Herman n'est plus, vive Le Réservoir

Le Réservoir, avenue Duluth.... (PHOTO NINON PEDNAULT, LA PRESSE)

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Le Réservoir, avenue Duluth.

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La nouvelle est tombée à la fin de janvier comme une tonne de briques : Hôtel Herman, restaurant adoré de bien des amateurs de cuisine actuelle, doit fermer. Pas parce que l'équipe en place jette l'éponge, mais parce que le propriétaire de l'immeuble où le restaurant du Mile End était installé, sur le boulevard Saint-Laurent, ne veut pas renouveler le bail.

Donc, à la fin de février, l'équipe a mis la clé dans la porte.

Mais elle n'est pas pour autant totalement disparue.

Parce qu'à l'automne, le trio composé du chef Marc-Alexandre Mercier, d'Ariane Lacombe et de Dominic Goyet avait décidé de s'associer au brasseur Michel Zabistky pour reprendre la partie cuisine de ce qui fut leur alma mater culinaire, leur point de rencontre, la microbrasserie Le Réservoir, avenue Duluth.

Résultat des courses : Hôtel Herman n'est plus, mais il continue de vivre à travers la brasserie de la Main.

Cela dit, comme la déco de l'adresse de l'avenue Duluth n'a pas du tout été refaite et que l'ambiance est parfaitement intacte, on n'a pas du tout l'impression de revenir à l'Hôtel Herman quand on y entre. Hôtel Herman se distinguait par son bar central épuré, le bois sur le mur, la platine à l'entrée, éléments totalement garants de sa contemporanéité. Au Réservoir, on a l'impression plutôt de plonger au tournant du millénaire, alors que Mehdi Brunet pilotait les cuisines.

Mais quand les plats arrivent à table, on retrouve l'esprit d'Herman, avec une certaine influence venue de Scandinavie, notamment de chez Relae, où le chef Christian Puglisi décline les légumes sur des chemins inusités. Et c'est fort sympathique. Surtout que la bière est vraiment bonne et accompagne bien ces petits plats.

Pour commencer, on a choisi des acras d'aiglefin, beignets de chair de poisson liée à l'oeuf et à la farine, avec une mayonnaise épicée.

C'est tout simple. Pas particulièrement léger ou diaphane, mais c'est chaud et la friture ne se fait pas sentir. Et la mayonnaise est toute onctueuse et juste assez relevée pour réveiller le gras des acras. Jusque là, on est content. Ça se mange tout seul, dans la minute tant que c'est chaud et craquant, avec une IPA bien froide.

Si on n'a pas envie de friture, mais de fraîcheur, on s'amuse avec un plat qui ressemble à une création de Puglisi, justement, et qui met en vedette des feuilles bien vertes et de la crème de pistache.

Là-bas, chez Relae, le bouquet contient des verdures de toutes les sortes, amères et acidulées, même des fleurs. Ici, on prend la légèreté moelleuse, voire beurrée des feuilles de laitue Boston pour les rehausser de la richesse savoureuse et collante des noix en purée. Tout cela est agrémenté d'une sauce au babeurre et de miettes de pistaches. Rien de compliqué, mais une idée hors des sentiers battus.

Plus classique, le thon avec tranches de daikon et soja joue aussi dans un espace frais et léger, avec références asiatiques claires bien jouées. Le poisson fond en bouche. Le daikon, radis géant, craque sous la dent avec ses notes piquantes, légèrement amères. Que du bon.

Seule assiette un peu décevante, qui avait l'air si géniale sur papier : le poireau grenobloise, donc servi en rondelles avec une sauce au beurre, citron, câpres et croûtons. J'ai dû prendre plusieurs bouchées avant d'identifier ce qui me décevait et c'était le manque de saveur du poireau, sa texture à la fois résistante et aqueuse, le manque d'acidité du plat aussi. Comme si tout tombait trop à plat, trop gentiment. Une chance que les croûtons étaient là pour mettre du croquant.

Au dessert, on nous a proposé une unique option, des zeppole, donc des beignets à l'italienne, avec purée de pommes et une crème au mascarpone et au citron confit. Oh le bonheur. Tant que les beignets sont chauds, ils tranchent parfaitement bien avec l'acidité parfumée de la compote et le crémeux citronné de la sauce au fromage blanc. On n'aurait pas choisi autre chose pour clore ce repas tout simple, mais bien amusant.

LE RÉSERVOIR

9, avenue Duluth Est

514 849-7779

brasseriereservoir.ca

Prix : petits plats variés façon tapas, entre 5 $ et 18 $.

Carte de vins : Le Réservoir est une microbrasserie, donc on prend de la bière, faite sur place, ambrée, IPA, blonde, blanche... Mais il y aussi une très courte carte de vins et des crus au verre.

Ambiance : Très décontractée, sans prétention aucune. Le lieu n'a pas réellement été rénové depuis son ouverture, au début des années 2000. On ne va pas là pour découvrir les dernières tendances en déco, mais bien pour prendre une bière et une bouchée sans façon.

Service : très relax, sympathique et bien efficace.

Plus : des plats pas chers et originaux, de la bonne bière.

Moins : une déco qui aurait peut-être besoin d'un léger rafraîchissement.

On y retourne ? Mais oui.




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