Le Bon Vivant: plaisir communicatif

La cuisine, tout en souscrivant aux tendances du... (Photo Ivanoh Demers, La Presse)

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La cuisine, tout en souscrivant aux tendances du moment (charcuteries maison, tacos, boeuf vieilli, hamburger de compétition), ne craint pas de s'aventurer en terrain exotique. Poulet tandoori, short ribs à la coréenne, fromage à poêler moyen-oriental: le kilométrage couvert en une seule page nous laisse presque essoufflé.

Photo Ivanoh Demers, La Presse

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Une cuisine à la fois accessible et pleine de surprises servie dans un petit local aménagé avec goût? Voilà un resto de quartier qu'on voudrait avoir près de chez soi.

Je l'avoue, j'ai du mal avec les endroits qui essaient d'être tout pour tous. Ils me rappellent les enseignes «cuisine canadienne, chinoise et italienne» d'une autre époque. À trop vouloir répondre aux attentes, on en devient tristement prévisible. Rien de tel chez ce Bon Vivant dont le menu, quoiqu'un peu épars, a tout ce qu'il faut pour piquer la curiosité. La cuisine, tout en souscrivant aux tendances du moment (charcuteries maison, tacos, boeuf vieilli, hamburger de compétition), ne craint pas de s'aventurer en terrain exotique. Soupe-repas vietnamienne, poulet tandoori, short ribs à la coréenne, fromage à poêler moyen-oriental: le kilométrage couvert en une seule page nous laisse presque essoufflé.

L'atterrissage est généralement réussi. La planche de charcuterie nous a notamment permis de goûter de la guanciale (bajoue de porc) croustillante comme du bacon, de la dinde intensément fumée ainsi que de la lonza (longe de porc séchée) et du prosciutto maison très délicats. Les tacos à la «bedaine de porc» (une viande laquée bien grasse servie dans une tortilla de maïs et garnie de pico de gallo, de guacamole et d'échalotes frites) sont tout à fait adéquats. Le New York steak aussi. La viande, tendre jusqu'à en être fondante, est servie avec un féculent pour le moins original, des spätzle (sortes de petites pâtes fraîches aux oeufs de tradition germanique). Le tout est présenté dans un poêlon en fonte avec une généreuse portion de légumes sautés bien croquants (courgettes, fenouil, pommes de terre, broccolini, etc.).

Le bol fermier est une belle option sans viande. Proposé en entrée, ce mélange de légumes du moment (parmi lesquels de la courge, des carottes, du brocoli, de la betterave, du concombre mariné, de l'oignon et du cresson pourpre) parsemé de graines de tournesol et de feta bulgare crémeux est suffisamment copieux et varié pour tenir lieu de plat principal.

Et si vous pensez que les légumes sont ennuyeux, essayez l'entrée de chou-fleur, choux de Bruxelles et halloumi agrémentés d'un mélange d'épices zaatar. Passés à la friteuse, crucifères et fromage ont gagné en croustillant ce qu'ils ont perdu en vertu.

Les desserts que nous avons essayés étaient dans le même esprit: consistants sans être outranciers. Posé sur une crème à la noix de coco et présenté en petit format individuel plutôt qu'en tranches, le pain aux bananes est bien doré sur toute sa surface. Toutefois, le caramel salé annoncé en accompagnement avait plutôt une saveur de caramel écossais. Par contre, le pudding au pain, un gros cube à peine sucré à la fois moelleux et dense, servi sur fond de crème anglaise et surmonté d'ananas confit, était pleinement satisfaisant.

Quelques boulons gagneraient néanmoins à être resserrés.

La salade à base de kale et de chips d'algues nori, présentée elle aussi comme une entrée, serait plus à sa place dans la section «à partager». Ce concentré de verdeur est bienvenu mais, malgré la présence de tranches de pomme verte, de canneberges séchées et de noix de cajou, son uniformité finit par devenir répétitive.

Si le curry de chèvre proposé au menu du jour était tendre et savoureux, le riz qui l'accompagnait était plutôt sec. Et, contrairement à ce que laissait espérer sa belle couleur jaune, il n'était absolument pas parfumé.

L'irruption de saveurs sucrées (dans la sauce de la pieuvre à la vietnamienne et dans le yaourt au zaatar servi avec l'entrée de chou-fleur et choux de Bruxelles, par exemple) est un peu incongrue par moments. De plus, la cuisine a parfois tendance à saisir les aliments trop intensément - croûtons, chips maison, légumes et spätzle sautés nous sont tous arrivés un peu noircis.

Rien de très grave, vous l'aurez compris. On sort de chez Le Bon Vivant à la fois repu et encore un peu surpris de ce qu'on vient de manger - ce qui, vous l'avouerez, n'est pas si fréquent dans un resto de quartier.

Le Bon Vivant

2705, rue Notre-Dame Ouest, Montréal

514 316-4585

lebonvivantmtl.com

> Prix: Entrées et assiettes à partager de 9$ à 18$, plats principaux de 16$ à 55$. 

> Carte des vins: Beaucoup d'importations privées avec un bon choix de vins au verre. Une mention pour la sélection de bières, où l'on a eu la bonne idée d'inclure plusieurs produits de la microbrasserie ontarienne Beau's.

> Service: Sympathique et très accueillant.

> Décor et ambiance: Petit espace décoré avec goût fréquenté par une clientèle de tous âges. Un endroit où on a tout de suite l'impression d'être un habitué.

(+) Un menu original et éclaté.

(-) Une cuisine à l'enthousiasme parfois un peu débridé.

On y retourne? Certainement.

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