servent à lancer leur entreprise.

La visibilité offerte par l'émission, combinée à une mise de fonds appréciable et à un talent évident, leur permet de démarrer sur les chapeaux de roues. La reconnaissance de leurs pairs ne se fait pas attendre. Un succès mérité: leurs vêtements sont sophistiqués, leurs coupes audacieuses, leurs critères de qualité exigeants.

Objectif: Mars

En seulement deux ans, le tandem a fait du chemin. «Ça va très bien, notre affaire. Ça nous confirme que, quand on bûche fort, quand nos standards sont élevés et qu'on s'y colle, ça porte ses fruits.»

Quand on leur demande ce qui fait la force d'UNTTLD, la réponse est sans équivoque: «Notre duo. On n'est jamais seuls avec nos idées: chacun de nous met quelque chose sur la table et ça contribue à pousser les concepts plus loin. Au final, on ne garde que la crème», expliquent-ils. Mais ils ne se bercent pas d'illusions. «On peut être la saveur du moment. À ce point-ci, on veut bâtir les bonnes assises pour durer.»

Plutôt que de diluer leurs énergies, les partenaires souhaitent concentrer leurs efforts sur la création. Avis aux intéressés, les créateurs sont à la recherche d'un partenaire qui a la bosse des affaires et qui pourra les aider à pousser la marque plus loin. Où, plus loin? «Sur Mars!», répond Simon à la rigolade. «Notre cliente n'existe pas seulement ici, mais partout dans le monde. Il faut juste arriver à la rejoindre», renchérit José. «Sans avoir une multinationale, on aimerait arriver à bien vivre de ce qu'on fait, tout en ayant le plus de contrôle possible sur la création.»

Ultimement, ils rêvent d'élargir l'étendue de leurs créations à l'architecture, la scénarisation, la décoration... «Dessiner notre vie; tout personnaliser pour que notre univers soit fait sur mesure pour nous!» Rêveurs? Certainement! Il le faut d'ailleurs pour se jeter corps et âme dans l'aventure du design. «La mode, c'est dur! Chacun cherche à faire sa niche, mais au final, il y a juste toi qui peut faire toi!» Et ils le font bien.

Évelyne Brochu comme égérie

Pour leur première collection, José et Simon ne pensaient pas faire de défilé, donc ils ont produit une vidéo pour assurer la promotion de la griffe. «Depuis, on a toujours fait des vidéos. Pour le dernier, on voulait travailler avec une femme qui pourrait transmettre l'émotion qu'on cherche à injecter dans nos vêtements. Notre réalisateur, Dominic Loubier, a suggéré de faire appel à une actrice. J'ai pensé à Évelyne Brochu, avec qui j'ai étudié», explique Simon. La comédienne est ainsi devenue l'égérie de la griffe. «On l'habille pour tout. Les mannequins, c'est le rêve; Évelyne, elle, est non seulement belle, mais son métier, c'est l'émotion. C'est une vraie femme et elle connaît son corps.»

Pourquoi UNTTLD?

Prononcer «untitled». «C'est un mot qui est assez neutre et qui est international, ce qui nous laisse une certaine liberté. On voulait laisser les gens se l'approprier. Bien sûr, tout le monde a de la difficulté avec la prononciation. Mais tant que les gens associent le logo aux créations, on n'y voit pas de problème!»

En quelques mots

Noms: Simon Bélanger et José Manuel Saint-Jacques.

Lieu de naissance: Pointe-Claire pour Simon. José est née à Saint-Eustache et a grandi à Mirabel. Sa mère est chilienne, elle a donc vécu au Chili de 5 à 10 ans.

Sources d'inspiration: Simon: les films. José: la danse.

Plaisirs coupables: Simon: les chips et le gin! José: manger à en avoir mal au ventre... Je suis vraiment glouton!

UNTTLD, en trois mots: Indompté, éhonté, fabulous!

Une chose qui vous est indispensable? Simon: toi (en référence à José), même si tu n'es pas une chose. (Pause tendresse...) José: Il n'y a rien à ajouter après ça, je crois!

Points de vente à Montréal: Simons, Quai 417, Racboutique.com

Site internet:  unttld.ca

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