Café Gentile: un nouveau vieil italien

Le Cafe Gentile dans Westmount... (Photo Simon Giroux, La Presse)

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Le Cafe Gentile dans Westmount

Photo Simon Giroux, La Presse

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Le « café » Gentile de Westmount est ouvert depuis seulement quelques mois. Mais quand on y entre, on a l'impression d'être dans un lieu qui a une âme depuis déjà bien longtemps. L'espace est juste assez bruyant, rempli, rétro d'une façon plutôt actuelle, mais pas à la mode.

Grâce au décor signé Zébulon Perron, qui rend hommage directement aux bistros italiens traditionnels - du carrelage, des miroirs, des panneaux de bois, des banquettes de cuir, parfois arrondies autour de grandes tables familiales circulaires - , on a l'impression que ce café a toujours été là et qu'on pourrait raconter des histoires d'enfance de mille aubergines au parmesan ou cannoli bien frais, dégustés ici... On retrouve même à une des tables le canapé à motif original de la nonna Teresa dont le nom flanque celui de bien des plats. Les biscotti de la nonna Teresa, la lasagna de la nonna Teresa...

Ouvert en 1959 sur l'avenue du Parc, angle Chabanel, le Cafe Gentile original est une institution où l'on sert le midi tous les espressos et sandwichs à la mortadelle ou à la mozzarella dont on peut rêver.

Celui de Westmount, qui vient d'ouvrir, lancé par le fils qui a pris la relève du père Ignazio, propose le même genre de menu rempli de sandwichs et de salades pour le lunch, mais il est ouvert aussi le soir. Et là, il devient carrément restaurant, avec des plats de viande et de poisson cuisinés, et bien sûr aussi des pâtes.

Le menu est rempli de classiques. En entrée, des arancini - boules de riz frites - bien croquants abritent des petits pois, un snack roboratif et sympathique, mais bien rustique quand même.

La salade caprese, avec tomates et mozzarella fraîche, voit fromage et crudité s'empiler, sur lesquels on verse un peu de pesto plutôt que de laisser les traditionnelles feuilles de basilic frais apporter leurs notes vertes. Est-ce que le fromage aurait pu être plus crémeux ? Oui. Les tomates, plus douces ? Oui. On est en mars. L'amateur capricieux sera un peu déçu, le gourmand pas trop aventurier trouvera le plat parfait.

Même chose pour les boulettes faites à 100 % de veau haché, sans surprise et fiables comme une bonne bouteille de chianti. Je les préfère plus spongieuses, quitte à tricher avec plus de pain. Mais ici, on joue la carte viande à fond, ce qui marche tant que la sauce tomate, classique, impeccable, vient généreusement humecter et vitaminer le tout.

En revanche, pour les tagliatelles au veau à la bolognaise, on exagère. Je veux bien croire que la sauce ragù traditionnelle italienne ne soit pas aussi tomatée que la sauce à spagat' telle qu'on la fait en Amérique du Nord. Mais de là à ne mettre pratiquement que de la viande... Cette sauce manquait de liant et de douceur. Pour un plat de pâtes italien réconfortant et bien savoureux, allez plutôt du côté des gigli à la sauce rosée et à la vodka, avec pâtes en forme de fleurs, bien al dente et sauce bien crémeuse.

De tous les plats choisis ce soir-là, mes deux préférés étaient végétariens. Une salade de roquette bien verte et fraîche, où sont combinés figues fraîches, noix de Grenoble, parmesan, tomates cerises et balsamique, une proposition juste assez riche, juste assez variée, mais pas trop, où le croquant, le moelleux, l'acide et le gras se retrouvent joyeusement. L'aubergine au parmesan était aussi classique et juste, riche et généreuse et abondamment gratinée. C'est une entrée, mais on en mange facilement une en plat principal si l'on a une faim modérée.

Des amis amateurs de cuisine italienne que j'ai ensuite envoyés chez Gentile ont confirmé ce bilan mitigé - pourquoi n'y a-t-il pas de risotto, ont-ils entre autres demandé, et il est vrai que lorsqu'on maîtrise bien les techniques, ce classique se retrouve généralement au menu - , mais ils sont repartis avec d'abondants compliments sur le poulpe grillé accompagné de pois chiches et fenouil.

Au dessert, on nous a proposé des zeppole, beignets italiens farcis à la crème pâtissière, ici un peu flasques, qui n'ont épaté personne à table. Par contre, la glace à la pistache était formidable. Un concentré de pistache glacé que j'ai laissé tomber dans mon café façon affogato, jolie façon de clore un repas encore imparfait, mais classique et sympathique.

  • Café Gentile, 4126, rue Sainte-Catherine Ouest, Westmount, 514 925-8686

  • Prix: Entrées entre 8$ et 18$, plats de pâtes entre 17$ et 22$. Plats de pâtes et de poisson entre 24$ et 28$.
  • Carte des vins: Que des crus italiens de tous les prix, carte bien traditionnelle.
  • Service: Sympathique et efficace.
  • Décor: Le designer Zébulon Perron a recréé un lieu qui semble avoir toujours existé, avec miroir, banquette, carrelage noir et blanc... Hommage aux vieux bistros italiens traditionnels.
  • Ambiance: On est à Westmount et la salle est remplie de gens du quartier. Dames chics, couples grisonnants, familles avec ados... Donc on n'est pas dans un endroit branché, mais bien un établissement qui deviendra vite une institution multigénérationnelle dans ce coin de la ville bien nanti où pourtant peu de bonnes tables se font concurrence.

  • Un plus: La déco, l'ambiance, quelques bons plats.
  • Un moins: Du travail à faire sur certains plats pas assez délicieux.

  • On y retourne? Oui, probablement.




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