Pizzéria No 900: pizza outremontaise

Malgré quelques petites failles, la Pizzéria No 900... (PHOTO NINON PEDNAULT, LA PRESSE)

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Malgré quelques petites failles, la Pizzéria No 900 pourrait bien avoir trouvé une formule gagnante avec ses pizzas de qualité, sa terrasse, son efficacité.

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Il y a des adresses qui, et souvent on ne comprend pas trop pourquoi, semblent être vouées au roulement. Les restaurants s'y succèdent sans qu'aucun ne semble capable de s'y enraciner.

C'est le cas de ce lieu, avenue Bernard, à Outremont, juste à côté du théâtre, où après plusieurs autres incarnations, s'est installée la Pizzéria No 900. Est-ce celle qui réussira à durer enfin plus longtemps que ses prédécesseurs?

L'avenue Bernard, pourtant, est une artère commerciale privilégiée. D'abord, dans ce secteur, on est à Outremont, l'un des quartiers les plus cossus de la métropole et cette avenue joue un rôle commercial central avec son épicerie de luxe, ses boulangeries et autres magasins de proximité de base. L'été, les terrasses se remplissent, les cafés ne dérougissent pas, on fait la file pour manger la glace du Bilboquet et la Ville fait des affaires d'or en distribuant les contraventions aux visiteurs mal garés.

Il y a foule.

Évidemment, il faut que le chiffre d'affaires de tout restaurant permette d'absorber les loyers élevés, trouver une formule gagnante. Malgré quelques petites failles, la Pizzéria No 900 pourrait bien l'avoir avec ses pizzas de qualité, sa terrasse, son efficacité. Il faut dire que les deux hommes d'affaires derrière le lieu s'y connaissent un brin. L'un est Alexandre Brunet, le jeune derrière le succès de la pizza Stromboli, aujourd'hui vendue en épicerie, et l'autre est Dominic Bujold, fondateur de la chaîne Sushi Shop... D'ailleurs, l'idée derrière la Pizzéria No 900 est d'en faire une chaîne de franchisés et une première succursale ouvrira à Saint-Lambert à l'automne.

Le menu du restaurant n'est pas très compliqué: on y propose essentiellement de la pizza cuite dans un four venu d'Italie, le tout en 90 secondes, à 900 degrés, d'où le nom du resto.

Cette pizza est préparée à la napolitaine, avec une pâte dodue sur son pourtour, croustillante à l'extérieur et moelleuse à l'intérieur. La maison utilise en outre de la mozzarella de belle qualité. Là encore, on s'y connaît, Brunet est copropriétaire du bar à mozzarella Mangiafoco...

Côté garnitures, on reste dans les classiques: tomates, basilic, câpres, pancetta... Oubliez les ananas ou le poulet à la coriandre! On n'est pas en Californie. Pour l'exotisme, on cherchera peut-être un morceau de figue veillant sur une tranche de pancetta épicée ou un peu de pesto de pistaches. De façon générale, les combinaisons sont assez heureusement prévisibles, avec de la roquette fraîche sur des tomates cerises ou de la chair à saucisse relevée avec l'amertume douce d'un pesto de rapini. Seul faux pas, à mon avis, l'idée de déposer sur les porcini de l'huile de truffe. L'odeur généralement synthétique de ce produit, même chez les meilleures marques, est pratiquement toujours trop appuyée.

La liste d'entrées pour amorcer le repas est directe et simple. Mozzarella, burratta quand il y en a, assiette de charcuteries à partager, incluant de l'excellent prosciutto San Daniele de 18 mois qui fond dans la bouche, de la mortadelle importée, du speck (prosciutto fumé).

Ceux qui préfèrent ne pas manger de pizza peuvent combiner ces entrées - il y a aussi une belle salade de roquette au citron très simple et du bresaola, du boeuf cru qui se mange en tranches très fines ou alors prendre une salade copieuse intégrant mozzarelle, speck, tomates, roquette et laitue.

Au dessert, les cannoli donnent l'impression d'être en Italie, pas tant à cause de la finesse de la pâte ou du chocolat noir, mais surtout de l'orange confite, qui évoque franchement le Sud et ajoute une belle dimension à la crème à la ricotta.

Les enfants, en revanche, adoreront surtout la pizza à la Nutella, immense tartine au gianduja...

Pour manger tout ça, le scénario optimal est évidemment de se trouver une place sur la terrasse par une belle soirée d'été juste assez douce. Ce n'est pas toujours possible, car le lieu est populaire. On peut alors commander pour emporter et faire le pique-nique ailleurs. Ou même faire livrer à la maison.

Pizzéria No 900

1248, avenue Bernard

Outremont

438 386-0900

http://no900.com/

> Prix: En entrée, 10$ pour le carpaccio de Bresaola et 14$ pour la burrata. Du côté des pizzas, comptez 9$ pour la Margherita et 13$ pour celle à la saucisse italienne. La salade avec roquette, tomate, speck et mozarella, notamment, est facturée 16$.

> Carte de vins: Que des italiens à prix variés. Tous les vins à 60$ ou moins la bouteille peuvent être pris au verre seulement. Les bulles aussi. Jolis petits assortiments de bières, ce que les Italiens boivent traditionnellement avec de la pizza...

> Ambiance: Tout petit lieu où on n'arrive pas en grand groupe... Décoration signée Blazysgérard, qui reproduit l'atmosphère des pizzérias italiennes traditionnelles avec de la tuile aux murs et au plancher, mais aussi un éclairage savamment dosé et un bar qui permet de manger en regardant dehors.

> Service: Se doit d'être efficace pour faire rouler le tout, car il y a beaucoup de monde en plus des commandes à préparer. Parfois des lenteurs.

(+) de la bonne pizza

(-) une popularité qui oblige beaucoup de rapidité et provoque parfois une fâcheuse prise de raccourcis, comme ce cuisinier pris en flagrant délit de couper une pizza à la Nutella avec un couteau couvert de sauce tomate. Dommage.

On y retourne? Sûrement

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