Le chien rose: vent de fraîcheur dans Ahuntsic

Apparue il y a un peu plus d'un an rue Fleury Ouest, cette enseigne  propose... (PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE)

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Apparue il y a un peu plus d'un an rue Fleury Ouest, cette enseigne propose une cuisine fort originale pour un resto de quartier.

Les résidants de secteurs résidentiels trop tranquilles ont de quoi être jaloux de ce coin d'Ahuntsic. Le St-Urbain, une excellente table qui est rapidement devenue une destination, a fait figure de pionnier en s'installant ici. Cette portion de la rue Fleury s'est considérablement remplumée depuis. Une brûlerie, un bar, plusieurs commerces de proximité et d'autres restos se sont ajoutés. Parmi eux, Le chien rose, un apportez votre vin tenu par une jeune chef qui propose une cuisine tout à fait dans l'air du temps.

La formule est simple. Un menu thématique court, composé de petites portions et offert durant un mois. Jusqu'au 1er juin, on cuisine à la mode «bayou». Il ne s'agit pas d'un calque, mais d'une inspiration qui se manifeste par petites touches, prévient d'emblée le serveur. De fait, hormis la trame sonore, les références au Sud profond sont plus ludiques qu'académiques.

C'est généralement tant mieux, comme on le constate en goûtant les acras de crevettes. L'acra traditionnel est constitué de fragments de poisson ou de crustacé perdus dans une pâte. Ici, on a plutôt droit à de généreux segments de crevettes liés avec très peu de pâte et émergeant d'une friture bien nette. Une sauce tartare aux citron et ananas grillés ajoute de la vivacité à ces friandises salées. Même principe avec le lobster roll, un petit luxe de saison où le plaisir du homard est souvent noyé dans la mayonnaise. Rien de tel ici, où les beaux morceaux de homard trônent bien en évidence dans leur écrin de pain dodu.

Les dangers des références

Le danger avec les références, c'est qu'elles créent des attentes qui, si elles ne sont pas comblées, laissent le convive sur sa faim.

C'est le cas du minipogo maison. L'enrobage, juste assez dense et légèrement sucré, est très réussi. L'intérieur, par contre, tient plutôt de la boulette de viande que de la saucisse. La chair est trop compacte et pas assez assaisonnée, et l'ensemble n'évoque en rien le pogo. Le «petit cake de patate douce et gingembre» est une autre idée qui aurait besoin d'être retravaillée. Le produit servi ressemble à une banale croquette (une texture de purée enveloppée dans une panure). Le résultat tombe à plat, sans que l'aïoli aux herbes réussisse à le relever.

L'autre problème avec les références, c'est qu'elles deviennent parfois encombrantes. Le riz, ça fait très louisianais, mais ça n'améliore en rien le tartare. Au contraire, les grains raidis gâchent le plaisir soyeux de la viande de boeuf crue.

Le porc fumé, par contre, est un heureux ajout au macaroni au fromage. La viande utilisée ici, à peine salée et imprégnée d'une fumée subtile, renforce l'effet réconfortant de cette pâte au four. Un peu plus de sauce au fromage dans un plat un peu plus rempli, et notre bonheur aurait été complet.

Le chien rose proposait trois desserts lors de notre passage. Nous en avons essayé deux, mais aurions dû en prendre un seul. Le gâteau dense, parsemé de noix de coco grillée et cerné d'un caramel au citron acidulé, aurait été à sa place dans un café grano, mais ne fait vraiment pas le poids devant les churros. La pâte blonde, plus légère et moins cuite que dans la version classique de cette pâtisserie hispanique, était délicieusement tendre et onctueuse. Et la sauce chocolat, banane et piment broyé, un véritable défi à la volonté: il en faut beaucoup pour ne pas la terminer à la cuillère.

Les menus des restos de quartier jouent souvent de prudence, en se limitant à des valeurs sûres pour plaire au plus grand nombre. Il en résulte une cuisine pratique, mais sans surprise, qui dépanne sans jamais épater. Le chien rose a fait le pari inverse en s'aventurant hors des sentiers battus. La cuisine se cherche parfois un peu, mais offre aussi de belles découvertes.

Le Chien rose

234, rue Fleury Ouest, Montréal

438-289-1793

lechienrose.com

Prix: les plats du mois vont de 8 à 16$, les desserts de 5 à 8$.

Atmosphère: inclusive. Clientèle de tous âges, tables rapprochées, murs tapissés de cadres anciens et d'objets hétéroclites de diverses époques.

Style: une cuisine jeune, rafraîchissante, mais quelque peu impulsive.

Service: poli et attentif, qu'on aimerait voir gagner en assurance.

(+) Des propositions ludiques qui piquent la curiosité. Des fritures impeccables.

(-) Certaines idées mériteraient d'être approfondies davantage.

On y retourne? Oui, c'est à suivre.

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